«Le Maroc tient la CAF, il faut se le dire: ils tiennent tout en main et décident de tout», disait le président de la Fédération du Sénégal Abdoulay Fall il y a quelques jours.
Faux. Et les faits viennent de le démontrer.
Si le Maroc «contrôlait» réellement la CAF, il ne se retrouverait pas sanctionné, et encore moins pour des faits qui découlent directement du comportement des joueurs sénégalais lors de la finale. Pourtant, la sentence est là, officielle, chiffrée, et sans détour.
Ces propos, tenus lors de la dernière sortie médiatique d’Abdoulaye Fall à l’occasion d’une assemblée festive à Dakar, s’inscrivent dans une prise de parole d’une dizaine de minutes au cours de laquelle le président s’est livré à un long exercice de victimisation. Il y accuse le Maroc d’un accueil prétendument chaotique et dangereux à Rabat pour les Lions de la Téranga, allant jusqu’à le désigner comme un acteur central des décisions continentales.
Lire aussi : Finale de la CAN: une décision disciplinaire de la CAF clémente avec le Sénégal, sévère et controversée pour le Maroc
Le tout, alors même que la CAF était en train d’examiner les dossiers disciplinaires liés à une finale clairement gâchée par le comportement de la délégation sénégalaise.
Les sanctions sont désormais connues. Achraf Hakimi écope de deux matches de suspension, dont un avec sursis, pour comportement antisportif. Ismaël Saibari est suspendu trois matches, assortis d’une amende de 100.000 dollars. La FRMF, de son côté, est lourdement sanctionnée: 200.000 dollars pour le comportement des ramasseurs de balles, 100.000 dollars pour l’intrusion de joueurs et membres du staff dans la zone VAR, et 15.000 dollars pour l’usage de lasers par des supporters.
En somme, le Maroc écope de 415.000 dollars d’amende. Côté sénégalais, la facture grimpe à 715.000 dollars, soit 300.000 dollars de plus.
Morocco's midfielder #17 Abde Ezzalzouli, Senegal's defender #24 Antoine Mendy and Morocco's midfielder #11 Ismael Saibari vie during the Africa Cup of Nations (CAN) final football match between Senegal and Morocco at the Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on January 18, 2026. (Photo by Paul ELLIS / AFP). AFP
Une différence qui dit tout entre un pays accusé à tort de tirer les ficelles, et une entière délégation dont le comportement a réellement enfreint les règles.
Et pourtant, entre la finale et l’annonce des sanctions, les accusations venues du Sénégal ont été d’une violence rare. Injustes. Excessives. Dirigées contre un pays hôte resté silencieux, qui venait pourtant d’organiser ce que beaucoup considèrent comme la meilleure CAN de l’histoire, et qui a volontairement évité toute escalade médiatique pour ne pas envenimer davantage la situation. Et même ces accusations, n’ont pas eu de portée.
À cela s’ajoute un élément clé: le rejet pur et simple de la réclamation déposée par la FRMF. Le Maroc invoquait des violations des articles 82 et 84 du Règlement de la CAN par la FSF, notamment le fait le plus grave de cette finale, soit le retrait des joueurs sénégalais du terrain. Une faute majeure, la plus importante même, qui n’a finalement pas été sanctionnée à la hauteur de son impact sur le jeu.
Enfin, Pape Thiaw écope de cinq matches de suspension CAF et d’une amende de 100.000 dollars, tandis que deux joueurs sénégalais sont suspendus deux matches pour leur attitude insultante envers l’arbitre. En face, Hakimi et Saibari prennent respectivement deux et trois matches pour leur réaction face au tumulte provoqué par les Sénégalais.
Ismaël Saibari écope d’une suspension plus lourde que celle infligée aux deux joueurs sénégalais pourtant sanctionnés pour manque de respect envers l’arbitre, voire envers la CAF. Une décision difficilement compréhensible, tant le Marocain n’a réagi qu’à chaud, dans un contexte de faits de jeu ayant fait monter la tension au paroxysme lors de la finale.
Des sanctions qui, à l’arrivée, étaient censées réparer le football, mais qui sont finalement presque équilibrées, entre deux pays qui, pourtant, n’avaient clairement pas la même responsabilité dans le chaos de cette finale. Une sévérité implacable envers les hôtes, pendant que le laxisme règne pour ceux qui ont enfreint la loi.
Alors, vraiment, qui contrôle la CAF?
















