Il faut tout de suite évacuer une question centrale: Walid Regragui présente le meilleur bilan d’un entraineur à la tête de la sélection nationale. Il est en poste depuis 2022, ce qui constitue un cycle complet. Il a donc eu le temps de faire le tour et le reste n’est que du bonus. Ou presque.
Son bilan est extraordinaire sur le plan comptable. On ne compte plus le nombre de victoires, les records d’invincibilité. Avec lui, le Maroc a joué une demi-finale mondiale et une finale africaine, atteignant au passage le 8e rang au classement de la FIFA. Du jamais vu, pour lequel nous sommes tous redevables à cet entraineur.
Mais il n’a rien gagné! Et cela aussi, il faut le rappeler. C’est bien Regragui qui a placé la CAN comme objectif principal de sa mission, laissant entendre qu’il remettrait les clés si la victoire, et rien que la victoire, n’était pas au rendez-vous…
A quatre mois d’un Mondial très attendu, où le Maroc à un statut de demi-finaliste à défendre, il est logique, voire impératif de s’interroger sur l’état d’esprit du sélectionneur. Surtout après une CAN où il a été chahuté, et parfois contesté.
Regragui n’a pas raté sa CAN, mais il a raté son objectif. Cet échec n’est pas de nature à remettre en cause l’ensemble de son «œuvre», comme certains l’ont fait, mais il y a un besoin de clarté. Ce n’est pas l’aspect technico-tactique qui est en cause. Au-delà du choix de son groupe (beaucoup trop de blessés), qui interpelle, c’est surtout la gestion mentale, pourtant le point fort habituel de Regragui, qui a semblé défaillant.
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En finale, par exemple, Regragui a été le premier à craquer nerveusement. Le maillon faible, c’était lui. Lors des événements qui ont entouré la fin de match, il a totalement perdu le contrôle, oubliant de protéger ses joueurs et de se concentrer sur le penalty qui restait à tirer…
Cet aspect psychologique a lourdement pesé sur l’issue de la finale, confortant cette tendance à la «Belmadisation» qui menace le sélectionneur marocain depuis quelque temps déjà. Rappelons-nous, il y a 4 ans, Vahid a été éjecté de la sélection pour les mêmes motifs de «Belmadisation» (entêtement et surexcitation, prompts au dérapage). Ce risque existe parce que le pire c’est de voir un entraineur communiquer son stress à ses joueurs. Alors que son rôle, justement, c’est d’absorber toute cette énergie négative et de jouer les tampons.
C’est à Regragui et à sa hiérarchie de tirer certaines choses au clair. C’est le moment ou jamais. Quelle est la disposition mentale du coach? Quel est l’objectif qui lui est désormais assigné et avec quelle perspective dans le temps? Avec quel staff technique pour l’épauler?
Est-ce que Regragui est prêt? Si oui, comme on peut le souhaiter, Regragui et la fédération doivent le clarifier. Sinon, il faut tourner la page de cet homme qui a tant apporté au football marocain et que personne n’oubliera.
Le 13 juin prochain, le Maroc affrontera le Brésil avec un statut à défendre. Au Mondial 2022, le Maroc avait fini loin devant la Seleçao. Voilà qui situe le niveau de responsabilité et d’exigence qui attendent le sélectionneur des Lions de l’Atlas…




