1. L’Orgueil: Le disque rayé des «Very good question»
Son escale à Rabat frôle l’esquive systématique. Face aux questions brûlantes sur le retrait des joueurs sénégalais lors de la finale —acte de rébellion sportive appelant des sanctions claires selon les articles 82 et 84— Motsepe active son mode de défense favori: le disque rayé du «Very good question» répété à satiété. On se croirait dans la scène mythique du bain turc de La Grande Vadrouille. À chaque interrogation précise, le président répond par un «Are you? You are!» digne de de Funès et Bourvil, une pirouette linguistique pour ne rien dire tout en occupant l’espace. Mais derrière le burlesque se cache le cynisme de Jacques Dutronc: «Je retourne ma veste, toujours du bon côté». C’est le triomphe de l’opportunisme érigé en système.
2. La Paresse: L’irresponsabilité comme mode de gestion
Cette logorrhée sert de paravent à une désunion orchestrée: si personne n’est responsable, alors tout le monde l’est. D’un côté, Olivier Safari avoue l’innommable: des instructions ont été données pour ne pas appliquer le règlement afin de «préserver le match». De l’autre, son ex-éminence grise, Véron Mosengo-Omba, monte au front pour éteindre l’incendie médiatique, prenant implicitement position pour le droit (alias le Maroc) face à l’émotion incarnée par le Sénégal. Au milieu, le nouveau lieutenant, Samson Adamu, adopte la consigne maison: botter en touche.
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Pourtant, le droit est là, imperturbable. Les entorses commises par les Sénégalais lors de la finale tombent sous le coup des articles 82 et 84 des statuts de la CAF. Mais dans cette «Paresse» institutionnelle, on assiste à un prodige d’équilibrisme: bien que la Commission d’appel ait officiellement sanctionné ces manquements, actant ainsi la faute, Patrice Motsepe s’enferme dans un mutisme total. Refuser d’annoncer le Maroc en tant que vainqueur légitime, c’est vider la sanction de sa substance. Dans ce théâtre d’ombres, l’adage est implacable: qui ne dit mot consent.
3. La Colère (sélective): Le «deux poids, deux mesures»
La justice de la CAF est à géométrie variable. On se souvient de la célérité avec laquelle un Samuel Eto’o a été lourdement sanctionné pour avoir osé critiquer l’arbitrage. À l’inverse, Augustin Senghor semble jouir d’une immunité illimitée. Bien qu’il ne soit plus à la tête de sa fédération, son siège au Comex lui offre un blanc-seing total. Cette injustice flagrante gangrène l’instance.
4. L’Envie: La Fable de La Fontaine
Motsepe face aux barons locaux, c’est la mise en scène du Corbeau et du Renard. Le renard Motsepe flatte pour mieux régner, cherchant à s’emparer du fromage de la paix sociale au prix de la vérité juridique. On croit entendre le flatteur murmurer: «Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois». Envoûté par cette reconnaissance, le camp d’en face en oublie la rigueur des textes. Mais comme dans la fable, la chute est amère pour l’institution. Motsepe repart avec son capital politique sous le bras, laissant ses interlocuteurs méditer sur la leçon: «Apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute». Pour les observateurs, cette proximité rend toute posture de fermeté aussi crédible qu’un arbitre qui siffle «avantage» après un tacle par derrière.
5. L’Avarice du droit: La démission juridique et les «menteurs d’alertes»
Le plus inquiétant reste cette présidence qui ne prend même pas la peine d’armer son dossier juridique face au TAS. En refusant la rigueur du droit, la CAF de Motsepe sabote délibérément sa propre défense. L’avarice se niche ici dans le refus d’investir dans la vérité du règlement pour ne pas froisser les alliances politiques. On préfère laisser le TAS porter le chapeau plutôt que de risquer une photo de famille trop marquée.
Patrice Motsepe, président de la CAF, a tenu une conférence de presse à Maâmora, aux côtés de son SG intérimaire Samson Adamu, en présence de Fouzi Lekjaa, président de la FRMF. Source: FRMF
Cette démission juridique s’accompagne d’une orchestration médiatique fascinante: celle de la «presse la plus éthique du monde». Une cohorte de plumes dociles et de micros sous perfusion, toujours prompts à transformer un renoncement en acte de sagesse diplomatique. Dans ce sillage, surgissent les «menteurs d’alertes», ces prophètes de comptoir genre Romain des Bois, qui s’agitent pour crier à l’incendie là où il n’y a que de la fumée de communication. Ils ne protègent pas la forêt, ils maquillent les coupes rases du règlement sous le couvert d’une prétendue vigilance. Face à cette tragicomédie, Fouzi Lekjaa oppose la force tranquille de celui qui connaît ses dossiers, maîtrise les textes et respecte les institutions, loin de l’agitation cosmétique et des faux-semblants médiatiques.
6. La Luxure du cosmétique: L’illusion de la forme
Pour le candidat virtuel à la présidentielle sud-africaine de 2029, la modernité n’est qu’un slogan. Tout est dans l’apparence, rien dans le fond. On préfère polir la façade médiatique ou frotter la lampe magique d’Aladin pour faire apparaître des promesses sans lendemain. C’est le Mythe de Sisyphe revu par Camus: Motsepe pousse le rocher de ses vœux pieux vers le sommet, pour le laisser redescendre dans la vallée de l’immobilisme dès qu’il faut trancher.
7. La Gourmandise: L’ambition avant l’institution
On reconnaît ici la leçon du Prince de Machiavel: paraître juste plutôt que de l’être. Motsepe sacrifie la crédibilité de la CAF sur l’autel de ses ambitions nationales à Pretoria. Après tout, Pretoria vaut bien une messe...ou bien un inchaallah.
Nelson Mandela aimait à dire: «Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends». Visiblement, son compatriote ne gagne pas, n’apprend pas, et ne comprend pas non plus que ce comportement à la Ponce Pilate lui fait perdre son dernier crédit.
Manier la langue de bois à ce niveau est un art. Salut l’artiste.






