CAN 2025: Être ou ne pas être

Stade Moulay Abdellah à Rabat.

Stade Moulay Abdellah à Rabat.

ChroniqueLe Maroc est en train de réussir le challenge de l’organisation de la CAN 2025. Ce postulat de départ est corroboré par les chiffres. À la fin du premier tour, ce millésime bat tous les records et recueille les hommages quasi unanimes de la presse internationale, à quelques voix dissonantes près. L’autre défi du Royaume consiste à remporter un graal qui fuit les Lions de l’Atlas depuis 1976. Pour réussir ce pari, les hommes de Walid Regragui devront remporter les quatre matchs les plus importants de leur histoire.

Le 01/01/2026 à 12h14

Hier, pendant le réveillon, plus précisément au moment des douze coups de minuit, les supporters marocains les plus passionnés ont fait un vœu: que 2026 commence comme s’était conclue l’année précédente, avec des victoires à célébrer et des sacres à commémorer. En effet, jamais les équipes nationales n’ont été à pareille fête, avec le titre mondial U20, la Coupe d’Afrique des U17, la consécration continentale du futsal féminin, et évidemment le CHAN et la Coupe arabe. Autant dire que ces succès prouvent que la gestion des équipes nationales, et leur corollaire en termes de performance, ont atteint leur vitesse de croisière. Et entamer 2026 au même rythme signifie gagner la CAN.

D’ailleurs, Walid Regragui et sa garde prétorienne ont la pression, avec un objectif unique: faire aussi bien, sinon mieux, que les coachs Ouahbi, Baha ou Sektioui. L’entame de la compétition a un peu fait grincer des dents, notamment lors de la première période contre les Comores, ou pendant une bonne partie de la deuxième mi-temps face aux Aigles du Mali. Stressés par l’enjeu, corsetés par des consignes prudentes, les coéquipiers de Diaz se sont libérés devant la Zambie. En termes de volume de jeu, ce troisième match de poule a donné quelques pistes intéressantes quant au potentiel du groupe. Le Onze national regorge de talent, le fond de banc est intéressant et les pièces de rechange ne manquent pas si le coach Walid le juge nécessaire.

Toutefois, gare au piège tanzanien. Face à un rival qui s’est qualifié avec deux points seulement et qui n’a toujours pas gagné le moindre match en quatre phases finales, les Lions de l’Atlas devront aborder ce match couperet avec la même rigueur et la même envie. Ceci suppose de ne pas entrer sur le rectangle vert et répéter les scénarios du Bénin 2019 et de l’Afrique du Sud 2023. Lors de ces deux rencontres, et à quatre années d’intervalle, les Marocains avaient proposé un football attentiste, étant plus dans la réaction que dans l’action.

Agir, ne pas subir, prendre toutes les initiatives possibles et ne rien regretter: tels seront les maîtres mots supposés mener ce groupe valeureux et talentueux vers la ligne d’arrivée le 18 janvier prochain. Mais attention, le Maroc est dans le rôle du chassé, et la meute derrière, composée du Sénégal, de l’Égypte, de la RDC, de l’Algérie ou du Nigeria, est à l’affût du moindre faux pas.

Un faux pas que l’organisation a su éviter avec classe et méthodologie. En effet, aucun grain de sable n’est venu enrayer la belle mécanique du LOC: gazon en parfaite condition en dépit d’une météorologie plus que pluvieuse, record d’affluence avec plus de 700.000 supporters dans les gradins, le record de l’édition 2023 pulvérisé, et une belle visibilité à l’international avec la diffusion de la compétition sur les cinq continents, sur les plus grandes networks. Tout va bien donc dans le meilleur des mondes, sauf pour les aigris ou les envieux de service.

Commençons par ces derniers, et en particulier par un confrère qui n’a pas son pareil pour déformer la réalité et faire, à sa façon, du Morocco bashing. Il s’agit bien sûr de l’inévitable Derradji. En service commandé depuis 2019, celui qui a perdu ses derniers fans au Maroc n’a pas son pareil pour essayer de lancer la petite pique censée critiquer, voire dénigrer, l’organisation. Son objectif, et par ricochet celui de ses commanditaires, est de réinstaurer la théorie du complot et de leurrer ses compatriotes à travers une lecture absurde du règlement de la CAN. Hafid Derradji ne méconnaît pas le règlement, mais il est plutôt de mauvaise foi, car il commente les matchs avec une arrière-pensée malsaine.

Mais que dire d’autres personnes qui ont décidé de marquer contre leur camp, rien que pour prouver qu’elles ont raison envers et contre tout le monde? Ces plumitifs capitalisent sur leur notoriété passée pour transmettre à l’opinion publique leur pessimisme ambiant. L’objectif est bien sûr de satisfaire un ego en mal de reconnaissance, avec comme mot d’ordre: «Je dénigre donc je suis».

Mais la palme à l’acharnement absurde revient à des journalistes de l’Hexagone en mal de buzz, et au coach de l’Afrique du Sud. Le dernier nommé, nostalgique, comme dirait Sardou, du temps béni des colonies, n’en est pas à son coup d’essai. Les autres cherchent la petite bête, car si ce n’est pas la billetterie qui est pointée du doigt, c’est le mauvais temps qui est invoqué. Et pourtant, ils devraient s’attacher aux bonnes vibrations entrevues depuis le début de cette fête du football et se munir de l’optimisme de la majorité des médias, qui doivent tous se dire: CAN pluvieuse, CAN heureuse.

Par Amine Birouk
Le 01/01/2026 à 12h14