Comme annoncé par Le360 Sport, Walid Regragui n’est plus le sélectionneur des Lions de l’Atlas. La Fédération royale marocaine de football (FRMF) et le technicien marocain ont trouvé un accord à l’amiable pour mettre fin à leur collaboration.
Pour lui succéder, la FRMF a confié les rênes de la sélection nationale à Mohamed Ouahbi, récent champion du monde avec les Lionceaux de l’Atlas U20, sacrés au Chili en octobre 2025.
Selon nos sources, la présentation du technicien de 49 ans devrait avoir lieu ce jeudi 5 mars au Complexe Mohammed VI de football.
Ouahbi franchit ainsi un palier et aura désormais la responsabilité de guider une sélection classée 8e au classement mondial vers ses prochaines échéances, avec l’objectif de poursuivre son ambition et de consolider sa place sur la scène internationale.
De l’enseignement aux sommets du football marocain
Né à Bruxelles le 7 septembre 1976, Mohamed Ouahbi a grandi dans le quartier de Schaerbeek. Sa passion pour le football voit le jour avec la Coupe du Monde 86, la famille encourage la Belgique, mais le cœur vibre pour le Maroc qui, dans cette édition, devient le premier pays africain à se qualifier au stade des huitièmes de finale.
Ouahbi, père de 3 enfants, a d’abord choisi la voie de l’enseignement, avant d’embrasser celle du sport. Il suit une formation d’éducateur, puis enchaîne quelques expériences dans des écoles qu’il qualifie de «difficiles».
Lors de cette période, il est approché par le Maccabi Foot Brussels (MFB), club formateur de la capitale belge, où il découvre l’importance de la pédagogie et la communication. «Le fait de travailler avec des jeunes, de préparer des séances d’entraînement, m’a beaucoup apporté», avait indiqué le technicien marocain, dans un entretien avec le Bruxelles Bondy Blog.
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«Cela m’a permis d’être plus performant à l’école et dans mes stages, parce qu’à cette époque, je n’étais pas très à l’aise devant un groupe. Je me rappelle quand je donnais cours au tout début, j’osais à peine ouvrir la bouche», confiait-il. «Le MFB m’a vraiment aidé à m’affirmer. Quand je suis arrivé dans ce club, j’avais très peu d’expérience. C’est là que j’ai découvert le métier d’entraîneur», avoue Ouahbi.
Pendant six ans au sein du club, Ouahbi découvre une approche humaine du football. Le coach est convaincu que «former un joueur, c’est d’abord former un homme».
En 2003, il devient entraîneur des jeunes du Royal Sporting Club Anderlecht, le club le plus titré de Belgique. Il y passera dix-sept années, où il entraînera des U9 jusqu’aux U21. Avec ces derniers, il atteint la demi-finale de la Youth League, le Ligue des Champions des espoirs.

«Mo» comme on l’appelle chez les Mauves, a également occupé les fonctions de coach-adjoint sous l’Albanais Besnik Hasi. Dans le prestigieux centre de Neerpede, il accompagne les générations dorées du club, notamment celle de Youri Tielemans, Adnan Januzaj, Charly Musonda Jr ou Leander Dendocker.
Titulaire d’une licence UEFA Pro, Ouahbi développe une philosophie de jeu basée sur la technique, la discipline et la responsabilité. Selon lui, «le joueur doit réfléchir, comprendre le jeu, pas seulement exécuter».
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Au-delà de son rôle d’entraîneur ou de formateur, il est aussi un mentor. Le natif de Bruxelles, a contribué au programme «Purple Talent», qui encadre les jeunes joueurs dans leurs parcours scolaire et humain.
Ses premiers pas avec les U20
«Il est arrivé là où il est aujourd’hui grâce à ses compétences, et grâce à son mode de fonctionnement. Mo est certainement l’un des coaches les plus à l’aise dans sa communication, dans sa manière d’aller chercher les jeunes là où ils sont, pour les amener là où il veut», avait souligné Jean-François Lenvain, ancien responsable de la cellule sociale d’Anderlecht.
