Les Lions de l’Atlas ont manqué la deuxième étoile ce dimanche, en se faisant battre par le Sénégal (1-0 a.p.) en finale de la CAN 2025. À domicile, le Maroc avait pourtant montré une réelle évolution tout au long du tournoi, porté par un groupe de plus en plus concerné et déterminé à aller au bout dans cette édition organisée sur ses terres. Mais la finale s’est finalement annoncée frustrante, tendue et inédite dans son scénario, avec deux équipes avant tout soucieuses de fermer le jeu, chacune cherchant à provoquer l’erreur de l’autre, plutôt qu’à se découvrir.

Pour mieux la comprendre, Abdellah Kharbouchi, ancien international marocain, aujourd’hui entraîneur et analyste, décrypte cette finale en collaboration avec Quentin Voisin, lui aussi analyste.
Une finale verrouillée, décidée sur des détails
Sur le terrain, le constat est clair, la finale de la 35e édition était un match serré, équilibré, où aucune des deux équipes ne voulait se livrer. Peu d’espaces, peu de prises de risques, beaucoup de contrôle: «Ça s’est surtout joué sur les transitions. Chaque équipe attendait l’erreur de l’autre», analyse Abdellah Kharbouchi. Dans cette configuration, la bataille s’est naturellement déplacée au milieu de terrain, là où l’intensité et la discipline tactique ont dicté le tempo.
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Le Maroc: rigueur collective, mais manque de tranchant
Fidèle à son 4-3-3, l’équipe nationale a surtout cherché à sécuriser l’axe: «Sans ballon, on était souvent sur un bloc médian, presque en 4-1-4-1, pour fermer les passes intérieures», souligne Kharbouchi.

Et dès l’entame, les deux équipes «étaient en observation, bien en place. Mais personne ne voulait prendre de risques», poursuit-il. Une première période timide dans le jeu, mais très disciplinée tactiquement.
Le Maroc récupère néanmoins plusieurs ballons dans l’entrejeu: «Il y a eu pas mal de récupérations au milieu, qui ont donné des transitions offensives intéressantes, mais mal exploitées», regrette l’analyste. Dans l’animation, les Lions peinent à trouver leurs leaders offensifs: «Brahim Díaz a été assez discret. Le côté droit marocain a été très bien contrôlé par le Sénégal», observe-t-il.

Quelques signaux positifs existent malgré tout: «Les appels en profondeur de (Ismael) Saibari étaient intéressants, ils apportaient de la mobilité», note Kharbouchi. Mais devant, l’efficacité fait défaut: «Le Maroc a eu de bonnes transitions, mais il a manqué de réalisme, notamment avec (Ayoub) El Kaabi».
Après la pause, le visage de la rencontre change, avec deux équipes plus déterminées, plus tranchantes: «Le match s’est emballé des deux côtés», observe-t-on. En prolongation, après avoir encaissé, les Lions poussent. «(Abdessamad) Ezzalzouli a apporté du danger. Il a été remuant, percutant, c’est lui qui a réellement créé le déséquilibre », explique-t-il.
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Le Sénégal: impact, pressing et adaptation
En face, l’Équipe du Sénégal démarre également en 4-3-3, avec une intention claire, un bloc haut et «un pressing pour gêner les ressorties de balle marocaines», note Kharbouchi.
Les Lions de la Teranga se montrent particulièrement dangereux dans les phases de transition: «C’est une équipe qui dégage beaucoup de force, de puissance et de qualité technique». Sur coups de pied arrêtés, la menace est constante, «un point clé dans ce type de match».

Le Sénégal a parfois pris des risques à la relance: «En voulant ressortir les ballons proprement, ils ont laissé des possibilités, et le Maroc a intercepté pas mal de ballons dans l’axe». Mais défensivement, le plan était clair: «Ils ont très bien bloqué le côté Díaz–Hakimi».
Le tournant tactique arrive en fin de match: «En deuxième mi-temps, vers la 75e minute, ils passent du 4-3-3 au 3-5-2 pour renforcer les couloirs et mieux contrôler la fin de rencontre», analyse l’ancien international.
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Les Lions de la Teranga ont été plus forts sur le terrain, au bout du compte. De leur côté, les Lions de l’Atlas ont montré de belles choses tout au long du tournoi. Cette 35e édition restera amère pour le football national, mais elle rappelle aussi une évidence, les erreurs font partie du chemin, et c’est dans le travail, la remise en question et la continuité que se construisent les lendemains meilleurs.
AFP




















