Finale de la CAN: la FRMF fait appel après un verdict disciplinaire qui suscite l’indignation

Finale de la Coupe d'Afrique des Nations entre le Maroc et le Sénégal, disputée le 18 janvier 2026 au complexe Moulay Abdellah de Rabat.

La Fédération royale marocaine de football (FRMF) a décidé de faire appel des sanctions prononcées par la CAF après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 face au Sénégal.

Le 03/02/2026 à 14h17

La Fédération royale marocaine de football (FRMF) a décidé d’engager officiellement une procédure d’appel contre les sanctions prononcées par le Jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF) à la suite des incidents ayant marqué la finale de la CAN 2025 face au Sénégal.

«Considérant que les sanctions prononcées par la Commission de discipline ne sont pas proportionnelles à la gravité et à la dangerosité de ces faits, comme l’a d’ailleurs souligné la correspondance officielle adressée par le président de la Fédération royale marocaine de football à son homologue de la Confédération africaine de football, et soucieuse de préserver l’ensemble des droits que lui garantit la loi, la Fédération royale marocaine de football a décidé d’interjeter appel de ces décisions», peut-on lire dans un communiqué publié sur le site officiel de la FRMF.

Pour rappel, la CAF a infligé plusieurs sanctions directes à des joueurs marocains et à la fédération.

Achraf Hakimi a été suspendu pour deux matches officiels de la CAF, dont un avec sursis pendant un an, pour comportement antisportif. Ismaël Saibari a écopé d’une suspension de trois matches et d’une amende de 100.000 dollars pour des faits similaires.

La FRMF a, elle, été condamnée à une série d’amendes: 200.000 dollars pour le comportement jugé inapproprié des ramasseurs de balles, 100.000 dollars pour l’intrusion de joueurs et membres du staff dans la zone VAR et 15.000 dollars pour l’utilisation de lasers par des supporters.

La CAF a également sanctionné la Fédération sénégalaise de football (FSF), mais la comparaison des décisions alimente aujourd’hui le débat.

Le sélectionneur Pape Bouna Thiaw a été suspendu pour cinq matches officiels et condamné à une amende de 100.000 dollars. Les joueurs Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr ont chacun écopé de deux matches de suspension pour comportement antisportif envers l’arbitre.

La FSF a été condamnée à des amendes cumulées de 615.000 dollars pour le comportement de ses supporters, de ses joueurs et de son encadrement.

Mais du côté marocain, la critique principale ne porte pas uniquement sur le montant des sanctions. Elle vise surtout l’absence de qualification claire du retrait de l’équipe sénégalaise et de l’interruption prolongée du match, pourtant au cœur de la crise ayant marqué la finale.

Le verdict donne le sentiment que l’essentiel du dossier a été contourné. L’interruption d’une finale de CAN, le retrait de joueurs vers les vestiaires et les débordements qui ont suivi constituent un précédent majeur dans l’histoire de la compétition. Or ces éléments ne semblent pas avoir été traités à la hauteur de leur gravité dans la décision disciplinaire.

L’appel annoncé par la FRMF ouvre désormais un nouveau chapitre. Au-delà des sanctions sportives, c’est une bataille institutionnelle qui s’engage. Pour la FRMF, l’enjeu n’est pas seulement de réduire des suspensions ou des amendes, mais de faire reconnaître une lecture différente des événements.

Par Adil Azeroual
Le 03/02/2026 à 14h17