«L’Afrique ne demande pas de faveur»: le SG de la Fédération guinéenne soutient la candidature du Maroc pour la finale du Mondial 2030

Ibrahima Barry Blasco, secrétaire général de la Fédération guinéenne de football.

Pour Ibrahima Barry Blasco, secrétaire général de la Fédération guinéenne de football, le Maroc dispose de sérieux atouts pour accueillir la finale de la Coupe du monde 2030. Le dirigeant estime qu’une telle consécration serait une fierté pour tout le continent africain et pourrait donner un nouvel élan au développement de son football.

Le 17/10/2026 à 16h28

Après l’Afrique du Sud en 2010, l’Afrique peut-elle accueillir une deuxième finale de Coupe du monde? Pour Ibrahima Barry Blasco, secrétaire général de la Fédération guinéenne de football (FGF), le continent a toutes les raisons d’y prétendre. Les progrès réalisés par ses sélections, la présence de ses joueurs dans les plus grands championnats et les efforts engagés par plusieurs fédérations témoignent, selon lui, du chemin parcouru par le football africain.

Dans cette perspective, le Maroc a une carte à jouer. Coorganisateur du Mondial 2030 avec l’Espagne et le Portugal, le Royaume dispose de plusieurs atouts, notamment ses infrastructures, ses capacités d’accueil et son expérience dans l’organisation de compétitions internationales. Pour le dirigeant guinéen, une finale au Maroc dépasserait le seul cadre national et pourrait donner un nouvel élan au football africain.

«L’Afrique n’est pas seulement un réservoir de talents pour les autres continents»

—  Ibrahima Barry Blasco

Ibrahima Barry Blasco estime que l’Afrique mérite d’accueillir une deuxième finale de Coupe du monde, non pas uniquement pour des considérations géographiques, mais aussi en raison de sa contribution au football mondial. L’édition 2010, organisée en Afrique du Sud, avait déjà démontré que le continent était capable d’accueillir un événement d’une telle ampleur.

Depuis, les sélections africaines ont poursuivi leur progression, tandis que de nombreux joueurs du continent se sont imposés au plus haut niveau. Des avancées qui, selon lui, méritent une plus grande reconnaissance sur la scène internationale.

«L’Afrique n’est pas seulement un réservoir de talents pour les autres continents: elle est aussi une terre de grandes compétitions, d’innovation, d’organisation et d’ambition», souligne le secrétaire général de la Fédération guinéenne de football.

Le Maroc a de sérieux arguments à faire valoir

Interrogé sur les chances du Royaume d’accueillir la finale du Mondial 2030, Ibrahima Barry Blasco met en avant la qualité des infrastructures sportives, les capacités hôtelières, les réseaux de transport et l’expérience acquise par le Maroc dans l’organisation de grands rendez-vous footballistiques.

«Le Maroc possède une capacité particulière à faire le lien entre l’Afrique, le monde arabe et l’Europe»

—  Ibrahima Barry Blasco

Le dirigeant guinéen insiste également sur la position géographique du Royaume, à la croisée de l’Afrique, de l’Europe et du monde arabe, qu’il considère comme un atout supplémentaire pour donner à cette édition une portée particulière.

«Le Maroc possède une capacité particulière à faire le lien entre l’Afrique, le monde arabe et l’Europe. Cette position peut contribuer à donner à la Coupe du monde 2030 une dimension à la fois sportive, culturelle et humaine», souligne Ibrahima Barry Blasco.

Il rappelle néanmoins que l’accueil d’une finale mondiale ne dépend pas uniquement de la qualité des stades. La gestion des déplacements, la sécurité, l’accueil des supporters, des équipes et des médias, ainsi que le respect des exigences de la FIFA, sont autant de paramètres déterminants.

«Le Royaume a démontré, au fil des compétitions continentales et internationales qu’il a accueillies, sa volonté de faire du sport un levier de développement et de rayonnement international. Son engagement dans la préparation de la Coupe du monde 2030, conjointement avec l’Espagne et le Portugal, s’inscrit dans cette dynamique», précise-t-il.

