Raja: qui est Paco Jémez, le nouveau coach des Verts?

Paco Jémez, nouvel entraîneur du Raja de Casablanca

Entraîneur audacieux, adepte d’un football résolument tourné vers l’avant, Paco Jémez a bâti sa réputation sur un jeu offensif où la possession et le pressing occupent une place centrale. Ancien international espagnol, le technicien de 56 ans, révélé sur le banc du Rayo Vallecano, s’apprête désormais à découvrir le football marocain en prenant les commandes du Raja de Casablanca, où il succède à Nasreddine Nabi, démis de ses fonctions. Portrait.

Le 01/09/2026 à 11h39

Le Raja de Casablanca a décidé de tourner la page Nasreddine Nabi. Le club vert a annoncé, ce lundi 31 août, la fin de la mission du technicien à la tête de l’équipe première, précisant que cette séparation intervient «dans le plein respect des dispositions contractuelles régissant la relation entre les deux parties».

Dans son communiqué, le Raja a également tenu à remercier son désormais ex-entraîneur «pour le travail accompli durant son passage à la tête de l’équipe», tout en lui souhaitant «pleine réussite et beaucoup de succès pour la suite de sa carrière professionnelle».

Pour lui succéder, les dirigeants rajaouis ont jeté leur dévolu sur Paco Jémez. Le technicien espagnol de 56 ans sera officiellement annoncé ce mardi 1er septembre comme nouvel entraîneur des Verts. Un choix qui devrait amener sur le banc du Raja un entraîneur au tempérament affirmé, connu pour ses convictions offensives et son goût prononcé pour un football tourné vers l’avant.

Né le 18 avril 1970 à Las Palmas de Gran Canaria, Francisco Jémez Martín, plus connu sous le nom de Paco Jémez, baigne dans le football espagnol depuis le début des années 1990. Avant de devenir entraîneur, il a connu une longue carrière de défenseur central, construite essentiellement en Liga.

Passé par Córdoba, le Real Murcie, le Rayo Vallecano, le Deportivo La Corogne et le Real Saragosse, Jémez s’est notamment constitué un joli palmarès dans les années 1990 et au début des années 2000. Avec le Deportivo, il remporte la Coupe du Roi en 1995, puis la Supercoupe d’Espagne quelques mois plus tard. Il ajoute une deuxième Coupe du Roi à son palmarès en 2001, cette fois avec Saragosse.

Ses performances en club lui ouvrent également les portes de la Roja. Appelé pour la première fois en 1998, il totalise 21 sélections avec l’Espagne et participe à l’Euro 2000. Il est notamment titulaire lors du quart de finale perdu face à la France (2-1). Sa carrière de joueur s’achève en 2006, après une dernière expérience au CD Lugo.

Jémez ne reste pas longtemps éloigné des terrains. Il débute sa reconversion sur le banc du RSD Alcalá, avant de diriger Córdoba, Carthagène puis Las Palmas. Mais c’est au Rayo Vallecano, un club dont il avait déjà défendu les couleurs comme joueur, que son nom va véritablement s’installer dans le paysage des entraîneurs espagnols.

Lorsqu’il prend les commandes du Rayo en 2012, Jémez ne tarde pas à imposer sa patte. Son équipe veut le ballon, construit depuis l’arrière, presse haut et refuse de renoncer à ses principes, y compris face aux cadors de Liga. Dès sa première saison, il conduit le club madrilène à la huitième place du championnat, le meilleur classement de son histoire.

Les résultats comptent, mais c’est surtout la manière qui fait parler. Avec un effectif et des moyens sans commune mesure avec ceux des géants espagnols, le Rayo joue sans complexe. Une audace qui séduit jusqu’à certains des plus grands noms du football européen.

Xavi Hernández ne cachait ainsi pas son plaisir à regarder évoluer l’équipe de Jémez. «En ce moment, je regarde les matches du Rayo Vallecano. Je passe du bon temps avec eux: ils ne perdent pas le ballon, ils vont de l’avant. Ils jouent comme j’aime», confiait l’ancien milieu du FC Barcelone à So Foot.

Carlo Ancelotti, alors sur le banc du Real Madrid, avait lui aussi salué le travail de l’Espagnol: «J’aime ce que fait le Rayo avec Paco Jémez. Ils ont une identité de jeu».

Cette identité, Jémez refuse pourtant de l’enfermer dans un système. S’il a régulièrement utilisé le 4-2-3-1, il ne se définit pas comme un entraîneur attaché à un dispositif immuable. Ce qui l’intéresse davantage, ce sont les mouvements, les zones de récupération et la manière dont son équipe occupe le terrain.

«L’important, c’est où et quand une équipe presse, comment elle se replace. C’est comment et dans quelle position on arrive dans la surface adverse», expliquait-il en 2014 à L’Équipe. Des principes nourris par les entraîneurs croisés durant sa carrière de joueur, avec notamment une influence revendiquée de José Antonio Camacho, son ancien sélectionneur avec l’Espagne.

Une idée revient d’ailleurs régulièrement dans son discours: le spectacle ne doit pas être sacrifié sur l’autel du résultat. «Moi, je veux faire plaisir au public», résumait-il dans le même entretien. Une phrase qui prend forcément une résonance particulière au moment de s’installer sur le banc du Raja.

Après quatre saisons au Rayo, Jémez quitte Madrid en 2016 pour Grenade. Il tente ensuite l’aventure au Mexique avec Cruz Azul, avant de retrouver Las Palmas puis le Rayo pour un deuxième passage. Sa carrière le conduit ensuite à l’UD Ibiza, puis en Iran, où il prend les commandes de Tractor SC.

En janvier 2026, il découvre également la Premier League en intégrant le staff de Nuno Espírito Santo à West Ham, alors engagé dans la lutte pour le maintien. Une parenthèse de quelques mois qui prend fin le 6 juillet, au terme de son contrat avec les Hammers.

Le Raja s’apprête donc à confier son équipe à un entraîneur qui n’a jamais caché ses convictions. Après l’Espagne, le Mexique, l’Iran et un passage par l’Angleterre comme adjoint, Paco Jémez va découvrir pour la première fois le football africain.

À Casablanca, il trouvera surtout un contexte où la patience est rarement une donnée acquise. Le résultat y est une obligation, mais la manière compte également aux yeux d’un public particulièrement exigeant sur l’identité de son équipe. Pour un entraîneur qui répète depuis des années vouloir «faire plaisir au public», le Raja constitue à la fois un terrain idéal pour ses idées et un défi à la mesure de son caractère.

Par Omar Nabile
Le 01/09/2026 à 11h39