Patrice Motsepe avait promis une révolution. Résultat? Un crédit épuisé. Comme le démontre avec acuité l’analyse de la Gouvernance de la CAF Made in Motsepe développée par Tarik Qattab, rédacteur en chef de Le360, sous le titre «Patrice Motsepe: le double jeu d’un homme d’affaires, de pouvoir et de vacuité», nous assistons à la dérive d’un président dont le leadership n’est plus qu’une illusion d’optique. «My Brother» multiplie les pirouettes et nous fait avaler des couleuvres de la taille du Continent.
Aujourd’hui, le divorce entre les supporters et le Sud-Africain est consommé. À moins d’un sursaut de courage lors du prochain Comex en Tanzanie, il ne restera de son passage que le souvenir d’occasions manquées.
Ne nous y trompons pas: ce que nous avons vécu le 18 janvier est un sabotage en règle, un plan machiavélique ourdi par ceux qui refusent de voir un Maroc qui se développe et s’impose dans tous les domaines. Le but était double: ruiner la réputation du Royaume concernant sa capacité à réussir l’organisation de ce «crash test» avant le Mondial 2030, et tout mettre en œuvre pour empêcher les Lions de l’Atlas de soulever le trophée. Si la seconde partie de la mission a été un franc succès, la première s’est brisée devant l’efficience marocaine et la dignité de nos compatriotes.
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D’après la psychanalyste Elisabeth Kübler-Ross, le deuil suit cinq étapes, mais notre reconstruction est aujourd’hui entravée par l’injustice.
Le Déni: La sidération totale devant l’abandon du terrain par les joueurs du Sénégal. «Ce n’est pas arrivé, pas chez nous».
La Colère: Une rage saine devant les images de l’agression préméditée.
La Négociation: On refait le match : «si seulement Brahim n’avait pas tenté la Panenka».
La Dépression: Ce sentiment de vide face à une fête nationale souillée par l’impunité.
L’Acceptation: Elle ne viendra que par la Justice. On n’accepte pas l’affront, on le répare par le Droit.
Nous sommes donc en plein Samuel Beckett. Dans ce théâtre de l’absurde qu’est devenue la CAF, nous jouons une version contemporaine d’En attendant Godot, sauf qu’ici on attend Motsepe. On espère de la clarté, on ne reçoit que des sourires cosmétiques.
La semaine dernière, le jury disciplinaire a fait triompher le non-sens: renvoyer dos à dos l’agresseur prémédité et la victime. C’est du Ionesco: on ignore les articles 82 et 84 de son propre code pour ne pas froisser les puissants. On punit celui qui reste sur la pelouse pour ne pas traumatiser celui qui s’est enfui.
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Que fait «My Brother»? Il louvoie. Sa communication ressemble à du Jacques Dutronc: «Je retourne ma veste, toujours du bon côté». Mais à force de vouloir être l’ami de tout le monde par pur intérêt politique et financier, Monsieur le Président a fini par oublier d’être l’homme de la justice.
Ce vendredi, le Comex se réunit à Dar es Salaam. Quelle audace! Au lieu de sanctionner les coupables via une réunion rapide de la Commission d’appel, on préfère la mise en scène et les discours convenus du Comex. On annonce une refonte des textes après coup. C’est la méthode classique du «Machin»: on met la poussière sous le tapis pour étouffer le scandale, et on redessine le Nord parce qu’on est incapable de réparer la boussole.
Et le Maroc dans cette «chienlit»? Le Royaume trace son chemin. Il met le cap sur la Commission d’Appel, dernier recours avant d’aller au TAS s’il le faut. Là-bas, à Lausanne, la règle de droit reprendra sa place, loin de la vacuité de la présidence actuelle. Le Maroc va exiger le respect de la règle de droit, car chez Beckett ou chez Motsepe, Godot ne vient jamais.
Le360