Pour le secrétaire général de la FGF, le Maroc possède donc les moyens de défendre sa candidature face aux autres villes en lice pour accueillir le dernier match de la compétition.

«Je considère que le Maroc dispose d’arguments sérieux pour accueillir une finale de cette envergure, dans le respect des exigences techniques et organisationnelles de la FIFA. Une telle perspective serait également une fierté pour l’ensemble du continent africain», poursuit-il.

Une finale qui doit profiter à tout le football africain

Au-delà du prestige que représenterait l’organisation d’une deuxième finale de Coupe du monde sur le sol africain, Ibrahima Barry Blasco insiste sur les retombées qu’un tel événement pourrait avoir pour le développement du football continental.

À ses yeux, l’enjeu ne se limite pas aux quelques heures que dure une finale. Il s’agit surtout de faire en sorte que cet événement profite durablement aux fédérations, aux clubs et aux jeunes joueurs africains.

Le développement des centres de formation, l’amélioration des compétitions nationales, la formation des entraîneurs et des cadres administratifs, ainsi que la promotion du football féminin figurent parmi les chantiers qu’il juge prioritaires.

«La véritable réussite serait que la finale de 2030 produise des effets positifs bien au-delà du stade qui l’accueillera: dans les centres de formation, les clubs, les fédérations et les communautés africaines», explique-t-il.

Le dirigeant guinéen considère également qu’une finale organisée au Maroc pourrait nourrir les ambitions de toute une génération de jeunes Africains. Elle montrerait que le continent peut non seulement former des joueurs capables de briller au plus haut niveau, mais aussi accueillir les plus grandes manifestations sportives.

Dans cette optique, il encourage les fédérations africaines à tirer profit de l’expérience marocaine, notamment à travers les échanges de compétences, la coopération technique et la mise en place de partenariats.

Le modèle marocain, une source d’inspiration pour les fédérations africaines

La qualification historique des Lions de l’Atlas pour les demi-finales de la Coupe du monde 2022 au Qatar a marqué un tournant pour le football africain. Première sélection du continent à atteindre ce stade de la compétition, le Maroc a montré qu’une équipe africaine pouvait rivaliser avec les meilleures nations du monde.

«La réussite du Maroc doit inspirer la Guinée, comme elle doit inspirer les autres fédérations africaines»

—  Ibrahima Barry Blasco

Pour Ibrahima Barry Blasco, cette performance a contribué à changer le regard porté sur le football africain. Mais les résultats sportifs, aussi importants soient-ils, ne suffisent pas.

Le continent doit également renforcer son influence au sein des instances internationales et poursuivre la structuration de ses fédérations, de ses championnats et de ses dispositifs de formation.

«Nous ne devons pas seulement être présents sur les terrains où se disputent les titres mondiaux; nous devons aussi être pleinement acteurs des décisions, des investissements et des politiques qui déterminent l’avenir du football», insiste-t-il.

Dans ce domaine, le secrétaire général de la FGF estime que les progrès accomplis par le Maroc peuvent servir de référence aux autres pays africains. Il plaide notamment pour une coopération plus étroite entre les fédérations, afin que les expériences réussies puissent être partagées et adaptées aux réalités de chaque pays.

«La réussite du Maroc doit inspirer la Guinée, comme elle doit inspirer les autres fédérations africaines», affirme-t-il.

Reste la question de l’attribution de la finale du Mondial 2030, qui n’a pas encore été officiellement tranchée. Le Maroc devra faire valoir ses arguments face aux ambitions espagnoles, notamment celles de Madrid et de Barcelone.

Pour Ibrahima Barry Blasco, quelle que soit la décision finale, le continent africain doit continuer à défendre sa place dans l’organisation des grandes compétitions internationales, à la hauteur de ses progrès et de son poids dans le football mondial.

«L’Afrique ne demande pas de faveur: elle souhaite que ses capacités, ses résultats et sa contribution au football mondial soient reconnus à leur juste valeur», conclut-il.

Par Anas Zabari
Le 17/10/2026 à 16h28