Le rideau est tombé, et pour une fois, la pièce ne finit pas en tragédie pour l’équité. La décision rendue répond enfin aux exigences du droit, de la morale sportive et du bon sens : le Jury d’Appel a déclaré la réserve de la FRMF recevable et fondée, balayant d’un revers de manche les errements du Jury Disciplinaire.
La loi, rien que la loi: de Tanger à Lagouira
Ce verdict est avant tout le triomphe d’une vertu cardinale: la résilience institutionnelle. Face aux assauts médiatiques coordonnés et aux pressions de coulisses qui ressemblaient davantage à des intrigues de bas étage qu’à de la diplomatie sportive, la Fédération royale marocaine de football a fait preuve d’une foi inébranlable dans la force des règlements. C’est la victoire éclatante du droit sur l’agitation, du texte sacré sur le prétexte fallacieux.
Cette ténacité porte une signature: celle de son Président. Là où d’autres auraient cédé à l’agitation ou à la polémique stérile, Fouzi Lekjaa a maintenu le cap avec une sérénité chirurgicale, privilégiant le droit et l’application stricto sensu des textes. Cette victoire juridique a déclenché une vague de liesse légitime qui a déferlé sur tout le Royaume, de Tanger à Lagouira. C’est la célébration de la justice retrouvée, la reconnaissance d’un mérite restauré par le règlement, unifiant le pays derrière la légalité sportive.
Le rocher du droit: Articles 82 et 84
Pour les amnésiques du droit du sport et les exégètes de mauvaise foi, voici in extracto les deux piliers qui ont transformé la finale en un score de 3-0 par forfait en faveur du Maroc:
- Article 82 (Refus de jouer / Abandon de terrain): « Une équipe qui refuse de poursuivre une rencontre ou quitte le terrain avant la fin réglementaire, sans autorisation de l’arbitre, enfreint le règlement. Cela inclut le comportement des joueurs et du staff technique qui ne garantissent pas le respect des décisions arbitrales».
- Article 84 (Forfait et Élimination): « Si le refus de jouer ou l’abandon est confirmé (application de l’article 82), l’équipe est considérée comme forfait. Le score est enregistré 3-0 contre elle».
Le droit est limpide, la sanction est mécanique. Le sentiment ne saurait supplanter le règlement ; le sport s’arrête là où le droit commence.
Les funérailles du Marcophobisme: La désillusion des haineux
Évidemment, ce retour à la réalité institutionnelle a provoqué un séisme sur certains plateaux télé parisiens, algérois et cairotes, où l’ambiance était aux funérailles de première classe. Le marcophobisme, ce fonds de commerce usé jusqu’à la corde, a perdu une bataille et ses adeptes sont plongés dans une désillusion aussi profonde que leur fiel.
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Claude Le Roy, l’éternel «Sorcier Blanc» dont les prophéties s’apparentent de plus en plus à des contes de Grimm pour enfants non avertis, a feint l’indignation de salon. On connaît pourtant la musique: derrière la posture du sage offensé se cache la frustration mal digérée de n’avoir jamais pu s’asseoir sur le banc des Lions de l’Atlas. Lui qui n’en a jamais été à un appel du pied près, multipliant les clins d’œil en direction de Rabat pendant des décennies, semble aujourd’hui transformer son dépit amoureux en réquisitoire permanent.
Quant à Wael Gomaa, il a été sèchement rappelé à l’ordre par un tacle glissé mémorable de Youssef Chippo sur le plateau de beIN Sports. Alors que l’Égyptien s’érigeait en gardien d’une éthique à géométrie variable, Chippo lui a rafraîchi la mémoire avec une précision de métronome: l’Égypte a historiquement bénéficié des largesses de la CAF, des faveurs aussi monumentales et pérennes que les Pyramides de Gizeh. Une mise au point nécessaire qui renvoie Gomaa à ses propres paradoxes.
Enfin, la palme du grotesque revient à l’inénarrable Hafid Derradji. Désormais privé de micro par son employeur suite à ses sorties calamiteuses sur les réseaux sociaux, l’homme ronge son frein dans l’ombre. Réduit au silence sur le terrain du commentaire, il se rabat sur son sport favori: l’arme du faible. Faute d’arguments, il cède à une marocophobie pavlovienne (sic), visant le Royaume et hurlant avec les loups pour tenter de grappiller quelques likes de survie. Ridiculiser le droit pour exister sur les réseaux sociaux est une stratégie ; s’y casser les dents est une habitude.
La guerre des récits: Au-delà du TAS
Mais ne nous y trompons pas. Si la victoire actuelle est juridique, le combat qui s’annonce avant le recours inéluctable devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) impose un corollaire stratégique: une occupation intelligente et agressive de l’espace médiatique international. Le Maroc ne doit pas seulement avoir raison dans le secret des délibérations de Lausanne ; il doit imposer son récit sous les projecteurs du monde. Face à la désinformation, notre réponse doit être un storytelling d’excellence, capable de transformer la froideur des règlements en une cause universelle pour l’éthique sportive. La victoire marocaine doit être totale: elle doit être à la fois juridique et médiatique.
La CAF et «My Brother»: L’art de la tergiversation
Pourtant, si le verdict est juste, le processus a été laborieux. Voir la CAF tergiverser pendant deux mois sur des évidences filmées laisse perplexe. Mais peut-on s’étonner de cette lenteur de la part de l’instance présidée par « My Brother » Patrice Motsepe ? On gère l’urgence avec la célérité d’un escargot sur une plaque de marbre. Cette inertie ne fait que nourrir les fantasmes. Gouverner, c’est prévoir. Au Caire, on semble préférer la politique de l’autruche.
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Ne crions pas victoire trop vite. Ce n’est qu’une bataille gagnée en attendant le dernier acte. Car dans ce football africain où la rumeur l’emporte souvent sur la réalité, le chemin de la vérité est parfois semé d’embûches. Restons vigilants, car comme le dit le proverbe: «La vérité est comme le soleil. Elle peut être tamisée, mais elle ne s’éteint jamais».
Et pour ceux qui s’époumonent encore à nier l’évidence des textes, rappelez-vous ce dicton de chez nous, aussi percutant qu’un verdict sans appel: «Les « Berrahs » crient... et le Boraq passe».








