Entre Walid Regragui et la sélection nationale, l’histoire s’est achevée. À l’approche de la Coupe du monde 2026, l’identité de son successeur place la Fédération royale marocaine de football (FRMF) face à une décision à la fois urgente et stratégique.
Dans ce contexte, Tarik Sektioui s’impose comme le profil le plus naturel pour assurer la continuité. À la tête des sélections U23 et A’, le technicien marocain a multiplié les performances convaincantes. Une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Paris 2024, un sacre au CHAN 2024 avec les joueurs locaux issus de la Botola, puis un titre lors de la dernière Coupe arabe: son bilan parle en sa faveur.
Fort de sa connaissance du vivier national et de sa capacité à gérer des compétitions à forte pression, Sektioui incarne une transition cohérente. Il pourrait être épaulé par Mohamed Ouahbi, champion du monde U20, dont le travail avec les jeunes générations a été salué pour sa rigueur et sa vision moderne du jeu.
Le duo offrirait un équilibre intéressant entre continuité, expérience internationale récente et projection vers l’avenir, à un moment charnière de l’histoire des Lions de l’Atlas.
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Toutefois, au-delà de la piste interne, le marché des entraîneurs regorge également de profils de premier plan actuellement sans club. Des techniciens au CV étoffé, rompus aux grandes compétitions internationales et habitués à évoluer dans des contextes où l’exigence et la pression sont permanentes. Des options qui pourraient séduire la FRMF si le choix s’oriente vers une rupture plutôt qu’une continuité.
L’école espagnole, une tentation assumée
L’école ibérique séduit depuis plusieurs années les décideurs du football marocain. Xavi Hernández incarne parfaitement cette philosophie. Ancien entraîneur du FC Barcelone, champion d’Espagne et vainqueur de la Supercoupe, il représente le jeu de possession et la maîtrise technique. Toutefois, il ne possède aucune expérience à la tête d’une sélection nationale. Or, diriger un groupe en sélection implique une gestion sur temps court, sous pression maximale, avec peu de marge pédagogique. Un pari qui comporte sa part de risque.
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Xabi Alonso, de son côté, a marqué les esprits lors de son passage au Bayer Leverkusen, couronné par une Bundesliga, une Coupe d’Allemagne et une Supercoupe. Néanmoins, son expérience récente sur le banc du Real Madrid s’est révélée plus contrastée, laissant apparaître certaines limites dans la gestion d’un vestiaire de très haut niveau.
Les sélectionneurs expérimentés disponibles
Certains techniciens libres ont déjà dirigé une sélection nationale, un atout non négligeable à l’approche d’un Mondial.
Laurent Blanc, ancien sélectionneur de l’équipe de France, dispose de cette expérience du très haut niveau international. Toutefois, les étapes qui ont suivi son passage chez les Bleus n’ont pas réellement confirmé l’élan de ses débuts.
Gareth Southgate, lui, a marqué l’histoire récente de l’Angleterre, qu’il a conduite jusqu’en finale de l’Euro et en quart de finale de Coupe du monde, redonnant une stabilité compétitive aux Three Lions. Néanmoins, il n’a plus occupé de banc depuis son départ de la sélection anglaise.
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Joachim Löw, champion du monde 2014 avec l’Allemagne, reste une référence en matière de management international. Mais éloigné des terrains depuis 2021, il ne semble pas particulièrement enclin à relever un nouveau défi.
De grands noms actuellement sans banc
Le marché propose également des profils reconnus pour leur travail en club. Enzo Maresca, récent champion du monde des clubs, a été remercié par Chelsea il y a quelques semaines. Rúben Amorim, passé par Manchester United après son succès au Sporting, est lui aussi libre depuis la fin de son aventure en Premier League. Quant à Walter Mazzarri, technicien chevronné ayant dirigé Naples et l’Inter Milan, il est sans engagement depuis la saison dernière.
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Cependant, à l’image de Xavi et de Xabi Alonso, aucun de ces trois entraîneurs ne possède d’expérience à la tête d’une sélection nationale.
Zidane, le rêve presque inaccessible
Et puis il y a le fantasme: Zinedine Zidane. Mais la piste paraît hautement improbable. Très proche de l’équipe de France à l’horizon post-2026, il est souvent présenté comme le successeur naturel de Didier Deschamps. Un scénario qui rend son arrivée au Maroc davantage du domaine du rêve que d’une réelle possibilité.
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Le compte à rebours est lancé. À l’approche du Mondial 2026, chaque décision pèsera lourd. La FRMF joue gros: désigner l’homme capable de prolonger l’élan et d’ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire des Lions de l’Atlas.
Pour rappel, le Maroc évoluera dans le groupe C de la Coupe du monde nord-américaine aux côtés du Brésil, de l’Écosse et d’Haïti. Les Lions débuteront face à la Seleção le 13 juin au MetLife Stadium (New Jersey), avant d’affronter l’Écosse le 19 juin au Gillette Stadium de Boston. La phase de groupes s’achèvera le 24 juin à Atlanta, contre Haïti, au Mercedes-Benz Stadium.
