Coupe Lalla Meryem, FRMG, parcours américain, LPGA Tour… Rim Imni raconte son ascension

La golfeuse marocaine Rim Imni. ilyass azaryouh photography

À la Coupe Lalla Meryem, en équipe nationale ou sur les parcours universitaires américains, Rim Imni poursuit sa progression avec une ambition assumée: atteindre un jour le LPGA Tour. La jeune golfeuse marocaine revient sur les étapes qui ont façonné son parcours, ses résultats en 2026, l’importance du collectif et le rôle de l’accompagnement de la Fédération royale marocaine de golf dans son évolution.

Le 05/10/2026 à 12h22

Le360 Sport: À la Coupe Lalla Meryem 2026, vous avez franchi le cut et disputé le dernier tour. Qu’est-ce que cette étape a changé pour vous?

Rim Imni: J’étais très heureuse de pouvoir jouer le dernier tour devant le public marocain. En 2023, lors de ma première participation, je découvrais ce niveau de compétition. Il y avait le plaisir d’être là et beaucoup de stress aussi. Cette année, passer le cut m’a confirmé que je pouvais rivaliser avec les joueuses du Ladies European Tour. Cela donne confiance et envie de poursuivre le travail.

Pouvoir évoluer dans cet environnement, avec l’accompagnement de la FRMG et sous la présidence de Son Altesse Royale Le Prince Moulay Rachid au développement du golf marocain, donne aussi une portée particulière à ce parcours. Pour une jeune joueuse, sentir qu’il existe un cadre, une continuité et une véritable dynamique autour de la nouvelle génération est très important.

Partager cette étape avec Maha Haddioui avait aussi une signification particulière. Son parcours constitue un repère pour une jeune Marocaine qui souhaite devenir professionnelle. Pouvoir avancer avec une joueuse de cette expérience comme référence compte beaucoup.

Votre saison a également été marquée par une finale de Coupe du Trône et une sixième place en Autriche. Que retenez-vous de ces deux rendez-vous?

La finale avec le Montgomerie Rabat tient une place importante. À la Coupe du Trône, je joue pour mon équipe, avec l’envie d’apporter des points et de contribuer à notre parcours. En 2025, j’avais signé un −7, mon record personnel. Pour l’édition 2026, je voulais surtout produire un golf solide et rester fidèle à mon plan de jeu. Atteindre la finale ensemble ajoute un beau résultat à cette histoire avec mon club.

En Autriche, j’ai terminé sixième de l’Austrian International Women’s Amateur, après trois jours de compétition à Vienne. C’est un nouveau repère dans ma saison. Ces résultats m’encouragent à continuer, tout en gardant à l’esprit les aspects de mon jeu que je dois encore faire progresser.

Vous avez construit une partie de votre parcours aux États-Unis. Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté?

J’ai commencé à Seminole State College avant de rejoindre l’Université de Cincinnati. J’ai pu poursuivre mes études tout en évoluant dans un environnement où le golf occupe une place importante au quotidien. Les entraînements, les tournois et les déplacements m’ont permis d’accumuler de l’expérience et de travailler sur la régularité.

Cette période a aussi fait évoluer ma manière d’aborder une partie. J’accorde davantage d’importance à la patience et aux décisions sur le parcours. J’apprends à mieux gérer la pression, à rester lucide et à accepter que la progression prenne du temps. C’est un travail qui se poursuit d’une compétition à l’autre.

Vous avez remporté l’All Africa Challenge Trophy avec le Maroc en 2024. Quelle place cette victoire collective occupe-t-elle dans votre parcours?

Nous avons remporté ce titre à Tazegzout avec Sofia Cherif Essakali et Nadia Sanz Ouezzani, sous le capitanat de Raja Hasnaoui. Sofia a également gagné le classement individuel. C’est important de citer chacune, car cette victoire est celle de notre équipe. Pour moi, qui suis originaire d’Agadir, elle s’inscrit aussi dans un cadre familier, tout près de ma ville.

J’aime cette dimension collective du golf. On se soutient, on partage une responsabilité et chacune apporte sa contribution. Gagner entre joueuses marocaines, sous les couleurs de notre pays, donne aussi de la visibilité au golf féminin. Cela rejoint le message que j’aimerais transmettre aux jeunes filles qui commencent: elles peuvent, elles aussi, se projeter dans ce parcours.

L’année suivante, vous avez représenté le Maroc aux Mondiaux amateurs par équipes à Singapour. Que retenez-vous de cette étape?

J’y ai joué avec Sofia Cherif Essakali et Maria Eidhagen Harrouch. Nous avons terminé à la trentième place de l’Espirito Santo Trophy. Cette participation a ajouté une expérience importante à notre parcours en équipe nationale. À ce niveau, chaque carte compte pour l’équipe et permet de mesurer le travail qu’il reste à accomplir.

Ces Mondiaux ont également été marqués par la troisième place individuelle d’Adam Bresnu dans l’épreuve masculine, disputée la semaine suivante. Son résultat donne un exemple concret du niveau qu’un joueur marocain peut atteindre. Notre délégation bénéficiait aussi de l’accompagnement des capitaines et des entraîneurs, dont le travail fait partie de cette aventure collective.

Vous gardez le LPGA Tour en ligne de mire. Qu’est-ce qui vous aide à avancer vers cet objectif, et que diriez-vous à une jeune Marocaine qui partage ce rêve?

Mon objectif reste le LPGA Tour. Je sais que cela demande du travail, de la patience et des progrès, notamment sur le plan mental. Les résultats donnent confiance. Il faut ensuite continuer à s’entraîner et garder le cap lorsque les choses sont plus difficiles.

L’accompagnement compte beaucoup dans ce parcours. J’ai bénéficié du programme Road To The Tour de la FRMG. Le travail de la Fédération permet aux jeunes talents d’associer formation sportive et études, avec un accès aux universités américaines et à des compétitions internationales. Ce sont des possibilités concrètes pour construire un avenir dans le golf.

À une jeune fille qui commence, je dirais de croire en ses possibilités et de s’appuyer sur les personnes qui l’accompagnent. Il y aura des moments difficiles, mais il faut toujours se rappeler que c’est possible. Il ne faut jamais laisser les moments de faiblesse définir son parcours.

Par Mohamed Yassir
Le 05/10/2026 à 12h22