Pape Thiaw a pris la parole pour la première fois depuis le sacre du Sénégal à la CAN 2025 organisée au Maroc. Dans un message de gratitude adressé à son pays, le sélectionneur sénégalais salue d’abord un «tournoi exceptionnel» et une «organisation magnifique», avant de se lancer dans un long développement autour de la finale disputée dimanche dernier face au Maroc (0-1 a.p.), qu’il qualifie de «fin malheureusement dramatique». Une dramatisation commode pour tenter d’atténuer la portée d’un épisode dont il porte, pourtant, la responsabilité directe, au même titre que ses joueurs.
«Ça n’a jamais été mon intention d’aller à l’encontre des principes du jeu que j’aime tant. J’ai juste essayé de protéger mes joueurs face à l’injustice. Ce que certains prendront comme une violation des règles n’est autre qu’une réaction émotionnelle face à la partialité de la situation. Après concertation, nous avons décidé de reprendre le match et d’aller gagner ce trophée pour vous», écrit-il.
Une «injustice» brandie comme bouclier, ressentie par le sélectionneur et étendue à l’ensemble de son groupe, alors même que les Lions de la Teranga avaient quitté la pelouse sur ses ordres, laissant la rencontre en suspens. En face, les Marocains étaient restés sur le terrain, prêts à en découdre, tandis que des millions de spectateurs, du Complexe Moulay Abdellah aux écrans de télévision, assistaient à une scène aussi surréaliste que préjudiciable pour l’image du football africain. Car au-delà de l’émotion invoquée, il s’agissait d’un choix lourd: contester une décision arbitrale en rompant le cadre du match.
Les Lions de l'Atlas du Maroc qualifiés pour la finale de la 35e édition de la CAN visent un second titre continental après celui de 1976 et la finale perdue en Tunisie en 2004.
Thiaw enchaîne ensuite par des excuses sans assumer frontalement l’ampleur du geste: «Je m’excuse si j’ai pu heurter certaines personnes, mais les amoureux du football comprendront que l’émotion est partie intégrante de ce sport».
L’entraîneur a ensuite remercié l’ensemble des acteurs sénégalais ayant contribué à ce sacre: la Fédération, les supporters, sa famille, ainsi que ses 28 joueurs, qualifiés de «guerriers». Reste que ce triomphe, au lieu d’être célébré sans réserve, se retrouve entaché par une séquence que son auteur tente désormais de présenter comme un simple débordement émotionnel, quand elle s’apparente surtout à un précédent dangereux.
Pour rappel, Pape Thiaw reste en attente d’une sanction de la Confédération africaine de football pour son comportement lors de la finale. Reste désormais à savoir si l’instance continentale décidera de sévir, et sous quelle forme.














