Il faut être fou pour se priver de l’apport d’un garçon comme Ayyoub Bouaddi. A son âge (18 ans), c’est l’un des joueurs les plus recherchés en Europe. Le site de référence Transfermarkt l’évalue déjà à 50 millions d’euros, preuve que sa côte n’arrête pas de grimper. Et ce n’est qu’un début.
Ces chiffres donnent le tournis quand on sait que le joueur appartient à un club moyen sur le plan européen, Lille, et qu’il n’a toujours pas marqué un but pour ses couleurs. C’est un 6 galopant, bondissant, avec une bonne technique et un énorme volume de jeu. Mais ce n’est encore qu’une promesse, pas un joueur confirmé.
La question de savoir si Didier Deschamps, le sélectionneur tricolore, finira par l’appeler semble déjà tranchée. A moins d’une hécatombe de blessures, Bouaddi ne jouera pas le prochain Mondial sous les couleurs françaises. Deschamps n’est pas fou, il a un œil sur le milieu lillois, il le suit depuis ses débuts et peut-être bien qu’il a eu des apartés avec le joueur ou son entourage. C’est le contraire qui serait illogique.
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Mais Deschamps a déjà son équipe en tête et Bouaddi n’y figure pas. Pour l’instant, le garçon évolue avec l’équipe de France espoirs et rien ne devrait bouger avant le Mondial. Mais le fait est que nous parlons d’un garçon qui a le potentiel pour «monter», un jour ou l’autre, vers les A. S’il opte définitivement pour la nationalité sportive française. Ce qui n’est pas fait pour le moment.
En France, il se dit que le garçon a un penchant pour le Maroc. Plusieurs sources fiables semblent l’attester. Mais le doute existe, il y a encore une marge d’incertitude qui est logique là aussi. Au-delà du classique appel du cœur, le garçon raisonne en termes de carrière. Il s’agit d’être pragmatique et de privilégier le jeu. Au Maroc, il y a encore une place à prendre dans l’entrejeu, au côté de l’excellent El Aynaoui.
Le cas Bouaddi rappelle d’ailleurs un peu celui d’El Aynaoui, qui a longtemps hésité avant d’opter pour le Maroc. Le fils du grand tennisman évoluait lui aussi dans un club au standing moyen (Lens, après Nancy) et n’était pas si loin des listes des présélections. Il a eu besoin de temps, de réflexion. Et c’est une fois qu’il a signé un gros contrat loin de la France, pour la Roma, qu’il a pu trancher en faveur des Lions de l’Atlas.
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Qui sait, il y a des chances que Bouaddi suive le même cheminement. Dans quelques mois, il pourrait signer dans un grand club européen. Sortir du contexte français devrait l’aider à voir clair, loin de la pression et d’une certaine toxicité médiatique… Pour le Mondial ou même pour l’après-Mondial, son avenir pourrait s’écrire avec le Maroc.
Il est logique que ce jeune garçon soit, comme il l’a affirmé récemment, courtisée par deux grandes sélections. Un profil comme ça, on se l’arrache. Surtout à son âge et avec sa très belle marge de progression. On parle d’ailleurs de lui à Dortmund, un club qui a fait briller quelqu’un comme Hakimi.
Bouaddi rappelle à sa manière Hakimi et Ziyech, deux garçons qui ont opté pour le Maroc alors qu’ils avaient le potentiel pour devenir internationaux en Espagne et en Hollande. On peut parler aussi de Ben Seghir qui avait, à un moment donné, ses chances chez les A en France. Tous ces garçons ont choisi le Maroc, ce qui leur a permis de vivre des émotions extraordinaires et aussi, sur un plan plus rationnel, de booster leurs carrières personnelles.
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