Le bal des «Fake News»: Le droit, tout le droit et rien que le droit
On nous l’annonce avec la conviction d’un oracle: le mandat de Fouzi Lekjaa toucherait à sa fin. Une rumeur qui circule plus vite qu’un ailier de débordement, mais qui se heurte au mur de la réalité institutionnelle et des textes.
Petit rappel pour les amnésiques du jeûne: l’Assemblée Générale de 2026 n’est absolument pas élective. Mieux encore, pour ceux qui brandissent la sempiternelle loi 30.09 comme un talisman, rappelons que le statut de membre du Conseil de la FIFA et de 1er Vice-président de la CAF permet à Fouzi Lekjaa de présider la FRMF au-delà des deux mandats habituels. C’est le droit, tout le droit et rien que le droit.
Mais évidemment, les ondes de «Radio Namima» préfèrent la fiction à la fonction. Un grand verre d’eau au Maghrib les aidera peut-être à retrouver le discernement, cette vertu cardinale qui s’appuie sur le droit du sport et surtout sur son éthique. Et la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. Je le jure, votre Honneur!
Lions de l’Atlas: Pour une poignée de clics
Pendant ce temps, Mohamed Ouahbi prend ses marques. On l’a vu observer le jeune prodige Ayyoub Bouaddi lors du choc Lille vs Aston Villa. Il n’en fallait pas plus pour que la toile s’embrase d’un «accord verbal» imaginaire. Pourtant, la réalité est plus prosaïque: le joueur doit, en tout état de cause, entamer les démarches juridiques nécessaires pour le changement de nationalité sportive auprès des instances compétentes.
Idem pour le dossier Issa Diop. Si l’affaire paraît mieux engagée, encore faudrait-il qu’il puisse s’expliquer sur sa déclaration de 2019 – où il affirmait sans ambages: «Je suis Français, je dois tout à la France, c’est mon pays. Aller dans une autre sélection parce que je ne suis pas pris avec la France, ce serait un peu hypocrite. Ce serait un choix par défaut» – et qu’il explique aujourd’hui son volte-face spectaculaire. Sinon, l’essai ne serait pas transformé et la rumeur serait tuée dans l’œuf. Car seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, mais le «Tribunal du Net» l’a déjà condamné sans savoir s’il n’a pas compris que sans le Maroc, il raterait le dernier train pour Gun Hill — pardon, pour la FIFA World Cup 2026.
Botola Pro: Casablanca, Tanger et le couloir de la mort
Dans cette Botola Pro qui n’a parfois de professionnelle que le naming, on joue une petite musique du film Casablanca, «As Time Goes By». L’ombre de Houcine Ammouta plane sur le banc du Wydad, telle une mélodie qui revient sans cesse. Un éventuel troisième passage qui sonne comme une évidence pour une équipe en quête de stature tactique.
Pendant ce temps, le pauvre Benhachem ressemble à un condamné à la peine capitale qui attendrait dans le couloir de la mort l’exécution de sa sentence. Il regarde, comme chez Brel, cette «pendule d’argent qui dit oui, qui dit non», au gré des pronostics macabres distillés par les experts de l’instant.
Ailleurs à Tanger, comme dirait le chanteur Malek, la houle est tout aussi agitée. Dans les cafés du Boulevard Mohamed V (qu’on prononcera ici Bulebar, avec cet accent espagnol qui sied aux habitués du Détroit), on s’enflamme contre le cas Pepe Mel. Le navire cherche son cap sous la direction d’Abdelhak Benchikha, qui devra composer avec l’encombrante présence de l’Espagnol.
Car voilà le paradoxe: descendu du banc pour échec patent — les résultats, ces juges de paix, sont là pour le dire — Pepe Mel est pourtant maintenu comme Manager Général. Une promotion par l’échec? Un «Mister» qui troque son sifflet contre un costume de bureau alors que sa méthode a pris l’eau? On attend de voir comment s’articulera cette cohabitation forcée, que l’on espère, en tout cas, plus sereine que celle entre feux François Mitterrand et Jacques Chirac...
Enfin, à Agadir, espérons que les fkihs en médisance ne condamneront pas Hilal Tayer aussi vite que Lucky Luke ; car ici aussi, on dégaine plus vite que son ombre dès que le vent tourne.
Le calendrier de l’incertitude: Gouverner, c’est prévoir
Pour clore ce festival du flou qui prête son flanc aux rumeurs en tous genres, penchons-nous sur le calendrier de la Botola. Entre ceux qui prédisent une fin après le Mondial 2026 et ceux qui jurent finir avant le 11 juin, on navigue à vue.
Ce flou laisse le champ libre, par la faute d’une LNFP qui a visiblement oublié que gérer ou gouverner, c’est prévoir... et non pleuvoir. En effet, il se met à «pleuvoir» des communiqués annonçant l’arrêt momentané du championnat pour cause d’Aïd. Imagine-t-on, par un raisonnement par l’absurde, une Premier League qui s’arrêterait pour Noël? Adieu le Boxing Day, adieu les stades pleins et les droits-télé à la hausse.
En laissant ainsi le champ libre aux crédules de service ou aux personnes de mauvaise foi pour interpréter les événements et dicter le momentum, on installe une instabilité chronique où chacun invente et distille du fake en tout genre.
Le mot de la fin: Mesdames et Messieurs, en cette période de recueillement et de piété, et avant l’Aïd el-Fitr, nous vous invitons à reprendre, comme dirait le guignol de PPDA, «une activité normale», à cesser toute médisance ou fake sur votre prochain et à méditer cette maxime attribuée à Eleanor Roosevelt: «Les esprits grands discutent des idées ; les esprits moyens discutent des événements ; les petits esprits discutent des personnes».
Et pendant ce temps, au Café du Commerce, on continue de discuter des personnes plutôt que des idées...




