Le Manifeste de Kigali: Une Coupe du Monde par et pour l’Afrique
Tout a commencé ce 14 mars 2023. En marge du congrès électif de la FIFA à Kigali, le Message de Sa Majesté a agi comme un coup de tonnerre. Ce n’était pas une simple candidature, c’était un manifeste de souveraineté africaine. Dans cette configuration unique d’un Mondial sur deux continents, le Maroc ne vient pas en «appoint» ; il est celui qui exige une égalité de traitement. Finie l’époque où le continent n’était qu’un décor ; en 2030, il sera l’un des architectes centraux du projet.
Le Mirage de Madrid: Un Tango d’indécision et l’ombre de 2027
Pendant que Rabat planifie, Madrid danse le tango: un pas en avant, deux pas en arrière. Le gouvernement Sanchez survit par décrets, mais le vrai séisme est à venir: les élections de 2027. L’hypothèse d’une arrivée au pouvoir d’une coalition entre la droite et l’extrême droite fait peser une hypothèque lourde sur le dossier. Face à cette incertitude, le Maroc oppose la stabilité souveraine d’une vision d’État, pérenne et inébranlable.
La RFEF en plein marasme: Entre «En attendant Godot» et le «Titanic»
Le spectacle continue avec une RFEF en plein marasme, encore hébétée par les répliques sismiques de l’affaire Rubiales. On assiste à une quête désespérée de légitimité de la part de son nouveau président, Rafael Louzán. La RFEF nous joue sa version d’«En attendant Godot»: on y discute de la finale avec une ferveur beckettienne, attendant un miracle ou une décision qui ne viendra jamais d’une fédération en ruines.
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Le comble du ridicule? Louzán, qui n’occupe qu’un rôle purement consultatif, s’est cru investi d’un pouvoir d’arbitrage. Comme dirait le grand Jacques Brel, il «voudrait avoir l’air, mais n’a pas l’air du tout». Ce coup de Jarnac n’est que l’aveu d’une panique. C’est le «Charme discret de la bourgeoisie» de Luis Buñuel: des dirigeants paradant dans un dîner de gala où ils n’ont aucun pouvoir sur le menu. Attention toutefois: à force de nier l’évidence, le dossier espagnol prend des airs de Titanic. L’orchestre de Louzán peut bien continuer à jouer, les cales de l’organisation prennent l’eau de toutes parts.
L’Harpagon Picsou et les calculs d’apothicaire
D’un côté, on murmure le désistement du Metropolitano pour des raisons de profit immédiat: l’Espagne nous joue sa version du grippe-sou avec cet «Harpagon Picsou» de l’Atletico. De l’autre, le Real Madrid s’enferme dans des calculs d’apothicaire froids, privilégiant ses loges VIP au prestige national. On nage en plein surréalisme: une fédération qui rêve de grandeur mais qui voit son projet sans cesse interrompu par des querelles de clocher.
Sécurité, Water-polo et Horloges Molles: Le vernis craque
Le débat sur les sites confine au gag: Malaga qui renonce (pour le grand malheur d’Antonio Banderas), Valence qui bégaye, et le chantier du Camp Nou qui semble tout droit sorti d’une toile de Dali où les horloges molles marquent le temps des retards. Pire encore, lors des fortes précipitations, l’enceinte catalane finit par ressembler davantage à une piscine de water-polo qu’à un temple du football. Sur le plan de la sécurité, les violents incidents au stade El Sadar égratignent l’image d’une Europe exemplaire, tandis que la répétition de cas isolés de racisme envers Vinicius Jr pose une question éthique lourde à la FIFA.
Soigner le narratif: La bataille du Smart Power
C’est ici que le Maroc doit frapper fort. Le match se joue sur la table de négociation et dans le narratif mondial. Le Royaume ne se contente plus de séduire, il doit désormais déployer son Smart Power: cette alliance redoutable entre diplomatie agile et force de frappe infrastructurelle.
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Le Maroc s’impose comme le seul «Global Player» capable de stabiliser ce projet. Nous brandissons un argument imbattable: le Grand Stade Hassan II et ses 115.000 places. Mais au-delà de ce colosse, c’est tout un écosystème qui s’affirme: nos installations à Rabat et Tanger rivalisent déjà avec les meilleures arènes au monde, en attendant la montée en puissance de celles de Marrakech, Agadir et Fès. Face à l’incertitude ibérique, ce déploiement est la réponse implacable.
Un accélérateur de développement et des «Stress Tests» permanents
Organiser ce Mondial est avant tout un puissant accélérateur de développement. Ce n’est pas une fête d’un mois, mais un levier stratégique pour moderniser nos infrastructures et dynamiser nos régions. Le Maroc multiplie d’ailleurs les stress tests grandeur nature: après la CAN 2025, nous enchaînerons avec la WAFCON 2026, une possible CAN 2028, et l’hypothèse d’un Mondial des clubs à 48 en 2029. En 2030, le Maroc sera un vétéran rodé aux exigences les plus folles.
Rigueur marocaine: S’auto-évaluer et faire preuve de résilience
La force du Royaume réside dans sa capacité à s’auto-évaluer. C’est là que le Maroc fait preuve d’une résilience exemplaire, loin des matraques d’El Sadar ou des trahisons d’un Louzán en apnée. Nous savons gérer les crises avec tact et sang-froid, et cet œil noir de la FIFA qui nous regarde apprécie cette rigueur.
Conclusion: L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt
Soyons clairs: nous sommes unis par l’histoire et un destin commun. Ce pont que nous jetons sur le Détroit possède des fondations millénaires. Que les nostalgiques de l’hégémonie lèvent les yeux: la Giralda de Séville, la Koutoubia de Marrakech et la Tour Hassan de Rabat sont trois sœurs nées d’une même vision. En 2030, elles ne feront que se donner la main à nouveau.
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Mais l’Espagne doit comprendre que sur ce pont, le Maroc marche désormais à la même vitesse, sinon plus vite. Le Cid (Al-Sayyid) a remplacé le Toreador, et il regarde Don Quichotte se leurrer sur son potentiel et se battre contre les moulins à vent. Comme le chantaient les Trois Ténors, nous pourrions entonner un «Amigos para siempre», mais la courtoisie s’arrête là où l’ambition commence. Julio Iglesias disait: «La vida sigue igual...». Mais dans cette vie, le Royaume a déjà plusieurs longueurs d’avance. Olé!