Après près de deux décennies à Anderlecht, il tente une nouvelle expérience en 2020 en Arabie saoudite, à Al-Fateh SC. Il devient l’adjoint de son ami et ex-collègue au centre de formation d’Anderlecht, le Belge Yannick Ferrera.
Au Maroc, forcément, quand on pense à Mohamed Ouahbi, on revient directement à l’épopée des Lionceaux de l’Atlas U20 au Chili. Mais avant ce sacre historique, le technicien marocain a d’abord connu une phase de construction, marquée par une période plus discrète sur le plan des résultats.
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Nommé en 2022 par la Fédération royale marocaine de football (FRMF) à la tête des jeunes de moins de 20 ans, Ouahbi et les Lionceaux manquent d’abord la CAN de la catégorie en 2023, un premier coup d’arrêt qui oblige le coach à revoir sa copie et à poser les bases d’un nouveau cycle.
La progression se dessine trois ans plus tard, en 2025, quand les Lionceaux atteignent la finale de la CAN U20 en Égypte, confirmant l’émergence d’une génération talentueuse, portée notamment par Othmane Maamma ou encore le capitaine Hossam Essadak, malgré une défaite face à l’Afrique du Sud (0-1), au Caire.
Mais c’est une étape clé dans la maturation de ce groupe, avant l’apogée de ces mêmes joueurs quelques mois plus tard: la fameuse Coupe du monde U20 au Chili, où Ouahbi et ses Lionceaux entrent définitivement dans l’histoire.
L’homme du premier sacre mondial
Partis presque en outsiders sur l’autre rive de l’Atlantique, nichés notamment dans un «groupe de la mort» avec les U20 de l’Espagne, du Brésil et du Mexique, Ouahbi et ses Lionceaux ont imposé le respect tout au long de la compétition. Les Marocains se montrent presque impériaux, avec une seule courte défaite en phase de groupes face aux Mexicains (0-1). Mais déjà reconnu comme un technicien et un fin tacticien, Ouahbi guide un groupe talentueux lors des phases à élimination directe, contrôle les moments difficiles et anticipe les tournants décisifs.
Sous sa direction, les Lionceaux progressent avec constance, avec un schéma tactique en 4-2-3-1 et qui privilégie la maîtrise des espaces et les transitions rapides. Une configuration qui permet à Essadak et Maamma de s’exprimer pleinement, et où d’autres, à l’instar de Yassir Zabiri ou de Gessime Yassine, viennent éclore et exposer tout leur potentiel au plus haut niveau, jusqu’à la finale face à l’Albiceleste, remportée sur le score de 2-0.
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Mais au-delà des résultats et du beau jeu proposé, Ouahbi et ses jeunes ont surtout révélé un groupe uni, soudé comme une famille, résolu à montrer de quoi le Maroc était capable. Une génération qui a su embarquer tout un stade, l’Estadio Nacional de Santiago, et séduire le public chilien, tombé sous le charme de ce football marocain en pleine affirmation sur la scène mondiale.
Ouahbi a ensuite été nommé à la tête des Lionceaux de l’Atlas U23 en décembre 2025, mais n’a finalement pas eu l’occasion de diriger l’équipe, sa nomination sur le banc de la sélection A de Yassine Bounou et d’Achraf Hakimi étant intervenue dans la foulée.
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Désormais, une toute autre scène l’attend aux États-Unis, au Canada et au Mexique: la Coupe du Monde 2026 de la FIFA.
Le 13 juin prochain dans le New Jersey au MetLife Stadium pour l’entrée en lice du Maroc dans la compétition face au Brésil, Mohamed Ouahbi aura l’occasion de confirmer ce qu’il a montré en terres chiliennes, et de tenter, lui aussi, d’inscrire son nom en lettres d’or dans l’histoire de l’équipe première du Maroc.












