Ordre du jour du ComEx de la CAF: le scandale de la finale de la CAN au cœur des débats et tensions autour du secrétaire général

Le Comité exécutif de la CAF

À quelques heures de la réunion du Comité exécutif de la CAF à Dar es Salaam, l’ordre du jour éclaire enfin les enjeux du rendez-vous : incidents de la finale de la CAN 2025, décisions disciplinaires, arbitrage et compétitions à venir. Mais derrière cette trame institutionnelle, les tensions internes et les interrogations autour du secrétariat général confèrent à ce sommet de la CAF une portée institutionnelle majeure.

Le 12/02/2026 à 12h40

L’ordre du jour de la réunion du Comité exécutif de la Confédération africaine de football est désormais connu. Prévue vendredi 13 février 2026 à 10h00 (8h, heure marocaine) au Hyatt Regency de Dar es Salaam, en Tanzanie, cette session s’annonce stratégique, tant par les sujets abordés que par le contexte institutionnel qui l’entoure.

La réunion s’ouvrira par une allocution du président de la CAF, le Dr Patrice Motsepe, suivie de l’appel des membres. Mais très vite, les travaux entreront dans le vif du sujet avec un point central: la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025.

Trois dossiers majeurs figurent à l’ordre du jour concernant cette édition. D’abord, un rapport détaillé sera présenté au Comité exécutif sur les incidents survenus lors de la finale de la CAN 2025. Ensuite, le ComEx devra prendre acte, voire entériner, la décision rendue par le Jury disciplinaire de la CAF à la suite de ces événements. Enfin, le président de la Commission des arbitres soumettra son analyse sur les performances des arbitres et des opérateurs VAR durant la compétition, et en particulier lors de la finale.

Autrement dit, la CAN 2025, organisée au Maroc, restera au centre des discussions, avec en toile de fond des interrogations sur la gestion disciplinaire et arbitrale d’un tournoi qui a marqué les esprits.

Au-delà de la CAN masculine, le Secrétariat général présentera également un état des lieux des compétitions continentales, notamment la Coupe d’Afrique des Nations féminine Maroc 2026, programmée du 17 mars au 3 avril 2026. Ce point vise à rassurer et à structurer la préparation des prochaines échéances majeures du football africain.

Mais si l’ordre du jour est désormais officiel, le climat interne reste brûlant. Ces derniers jours, des tensions ont émergé autour du secrétaire général de la CAF, Véron Mosengo-Omba. La situation du secrétaire général dépasse désormais le cadre d’une simple controverse médiatique. Elle s’est muée en véritable enjeu institutionnel au sein de l’instance continentale.

Les éléments mis en lumière, notamment par le journaliste nigérian Osasu Obayiuwana, s’appuient sur un texte interne précis: le Règlement 130 du Manuel de l’emploi de la CAF. Ce règlement fixe l’âge obligatoire de départ à la retraite à 63 ans pour l’ensemble du personnel. Une seule dérogation est prévue: une prolongation maximale de trois ans, accordée par le président ou par le secrétaire général lui-même lorsqu’il s’agit d’un autre employé, sans possibilité d’extension supplémentaire au-delà de cette limite.

Né le 15 octobre 1959, Mosengo-Omba est nommé secrétaire général en mars 2021, à 61 ans. Il atteint donc l’âge statutaire de la retraite en octobre 2022. À cette échéance, le président de la CAF, Patrice Motsepe, use de la prérogative prévue par le règlement et lui accorde une prolongation de trois ans. Une décision conforme aux textes, mais qui fixe également une date butoir claire: octobre 2025.

C’est précisément cette échéance qui cristallise aujourd’hui les interrogations. Au-delà du cas personnel du secrétaire général, la question touche à la crédibilité des règles internes et à leur application stricte. Dans un contexte déjà marqué par des tensions autour de la gouvernance et de la transparence, le respect du cadre réglementaire devient un test majeur pour la direction de la CAF.

Le débat ne porte donc plus uniquement sur une date ou une interprétation administrative, mais sur la capacité de l’institution à faire primer ses propres textes dans un moment où son équilibre interne apparaît particulièrement fragile.

Plus qu’une simple réunion statutaire, ce rendez-vous pourrait marquer un tournant dans l’équilibre interne de la CAF.

Par Adil Azeroual
Le 12/02/2026 à 12h40