Disons-le tout de suite: le résultat obtenu face à l’une des sélections en forme de la zone Amsud n’a rien d’infâmant. Et l’Equateur, avec ses individualités de haut niveau (les Pacho, Hincapie, Ordonez, Caicedo) et son collectif bien huilé, a mis l’intensité qu’il fallait pour sérieusement bousculer les Lions de l’Atlas. Côté marocain, en face, il y avait du bon et du moins bon. Mais, étant donné le contexte particulier (premier match pour le sélectionneur, qualité de l’adversaire), il est logique d’appuyer davantage sur la moitié pleine du verre.
Passons à présent au contenu.
Ouahbi l’a dit et l’a confirmé en match: il aime jouer avec deux milieux récupérateurs. Un double rideau, donc, pour fermer la boîte derrière et pouvoir se projeter aussi, au besoin.
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Contrairement à ce qu’on répète ici et là, ce dispositif n’est pas nouveau pour les Lions de l’Atlas. Regragui l’avait plus ou moins expérimenté avec la paire Amrabat–Amellah, ce dernier étant même le spécialiste des deuxièmes ballons offensifs. La seule différence, c’est que la nouvelle paire a une meilleure tenue technique, El Aynaoui et Hrimat étant de meilleurs manieurs de ballon.
Ce choix tactique a besoin, malgré tout, d’être rodé. Il ne faut pas oublier que Hrimat honorait, à 31 ans, sa toute première sélection. Il aura sans doute besoin d’un petit temps d’adaptation. Face à l’Equateur, cela s’est vu. C’est d’ailleurs après son remplacement que le collectif a mieux tourné et qu’El Aynaoui a réussi ses meilleures projections et fini par égaliser.
Revenons au match de Mohamed Ouahbi. Sa réelle évolution tactique a été de jouer sans véritable 9. Cela explique, à reculons, le choix de ne pas convoquer le meilleur buteur de la Botola et de se passer d’En-nesyri, certes en délicatesse avec son corps. Face à l’Equateur, Ouahbi a misé sur Saibari (on ne compte pas le nombre de fois ou ce garçon a été utilisé dans des contre-emplois, déjà sous Regragui). Un pari audacieux, même s’il n’a pas fonctionné face à l’Equateur.
Mais l’intention est intéressante. Parce que l’idée, au final, est de se retrouver en supériorité numérique dans le cœur du jeu. L’Espagne a souvent joué avec ce dispositif. Le Maroc n’est pas l’Espagne, mais l’idée de densifier un milieu auquel peuvent s’ajouter même les deux latéraux revient à se présenter en «nasse»: face à une équipe comme le Brésil, premier adversaire mondialiste, cela peut s’avérer judicieux.
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Passons sur les autres retouches apportées au dispositif tactique, dont on pourra toujours discuter. Diaz, par exemple, a été utilisé sur le côté et non en 10 ou derrière l’attaquant. Et Ounahi a été essayé en animateur. Aucune de ces expériences n’a été concluante mais il ne faut pas les enterrer trop rapidement. Car le dispositif est une chose et l’animation en est une autre.
Et ce qui n’a pas marché, à l’exception du dernier quart d’heure, c’est l’animation, surtout avec le ballon. Question d’hommes ou d’automatismes? L’avenir nous le dira.
L’autre remarque, toujours tactique, concerne le coaching. Face à l’Equateur, il a été à la fois tardif et gagnant. Plus que cela, il a été assez conservateur: Ouahbi a fait du poste pour poste en cherchant à améliorer l’animation sans changer le dispositif. Ce détail est important parce qu’il en dit assez sur la mentalité du nouveau sélectionneur.
A suivre de très près lors du test du Paraguay, un adversaire réputé plus frileux et qui n’aime a priori pas prendre le jeu à son compte. Une opposition qui nous éclairera davantage sur la philosophie du nouveau sélectionneur. Changera-t-il cette fois de dispositif, surtout en cours de match? Réponse demain soir.














