Hervé Renard se confie sur le Maroc: «Je n’aurais jamais dû partir»

Hervé Renard. AFP or licensors

Sélectionneur des Lions de l’Atlas entre 2016 et 2019, Hervé Renard a marqué de son empreinte le football marocain. Un passage fondateur, tant sportivement qu’émotionnellement, que le technicien français évoque encore avec beaucoup d’attachement. Et ses dernières déclarations ne laissent aucun doute sur ses regrets.

Le 17/02/2026 à 12h51

L’ère Hervé Renard, de 2016 à 2019, restera comme une période charnière pour la sélection marocaine. Sous sa direction, les Lions de l’Atlas retrouvent la Coupe du monde en Russie (2018) après vingt ans d’absence. Plusieurs jeunes joueurs lancés à cette époque sont aujourd’hui devenus des cadres incontournables, à l’image de Youssef En-Nesyri ou Achraf Hakimi.

Et justement, le technicien français est récemment revenu sur son passage au Maroc lors d’un entretien accordé à Colinterview. Interrogé sur son positionnement lors de la demi-finale du Mondial 2022 entre la France et le Maroc, Renard a répondu sans hésiter:

«J’avais choisi mon camp, je suis franc. C’est simple, j’ai vécu une aventure de trois ans et demi au Maroc. 70% des joueurs que j’avais étaient ceux qui ont été demi-finalistes au Mondial sous les ordres de Walid Regragui.»

Présent à Doha durant la compétition, Renard, aujourd’hui sélectionneur de l’Arabie saoudite, se souvient avec émotion de l’engouement populaire qui a accompagné l’épopée marocaine:

«J’y étais (à Doha NDLR) le public marocain est exceptionnel. On a joué la Coupe du monde en Russie avec 40.000 spectateurs contre le Portugal, mais 40.000 Marocains venus du monde entier. Vous avez vu aussi la ferveur à la CAN. C’est un public de passionnés. Le Maroc a cette passion pour le football, excessive positivement, parfois négativement, mais c’est un pays exceptionnel».

Son passage coïncide aussi avec le début d’une profonde transformation du football marocain, sous l’impulsion de la vision Royale, et le travail de la Fédération royale marocaine de football: «J’ai connu Fouzi Lekjaa, qui venait d’être nommé depuis un an et demi quand je suis arrivé, et qui a fait grandir ce pays pour revenir pratiquement au top du football mondial. Ils sont 8es au classement FIFA».

Au-delà du terrain, Hervé Renard assure que son lien avec le Maroc reste intact: «Il y a une partie de mon cœur qui est là-bas, je n’ai pas peur de le dire. À chaque fois que je vais au Maroc ou que je croise un Marocain à travers le monde, on me dit la même chose, et ça me touche profondément».

Enfin, interrogé sur son départ en 2019, alors qu’il était encore sous contrat jusqu’en 2022, Renard laisse transparaître un certain regret: «Je vais répondre autrement. Je n’aurais jamais dû partir (...) Je n’en dirai pas plus, mais ça fait partie des erreurs qu’on peut faire dans une carrière. Et quand on voit la suite, eh bien, c’est une erreur».

Une déclaration forte qui confirme ô combien son aventure marocaine continue de résonner dans son parcours, et qui pourrait, pourquoi pas, le ramener un jour sur le banc du pays qu’il estime tant. Qui sait?

Par La Rédaction
Le 17/02/2026 à 12h51