Botola: en attendant la réforme…

L'entrée des joueurs du Raja et du FUS avant leur match comptant pour la 16e journée de Botola, le dimanche 26 avril 2026.

ChroniqueCombien de clubs, aujourd’hui, seraient capables de répondre à un vrai cahier de charges? Ni 20, ni encore 16, certainement moins, beaucoup moins.

Le 24/08/2026 à 09h51

A quelque chose malheur est bon. Le débat autour d’une Botola à 20 clubs a eu le mérite, au moins, de jeter la lumière sur une question qui taraude les esprits: que faut-il faire pour rehausser le niveau d’un championnat qui semble marquer le pas?

Passer de 16 clubs d’élite à 20 n’aurait servi à rien. Bien au contraire. La Fédération a déjà du mal à organiser un championnat à 16. On l’a vu la saison dernière, qui s’est clôturée sur le tard, dans une quasi indifférence générale. Et sans la Coupe du trône s’il vous plait, «reportée» à la saison suivante.

Il faut ouvrir ici une parenthèse pour rappeler que la dernière fois où le championnat national a été «augmenté» à 20 clubs, voire à 24 (deux groupes de 12 + playoff), c’était dans les années 1980. Et la raison était simple: la possibilité de repêcher certains clubs relégués.

C’était du n’importe quoi et, fort heureusement, cette époque où les intérêts politiques primaient sur le reste est révolue.

Aujourd’hui, et avec l’exposition extraordinaire que nous offre l’équipe nationale, il faut trouver le moyen pour que la Botola puisse produire des joueurs, ou des projets de joueurs, de très haut niveau. Le «gap» entre les clubs et la sélection est flagrant, à la limite gênant. La distance et la différence de niveau entre les deux sont trop importantes et il s’agit de les réduire.

Mais il ne suffit pas de le décréter. Il faut agir, c’est-à-dire imposer des mesures. On ne peut pas se reposer sur la seule Académie Mohammed VI (qui fait de l’excellent boulot, soit dit au passage). La formation et l’incorporation des jeunes doivent figurer dans les Cahiers de charges imposées aux clubs d’élite.

En dehors de Touarga et du FUS de Rabat, qui ont certes l’avantage d’évoluer sans réelle pression populaire, peu de clubs osent intégrer les jeunes joueurs dans leurs effectifs. Certains n’en forment aucun. Et quand on parle de «jeunes joueurs», on entend les U20, qui représentent aujourd’hui une minorité dans la Botola.

S’il y a une réforme à mener, elle doit être à ce niveau. Les clubs qui composent l’élite ou désirant y accéder doivent répondre à certaines conditions. Il faut, bien sûr, présenter une comptabilité saine. Mais il faut aussi donner des gages quant à la viabilité du centre de formation (quand il existe) et respecter un quota de jeunes formés au club.

Combien de clubs, aujourd’hui, seraient capables de répondre à un tel cahier de charges? Ni 20, ni encore 16, certainement moins, beaucoup moins.

Sur les dernières éditions de la Botola, beaucoup de clubs auraient mérité une relégation administrative, sans attendre la sanction du terrain. Exemple de la saison 2024-2025, que le Chabab de Mohammedia a achevé avec le total extraordinairement famélique de 4 petits points. Avec une réglementation plus sévère, et faute de garanties, le Chabab n’aurait jamais dû prendre part au GNF1 cette saison-là.

En attendant une réforme, espérons donc que les 16 clubs qui se présenteront au coup d’envoi de la nouvelle édition de la Botola soient tous prêts, au moins sur le papier.

Par Footix marocain
Le 24/08/2026 à 09h51