Scandale de la finale de la CAN: la révélation du responsable de l’arbitrage qui fragilise la version officielle de la CAF

Finale de la Coupe d'Afrique des Nations entre le Maroc et le Sénégal, disputée le 18 janvier 2026 au complexe Moulay Abdellah de Rabat.

Une déclaration attribuée au président de la Commission des arbitres de la CAF relance la polémique autour de la finale chaotique de la CAN 2025. Alors que la fédération marocaine a fait appel du verdict disciplinaire, l’instance continentale se retrouve confrontée à une question bien plus sensible: la rencontre a-t-elle été maintenue coûte que coûte?

Le 13/02/2026 à 18h53

Patrice Motsepe comptait sur la réunion du Comité exécutif de la Confédération africaine de football, tenue vendredi à Dar es Salaam, pour tenter de refermer définitivement le dossier de la finale chaotique de la CAN 2025. Elle pourrait au contraire l’embraser à nouveau.

Dans un article publié le même jour, le média qatari WinWin rapporte des propos attribués au Congolais Olivier Safari Kabene, président de la Commission des arbitres de la CAF, lors des discussions internes. Une déclaration lourde de conséquences: «Tous les joueurs sénégalais ayant quitté le terrain auraient dû être avertis immédiatement à leur retour, mais nous avons donné des instructions de ne pas le faire afin de préserver le match et éviter son arrêt avant la fin du temps réglementaire».

Si ces propos sont confirmés, ils offriraient une lecture totalement nouvelle d’une finale déjà parmi les plus controversées de l’histoire récente de la compétition.

La rencontre s’est transformée, en quelques minutes, en scènes d’une désolation inédite : retrait des joueurs sénégalais, match interrompu pendant seize interminables minutes, tribunes en ébullition, spectateurs sénégalais envahissant la pelouse, agressant les stadiers et vandalisant les équipements du stade… Le tout sous les yeux de Gianni Infantino, président de la FIFA, et de Patrice Motsepe, président de la CAF.

Quelques jours plus tard, le jury disciplinaire de la CAF rendait sa décision. Officiellement, les deux camps étaient sanctionnés. Dans la lecture juridique, la qualification principale semblait pourtant évitée.

Côté sénégalais: le sélectionneur Pape Bouna Thiaw suspendu cinq matches et 100.000 dollars d’amende, Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr suspendus deux matches, ainsi que 615.000 dollars d’amendes contre la fédération sénégalaise. Mais aucune qualification explicite d’abandon ou de refus de jouer n’est retenue.

Côté marocain: Achraf Hakimi suspendu deux matches dont un avec sursis, Ismaël Saibari suspendu trois matches et 100.000 dollars d’amende, 200.000 dollars pour le comportement des ramasseurs de balles, 100.000 dollars pour intrusion dans la zone VAR et 15.000 dollars pour usage de lasers. La réclamation introduite par la FRMF sur la base des articles 82 et 84 du règlement a été rejetée. La Fédération royale marocaine de football a toutefois décidé de faire appel.

Dans ce contexte, la phrase rapportée par WinWin prend une dimension majeure. Si des instructions ont réellement été données pour éviter d’avertir immédiatement les joueurs afin d’empêcher l’arrêt du match, alors l’absence de qualification disciplinaire principale ne serait plus un simple choix juridique. Elle deviendrait la conséquence directe d’une décision prise pendant la rencontre. Autrement dit, la finale n’aurait pas seulement été mal gérée: elle aurait été maintenue à tout prix.

Cela placerait la CAF dans une situation très inconfortable. La question ne porterait plus sur l’interprétation arbitrale, mais sur le respect d’un principe fondamental: la loi du jeu doit s’appliquer indépendamment des conséquences sportives.

Ce scénario expliquerait également pourquoi la commission disciplinaire a évité de statuer sur l’acte déclencheur du chaos et renforcerait le sentiment largement exprimé que le Maroc a été lésé dans cette finale.

Si la déclaration attribuée à Kabene est authentifiée, elle deviendra un élément central du dossier, désormais devant la Commission d’appel de la CAF.

Par Adil Azeroual
Le 13/02/2026 à 18h53