À la veille de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, prévue ce dimanche 18 janvier entre le Maroc et le Sénégal, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a surpris en publiant un communiqué pointant plusieurs dysfonctionnements organisationnels.
L’instance sénégalaise y exprime notamment ses «inquiétudes» concernant la sécurité jugée inexistante à l’arrivée des Lions de la Teranga à la gare Agdal de Rabat, en provenance de Tanger.
Dans son communiqué, la FSF déplore ainsi «l’absence manifeste de dispositif de sécurité adéquat lors de l’arrivée de la délégation sénégalaise à la gare ferroviaire de Rabat», estimant que ce manquement «a exposé les joueurs et le staff technique à une promiscuité et à des risques incompatibles avec les standards d’une compétition de cette envergure, et le standing d’une finale continentale».
Donc les joueurs, accueillis par une centaine de supporters, auraient ainsi été exposés à une situation potentiellement dangereuse dans l’enceinte de la gare. Et pourtant, à en juger par le reportage diffusé au même moment sur RFI, le tableau apparaît sensiblement différent. Dans ce reportage audio, on entend clairement «une équipe escortée» par un «cordon de sécurité sous pression» qui parvient à se frayer un chemin jusqu’au bus.
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Le journaliste précise d’ailleurs qu’«en deux minutes, les Lions sont assis dans le car». Et là où le communiqué laisse entendre une situation chaotique, le reportage donne plutôt à entendre des supporters enthousiastes, dans une ambiance maîtrisée et sans débordement notable.
Au-delà de la sécurité, la FSF pointe également du doigt la logistique hôtelière. L’hôtel initialement attribué à la sélection sénégalaise à Rabat est jugé insuffisant, alors que les Lions de la Teranga avaient jusque-là disputé l’intégralité de leur CAN à Tanger. La fédération indique qu’un hôtel cinq étoiles n’a finalement été accordé qu’après un «gain de cause» obtenu par courrier.
Les conditions d’entraînement sont aussi critiquées. La FSF parle de son «refus catégorique de tenir ses séances d’entraînement au Complexe Mohammed VI», au motif qu’il s’agit du camp de base du Maroc, y voyant un problème d’équité sportive. La billetterie n’est pas épargnée non plus, avec «l’absence de possibilité d’achat en billets VIP et VVIP», même si la fédération reconnaît avoir pu acquérir des billets en catégories inférieures, pour un total d’environ 3 000 places.
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Ce communiqué, qui tranche avec l’image d’une CAN jusque-là saluée pour son organisation et son niveau sportif, interroge sur son timing. À quelques heures de la finale, il apparaît pour certains comme une sortie inattendue, voire un message destiné à installer une forme de pression avant le rendez-vous décisif.
Jusqu’ici, et tout au long du tournoi, les 24 délégations engagées ont été accueillies dans des conditions jugées conformes au standing de l’événement, entre infrastructures modernes, logistique huilée et organisation maîtrisée. Rarement une Coupe d’Afrique des Nations n’avait atteint un tel niveau d’organisation.
Entraîneurs, joueurs et staffs des équipes engagées dans cette 35e édition n’ont d’ailleurs pas tari d’éloges sur le tournoi organisé au Maroc, saluant aussi bien la gestion sécuritaire que la fluidité des déplacements, la qualité des installations et le professionnalisme global du dispositif mis en place.
Reste désormais au terrain de reprendre ses droits, ce dimanche à 21h au Complexe Moulay Abdellah, pour le dernier acte de cette CAN 2025 entre les hommes de Walid Regragui et ceux de Pape Thiaw. Une finale annoncée électrique, sous haute tension, mais toujours sous contrôle.










