Hafid Derradji, le commentateur à beIN Sports, appelle à prendre les armes contre les Marocains

Hafid Derradji, journaliste à beIN Sports au service de la junte militaire en Algérie.

Hafid Derradji, journaliste à beIN Sports au service de la junte militaire en Algérie.. DR

Hafid Derradji multiplie les sorties contre le Maroc. Profitant du rayonnement de beIN Sports, il diffuse un discours en adéquation avec le pouvoir militaro-politique en Algérie. Il vient de dépasser toutes les lignes rouges en qualifiant les Marocains «d’ennemis » et en appelant à brandir le fusil contre eux. C’est ce qui s’appelle un appel au meurtre. Ce mégaphone du régime d’Alger, ce sont les Qataris qui le paient.

Le 26/01/2026 à 18h19

Certaines figures, adossées à une visibilité internationale, profitent du rayonnement d’un écran pour poursuivre des combats qui n’ont plus rien à voir avec le sport. Hafid Derradji s’inscrit aujourd’hui dans cette zone grise: celle où le commentaire sportif, à force d’obsession, bascule dans la propagande, la haine et l’appel au meurtre.

Le problème n’est pas qu’un journaliste ait une opinion. Le problème, c’est quand l’antenne, ou la notoriété conquise grâce à elle, se transforme en couloir d’influence. Et quand une ligne éditoriale personnelle se confond avec un agenda politique: attaquer le Maroc, encore et toujours.

Dernier épisode: un post publié sur les réseaux sociaux, où Derradji se met en scène devant la photo d’un soldat algérien, doigt posé sur le nez, fusil en bandoulière, pour dérouler un texte au ton martial. Glorification des «caporaux», exaltation d’une armée présentée comme l’âme du peuple, message de force destiné à être «lu» plutôt qu’expliqué, appel à prendre le fusil contre «l’ennemi»… le Marocain, évidemment. Le fond, lui, est plus inquiétant: Derradji y parle frontalement du Maroc comme d’un «pays ennemi» et fait l’éloge des armes à feu.

Quand Derradji perd soudain la voix

Ce qui frappe, c’est la constance de Derradji dans l’attaque du Maroc… et sa prudence dès que le sujet touche les fissures internes du système algérien. En 2022, des vidéos attribuées à Guermit Bounouira, ancien secrétaire particulier d’Ahmed Gaïd Salah, ont largement circulé et provoqué un véritable tumulte médiatique. Bounouira, qui est la «boîte noire» de l’ex-chef d’état-major, y proférait des accusations très graves contre des hauts responsables militaires algériens.

Dans cette séquence, une phrase a particulièrement marqué les esprits: l’idée qu’«il y aurait plus de narcotrafiquants que de militaires» au sein de l’armée. Cette formule a surtout eu un effet révélateur: elle montrait que, lorsque des charges explosives viennent de l’intérieur même du sérail, le bruit n’est plus aussi confortable à amplifier.

Bounouira allait encore plus loin en mettant en cause l’actuel chef d’état-major Saïd Chengriha: enrichissement, sécurisation de circuits de trafic à la frontière marocaine durant la période où il commandait une région militaire, et même évocation d’un trafic d’armes lié au dossier libyen.

La question beIN Sports

Reste l’éléphant dans la pièce: beIN Sports. Une chaîne internationale ne peut pas prétendre à une stature globale et fermer les yeux lorsque l’un de ses visages publics transforme une visibilité sportive en tribune appelant au meurtre. Nasser Al-Khelaïfi, qui gère des stars mondiales au PSG et un groupe aux ambitions planétaires, n’a-t-il pas les moyens de rappeler une règle élémentaire: une chaîne sportive n’est pas un foyer de haine et un refuge de psychopathes? Car autant Derradji que le soldat morveux qu’il glorifie trainent des pathologies qui nécessitent une intervention urgente. Et cette intervention urgente n’est plus un luxe pour beIN Sports.

Par Adil Azeroual
Le 26/01/2026 à 18h19