Coup de gueule passager ou clap de fin? L’attaquant portugais a quitté mercredi le rassemblement de la sélection à Copenhague, à la veille du match de Ligue des nations contre le Danemark, sur fond de tensions avec le sélectionneur Jorge Jesus.
Pour l’heure, Ronaldo, qui évolue au club saoudien d’Al-Nassr, n’a pas annoncé la fin de sa carrière internationale. Mais son départ soudain relance les interrogations sur la suite de son parcours avec la sélection portugaise.
Le malaise était apparu dimanche à Oslo, après la victoire du Portugal contre la Norvège (2-1).
Resté sur le banc pendant toute la rencontre, Ronaldo avait regagné directement les vestiaires au coup de sifflet final, sans saluer les supporters.
En conférence de presse mercredi, Jorge Jesus avait tenté de minimiser l’épisode tout en réaffirmant son autorité sur le groupe.
«Le statut ne donne pas des droits», avait-t-il déclaré rappelant que les décisions concernant la composition de l’équipe lui appartenaient.
Risque de suspension
Quelques heures plus tard, le capitaine quittait pourtant le rassemblement, s’envolant pour Madrid à bord de son jet privé.
Selon le journaliste espagnol Edu Aguirre, présenté comme un proche du joueur, cité dans les médias portugais, l’attaquant portugais se serait senti «trahi» par Jorge Jesus, à qui il reprocherait de ne pas avoir tenu ses engagements.
L’affaire a pris une telle ampleur que le Premier ministre portugais, Luis Montenegro, s’est lui-même entretenu mercredi avec le sélectionneur, selon plusieurs médias locaux.
Le départ de Ronaldo pourrait également avoir des conséquences disciplinaires.
Selon le règlement de la FPF, un joueur, qui abandonne sans justification un entraînement ou un match, peut être suspendu pour une durée comprise entre un et six mois et écoper d’une amende.
Mais au-delà d’une éventuelle sanction, c’est surtout la question de l’avenir de Ronaldo avec le Portugal qui domine les débats.
«CR7 tourne le dos à la sélection», «Fin de l’histoire, Ronaldo dit adieu à la sélection» ou encore «Ronaldo part après son clash avec Jesus»: la presse portugaise s’est largement emparée de l’affaire.
Le quotidien sportif A Bola évoque pour sa part un « triste adieu », avec une photographie de Ronaldo de dos, portant le maillot rouge frappé du N°7.
«un épilogue bien triste»
«Copenhague a réservé un épilogue bien triste à cette histoire. La tempête déclenchée au sein du groupe s’est achevée par une image bien éloignée de celle qui aurait dû être préparée depuis longtemps: un départ célébré et accompagné des remerciements par ses coéquipiers et par le peuple portugais», écrit le journal dans un article d’opinion.
Ronaldo reste le recordman des sélections et des buts du Portugal, avec 234 sélections et 146 réalisations. Depuis ses débuts internationaux en 2003, il a notamment remporté l’Euro-2016 ainsi que les éditions 2019 et 2025 de la Ligue des nations.
A 41 ans, le quintuple Ballon d’Or n’a donc, pour l’heure, pas annoncé sa retraite internationale. Mais son départ précipité, à la veille d’un match officiel, marque une nouvelle étape dans les relations désormais tendues avec le sélectionneur.
L’équipe du Portugal doit désormais envisager son avenir sans CR7. Rafael Leao apparaît déjà avec le numéro 7 de Cristiano Ronaldo sur le site officiel de l’UEFA, en vue du match contre le Danemark jeudi soir à Copenhague.
Ronaldo, qui avait récemment indiqué que cette saison serait «probablement» la dernière de sa carrière, a promis de s’expliquer sur les raisons de son départ.
Ses prochaines déclarations devraient permettre de clarifier son avenir avec la Seleçao.
