Tous les amateurs de notre chère Botola ont suivi d’un œil mi-distrait, mi-amusé, les péripéties tragicomiques de la Ligue nationale de «faux» professionnel (LNFP). Non, mais quel cirque!
La phase aller est terminée. Enfin… en théorie. Parce qu’en pratique, l’AS FAR, la RS Berkane, le Wydad et l’OC Safi traînent encore trois matchs en retard. Trois matchs qui empêchent tout le monde d’avancer, comme un embouteillage un lundi matin sur la rocade de Casablanca.
Et pendant ce temps-là, les autres clubs refusent logiquement de démarrer la phase retour. Ils ont raison. Le règlement de la FRMF est clair: un match déprogrammé doit être reprogrammé à la première date disponible, avant le début de la phase retour.
Sauf que dans notre Botola version LNFP, même ce qui est simple devient compliqué.
La fin de la phase aller aurait dû être l’occasion parfaite pour remettre les pendules à l’heure. Les clubs engagés en compétitions africaines avaient encore une fenêtre pour jouer. Tout le monde s’attendait à une mise à jour du calendrier, surtout après ce fameux communiqué annonçant la programmation des 10e et 11e journées. Et là… revirement.
La Ligue annonce finalement que tout est reporté après la trêve internationale. Encore. Comme si le temps, lui, attendait.
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Si la LNFP avait un numéro vert ou un service après-vente, il serait certainement pris d’assaut.
Parce qu’on ne parle plus d’un simple retard. On parle d’un championnat qui s’enlise et qui donne l’impression de tourner en rond sans jamais avancer.
Hé les gars, faut ptêt’ se réveiller: le GNF 1, lorsqu’on programmait des matchs en milieu de semaine, à midi et non retransmis, c’était il y a 30 ans!
La raison? Le refus du Wydad de jouer, en raison des convocations de ses joueurs en sélection: Mehdi Benabid avec les A, Naïm Byar avec les U23, Ramiro Vaca et Moisés Paniagua avec la Bolivie.
Les gars de la Ligue ont beau faire des gribouillis qu’ils appellent communiqués pour expliquer les raisons de cette mascarade, ils n’arriveront jamais à nous convaincre que c’est normal.
Monsieur Belkchour et ses copains nous avaient pourtant promis autre chose. Un spectacle digne de ce nom. Un championnat qu’on regarde avec plaisir, installé confortablement devant un écran plat haute définition, 2,5 millions de couleurs, posé par un jardinier déguisé en électricien. Soit dit en passant, on comprend le gars: au Maroc, il y a quand même plus de fils électriques que de jardins. Fermons la parenthèse.
Donc voilà, il y a tromperie sur la marchandise.
Au lieu d’un championnat structuré, lisible, cohérent, on se retrouve avec un tournoi de quartier. Oui, un tournoi de quartier. Certes, un quartier qui fait quelques centaines de milliers de kilomètres carrés, avec des stades flambant neufs. Mais un tournoi de quartier quand même.
Parce que, honnêtement, vous avez déjà vu un championnat qui s’arrête pour le CHAN, la Coupe arabe, la CAN, l’Aïd Al-Fitr, le Ramadan, les dates FIFA, les compétitions africaines… et bientôt pourquoi pas pour les examens du bac ou le permis de conduire d’un latéral droit?
Et maintenant, la vraie question: Comment finir la saison? Parce que là, on ne parle plus de confort ou d’organisation. On parle de faisabilité.
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Il reste des journées entières à jouer, des matchs en retard à caser, et une date couperet: le 15 mai. Mission impossible?
Et derrière, une autre question encore plus sensible: Qui va représenter le Maroc en compétitions africaines la saison prochaine?
Sur quelle base? Un classement incomplet? Une moyenne de points? Ou une reconduction des clubs actuels?
À ce rythme-là, le communiqué le plus important que la Ligue devrait publier n’est pas un énième report. C’est une clarification. Parce que là, plus personne ne comprend.
La Botola, c’est le seul repas servi gratuitement dans les parages… et en ces temps qui courent, même ça, on n’arrive plus à nous le servir correctement.
Et là, j’ai une illumination, un peu comme le Euréka d’Archimède ou la pomme de Copernic. Euh… bon, vous voyez ce que je veux dire.
L’illumination: on plie la saison, on désigne un champion à l’applaudimètre, comme pour l’élection de M’sieur le président, et on donne rendez-vous à tout le monde en 2030, en espérant que, d’ici là, il aura enfin trouvé le bouton «play».








