Pourquoi le Maroc devrait remporter son quart face au Cameroun...

Aziz Daouda. khadija Sabbar / Le360

ChroniqueDans une compétition aussi imprévisible que la CAN, l’élimination surprise reste toujours possible. Mais aujourd’hui, les signaux statistiques penchent nettement en faveur du Maroc.

Le 09/01/2026 à 13h18

Le quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 entre le Maroc et le Cameroun, programmé le 9 janvier 2026 au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, s’annonce comme le choc le plus brûlant de ces quarts. Une affiche au goût de revanche, qui ravive forcément le souvenir de la CAN 1988.

Mais nous sommes en 2025, et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis. Pays hôte et toujours invaincus, les Lions de l’Atlas affichent une maîtrise globale impressionnante : 7 buts inscrits pour un seul encaissé, sur penalty, en quatre rencontres. Une efficacité supérieure à celle des Lions Indomptables, auteurs de 6 buts pour 3 encaissés. Cette domination chiffrée, portée par l’étincelle Brahim Díaz, l’efficacité d’El Kaabi, un milieu récupérateur à toute épreuve, une défense rugueuse et l’appui d’un public acquis à la cause, place logiquement le Maroc en favori d’un duel technico-tactique de très haut niveau.

Même si certains observateurs jugent le parcours marocain perfectible, il n’en demeure pas moins redoutablement efficace, et ce malgré la perte de deux pièces maîtresses: Romain Saïss et, plus encore, le maître à jouer Azzedine Ounahi.

Les Lions de l’Atlas ont survolé le groupe A avec 7 points: une victoire clinique (2-0) contre les Comores, un festival offensif (3-0) face à la Zambie, et un nul (1-1) devant le Mali. Une polyvalence rare, confirmée en huitième de finale par un succès maîtrisé (1-0) contre la Tanzanie. Trois clean sheets en quatre matchs, une défense de fer articulée autour de Yassine Bounou, Nayef Aguerd et Noussair Mazraoui, parfaitement protégée par un Neil El Aynaoui infatigable. Le seul but encaissé l’a été sur penalty face au Mali. Au total, une différence de buts de +6, symbole d’une équipe disciplinée et résolument tournée vers le sacre continental à domicile. Et encore, Achraf Hakimi ne faisait que retrouver le rythme lors de la dernière sortie.

Face à eux, le Cameroun présente un visage solide mais encore perfectible. Jeune, parfois décousue, la sélection des Lions Indomptables a montré des limites dans le jeu collectif. Pour autant, sa marge de progression reste importante, et une montée en puissance n’est jamais à exclure à ce stade de la compétition.

Le Cameroun a terminé en tête du groupe F avec 7 points: une courte victoire contre le Gabon (1-0), un nul accroché face à la Côte d’Ivoire (1-1) et un succès laborieux contre le Mozambique (2-1). Les buts encaissés en phase de groupes ont déjà mis en lumière certaines fragilités défensives. En huitième de finale, la victoire (2-1) face à l’Afrique du Sud a révélé du caractère, mais aussi des failles, notamment sur erreur individuelle. Moins tranchants offensivement, avec seulement 6 buts inscrits, les Camerounais s’en remettent davantage à un réalisme opportuniste qu’à une réelle fluidité collective.

Le Maroc lui profite d’un Brahim Díaz, maestro en pleine lumière. Il vit sans doute son âge d’or en CAN: 4 buts en 4 matchs, un record historique pour un joueur marocain sur une phase finale, dont un bijou à la 64e minute face à la Tanzanie. Premier Lion de l’Atlas à marquer lors de matchs consécutifs, le Madrilène excelle dans les petits espaces. À ses côtés, Ayoub El Kaabi (3 buts) joue parfaitement son rôle de finisseur. Face à une défense camerounaise solide, mais parfois hésitante.

La domination marocaine se reflète aussi dans les statistiques collectives: 2.184 passes réussies, 89% de précision, 71% de possession face à la Tanzanie. Une maîtrise totale du tempo. Achraf Hakimi, de retour avec une passe décisive, promet d’animer un couloir droit infernal, tandis que Bilal El Khannouss, encore en phase d’adaptation, commence déjà à dicter le rythme au milieu. À l’inverse, le Cameroun plafonne à 77% de précision et 43% de possession moyenne.

D’autres paramètres, psychologiques et historiques, jouent également en faveur des Lions de l’Atlas. Invaincus depuis 23 matchs, portés par un public en fusion à Rabat, les Marocains évolueront dans une ambiance rappelant celle du Mondial 2022. Certes, l’historique global reste favorable au Cameroun (6 victoires, 5 nuls, 2 défaites en 13 confrontations), et les Lions Indomptables demeurent invaincus face au Maroc en phase finale de CAN. Mais les deux dernières confrontations ont tourné à l’avantage des Marocains: 1-0 en qualifications pour la CAN 2019, puis un cinglant 4-0 lors du CHAN 2020.

Ce quart de finale s’apparente donc à un bras de fer générationnel. La fraîcheur marocaine, le temps de jeu mieux réparti et l’adaptation parfaite aux conditions locales semblent toutefois peser face à l’expérience camerounaise. Tous ces éléments dessinent le scénario d’un Maroc conquérant, en quête d’une deuxième étoile, dont le verdict tombera au coup de sifflet final, vendredi soir, aux alentours de 22 heures, au complexe Moulay Abdellah.

Dans une compétition aussi imprévisible que la CAN, l’élimination surprise reste toujours possible. Mais aujourd’hui, les signaux statistiques penchent nettement en faveur du Maroc: une meilleure production offensive, une défense plus hermétique (1 but encaissé contre 3 pour le Cameroun), une maîtrise collective du ballon et du rythme, deux buteurs en pleine confiance (Díaz et El Kaabi) et l’avantage du terrain et le soutien populaire.

Autant d’éléments objectifs qui plaident pour un succès marocain dans ce quart de finale à très haute intensité.

Par Aziz Daouda
Le 09/01/2026 à 13h18