CAN 2025, les provocations de la FSF, le silence de la CAF... L’essentiel de la conf’ de Patrice Motsepe à Rabat

Fouzi Lekjaa et Patrice Motsepe

Dans un contexte marqué par les provocations de la FSF et les accusations contre la CAF, Patrice Motsepe a défendu la crédibilité des institutions et appelé au respect des décisions. Depuis Rabat, il a salué le Maroc et insisté sur la nécessité de laisser la justice du TAS trancher définitivement.

Le 09/04/2026 à 19h43

Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF), s’est exprimé ce jeudi 9 avril depuis l’amphithéâtre du Complexe Mohammed VI de Maâmora, lors d’une conférence de presse.

«J’étais hier au Sénégal, où j’ai eu une très bonne rencontre avec le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, et j’ai passé le reste de la journée avec les responsables de la Fédération sénégalaise de football», a d’abord déclaré le dirigeant, avant d’ajouter que «l’objectif de ma visite au Sénégal était très clair et, aujourd’hui, il s’agit d’une continuité de nos objectifs au niveau de la CAF».

«Le message que j’ai transmis est simple et important: je suis personnellement engagé, tout comme la CAF, à travailler avec la FSF, la présidence et le peuple sénégalais pour y développer le football, ainsi qu’au niveau du continent, mais aussi pour faire face aux défis, notamment en lien avec la finale de la CAN 2025. C’est le même message que j’apporte au Maroc. Je suis extrêmement déçu par ces problèmes, qui sont d’ailleurs aujourd’hui devant le TAS», a poursuivi Motsepe.

«Je suis fatigué et épuisé de devoir répondre, à chaque fois que je suis face aux médias, aux questions sur ce qui s’est passé en finale. C’était la CAN la plus réussie de l’histoire de la compétition, à tous les niveaux. La sécurité, la logistique, les transports, les hôtels, les pelouses, les hôpitaux… Et vous savez, ce qui m’a rendu fier, c’est la chaleur des Marocains, leur hospitalité et leur respect. Les difficultés et les problèmes suivront les voies légales au niveau de la CAF et de la FIFA. Je suis confiant quant au fait que la décision du TAS nous unira tous. Je ne peux pas recevoir toujours la même question, il y a 54 associations membres au sein de la CAF. J’ai des compétitions de classe mondiale à organiser. Nous avons aussi la Coupe du monde qui arrive. Je suis lucide: les problèmes liés à la finale sont derrière nous», a-t-il ajouté.

«J’apporte un message positif. Je suis très confiant et optimiste. Je m’adresse aux membres de la FRMF, dont mon frère, le président Fouzi Lekjaa, au gouvernement marocain, à Sa Majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, ainsi qu’aux Marocains: je suis personnellement et profondément engagé pour que nous travaillions main dans la main pour le football africain. Nous aimons beaucoup le football marocain», a poursuivi Motsepe.

«Nous devons éviter les déclarations inflammatoires, qui n’aident en rien. Nous ne laisserons jamais le football nous séparer ni nous diviser. Nous surmonterons ces défis», a lancé le dirigeant sud-africain.

«Quand je suis arrivé ici ce matin, j’ai dit que nous devions désormais nous focaliser sur nos dix représentants au Mondial 2026. Nous devons soutenir Achraf Hakimi, Brahim Diaz et notre équipe nationale. Ils nous ont tous rendus fiers au Qatar. Nous les soutenons et les encourageons», a-t-il affirmé au sujet des Lions de l’Atlas.

«L’un des problèmes qui m’a inquiété, c’est que s’il y a une violation grave d’un règlement important, susceptible d’altérer l’intégrité, la crédibilité et le respect de la compétition, nous devons modifier nos règlements afin de prévoir des sanctions appropriées. Il y a beaucoup de suspicion et de manque de confiance envers nos arbitres. Mais cela appartient au passé, nous avons fourni un grand travail», a ajouté le dirigeant.

«Nous avions un partenariat avec la FIFA pour professionnaliser les arbitres africains, ce qui a renforcé leur talent et les a amenés à un niveau mondial, mais ce processus s’est arrêté et je ne le savais pas. J’en ai parlé à Gianni Infantino, qui ne le savait pas non plus», a ensuite affirmé le Sud-Africain. Il a toutefois encouragé à faire preuve de clémence envers les arbitres qui, «restant humains», peuvent parfois commettre des erreurs.

«En ce qui concerne les commissions de discipline et d’appel, nous continuons à faire confiance aux juges les plus respectés et les plus expérimentés. Les juges ont été nommés conformément aux propositions de nos associations membres», a rappelé Motsepe, assurant de la transparence entourant la composition de ces commissions. «Nous avons instauré des changements pour que ce qui s’est passé lors de la finale ne se reproduise plus jamais. Nous allons accomplir d’énormes progrès pour faire avancer les choses», a-t-il poursuivi.

Concernant le silence de la CAF après la célébration du Sénégal, qui avait exhibé le trophée de la CAN 2025 le 28 mars au Stade de France, avant un match amical contre le Pérou, alors que le titre avait officiellement été attribué au Maroc, Motsepe s’est exprimé en ces termes: «Je dois attendre, conformément à la procédure du TAS. Nous devons protéger l’intégrité et la réputation de nos 54 associations membres et de la CAF. Nous devons désormais respecter la décision du TAS et éviter toute déclaration. Nous devons travailler avec efficacité et intégrité».

«Je ne peux pas exprimer d’opinion sur une affaire qui est entre les mains de la justice. Nous ne sommes pas naïfs. Nous vivons dans un monde traversé par des difficultés et des problèmes historiques et politiques. Nous devons garder tout le monde concentré sur le football. Mon travail est d’unir tout le monde», a ajouté Motsepe.

«J’encourage vivement toute personne qui doute de l’intégrité de la CAF et l’accuse de corruption à porter plainte et à emprunter les voies légales. Je l’y encourage même», a asséné le dirigeant sud-africain.

Par Magda Soltani et Said Bouchrit
Le 09/04/2026 à 19h43