Finale de la CAN: la commission de discipline de la CAF se réunit ce mardi, verdict attendu

Le sélectionneur du Sénégal, Pape Thiaw, ordonne à son équipe de quitter la pelouse après lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations face au Maroc, au stade Moulay Abdellah, le 18 janvier 2026.. 2026 DeFodi Images

La commission de discipline de la CAF se réunit ce mardi pour statuer sur les incidents qui ont marqué la finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Maroc et le Sénégal. Rapports officiels, images et textes réglementaires sont au cœur d’un jour J très attendu, appelé à trancher un dossier sensible et à réaffirmer l’autorité des règles du jeu.

Le 27/01/2026 à 09h38

C’est ce mardi que la Confédération africaine de football entre dans le dur. Après le report de la réunion initialement prévue dimanche, la commission de discipline de la CAF se réunit aujourd’hui pour statuer sur les incidents qui ont marqué la finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Maroc et le Sénégal.

La séance, attendue avec une attention particulière à travers le continent, doit examiner l’ensemble des éléments versés au dossier: rapports des officiels, comptes rendus des délégués, images vidéo, observations sécuritaires et mémoires transmis par les parties concernées. La Fédération sénégalaise de football avait sollicité un délai supplémentaire afin de préparer sa défense, ce qui avait conduit au décalage de la réunion.

Conformément aux règles de gouvernance de la CAF, Ousmane Kane, président sénégalais de la commission de discipline, s’est retiré de l’examen du dossier. Cette mise à l’écart temporaire s’inscrit dans le protocole de l’instance en cas de risque de conflit d’intérêts, avec pour objectif de garantir la neutralité et la crédibilité de la décision à venir.

Ce jour J intervient dans un climat toujours chargé, alimenté par les déclarations du président de la FSF, Abdoulaye Fall, qui a publiquement accusé le Maroc et la CAF d’exercer une influence déterminante sur l’instance continentale. Il a également mis en avant plusieurs griefs liés à l’organisation: camp d’entraînement, sécurité à Rabat, hébergement, logistique et billetterie.

À ces accusations répond une autre lecture, fondée sur des éléments factuels déjà largement documentés: camp de base du Sénégal établi à Tanger, matchs disputés dans des installations conformes aux standards de la CAF, choix logistiques relevant de la fédération sénégalaise elle-même, dispositifs de sécurité déployés sans incidents signalés au moment des déplacements, et respect des quotas réglementaires de billets pour la finale.

Mais au-delà du débat organisationnel, le cœur du dossier reste sportif et disciplinaire. La finale a basculé dans une séquence de tension extrême: contestation arbitrale, interruption prolongée du match, retrait des joueurs sénégalais vers les vestiaires, débordements en tribunes, envahissement de la pelouse, agressions et dégradations. Des scènes qui ont suscité une réaction ferme du président de la FIFA, Gianni Infantino, présent sur place, condamnant des images jugées inacceptables et appelant les instances compétentes à prendre les mesures appropriées.

Les textes réglementaires, eux, sont clairs. En cas de refus de jouer ou d’abandon non autorisé, les règlements prévoient des sanctions lourdes pouvant aller jusqu’à la perte du match. C’est à la lumière de ces règles, et non des émotions ou des récits parallèles, que la commission devra se prononcer.

Ce mardi, la CAF joue donc bien plus qu’un simple dossier disciplinaire. Elle joue sa capacité à faire respecter ses propres règles, à préserver l’autorité du jeu et à refermer une finale qui, au lieu d’être une célébration du football africain, a laissé une image profondément abîmée. Le verdict est attendu. Il dira beaucoup de la direction que veut prendre le football continental.

Par Adil Azeroual
Le 27/01/2026 à 09h38