«Aller vite c’est bien, gagner c’est mieux», a lancé Alison Dos Santos en début de session alors qu’il venait de remporter le 400 m haies.
Le recordman du monde brésilien a toutefois réussi à conjuguer victoire et chrono stratosphérique sur la piste du centre national d’athlétisme de Budapest, s’imposant sous les 46 secondes (45.98) pour claquer la troisième meilleure performance de tous les temps, derrière son record du monde de la fin août (45:80) et derrière l’ancien record du Norvégien Karsten Warholm (45:94 en 2021).
Dos Santos a ainsi parfaitement lancé la dernière soirée des championnats Ultimate, la nouvelle compétition imaginée par la Fédération internationale d’athlétisme pour relancer les audiences de ses compétitions.
Comme la veille sur 100 m, les Américains Kenny Bednarek et Melissa Jefferson-Wooden ont eux dominé les 200 m en coupant la ligne avec des supers chronos: Bednarek en 19 sec 52 pour devenir le septième performeur de l’histoire et Jefferson-Wooden en 21 sec 47 pour claquer la 4e performance la plus rapide de l’histoire.
La sprinteuse de 25 ans, triple championne du monde l’an passée (100 m, 200 m, 4x100 m), n’en revenait d’ailleurs pas en voyant s’afficher le chrono, elle qui a explosé de plus de deux dixièmes son record dimanche (ancien: 21.68).
«Je ne pensais pas avoir ça dans les jambes ce soir. Je me disais qu’un jour, peut-être dans deux ans, je pourrai prétendre à ces temps, mais pas ce soir», a-t-elle soufflé.
«Gimbo» star
En fil rouge, l’ambiance dans le stade a été rythmée par les sauts à la hauteur du showman italien Gianmarco Tamberi, revenu cet été à son meilleur niveau après une saison 2025 compliquée.
«Gimbo» demande aux 20.000 spectateurs de se taire? On pourrait presque entendre ses foulées quand il s’élance. Il veut du bruit? On ne peut plus s’écouter parler. Il demande un « clap » en rythme? Il l’obtient illico.
Le «Gimbo» show a ainsi duré plus d’une heure, avec en apothéose une barre à 2,37 m franchie à son deuxième essai, sa meilleure performance depuis juin 2024, à deux centimètres de son record personnel (2,39 m en 2016), pour décrocher le titre Ultimate.
Pendant ce temps, le Britannique Josh Kerr, moins exubérant mais aux performances au moins aussi solides, remportait le 1.500 m en 3 min 29 sec 35, tandis que la Sénégalaise Saly Sarr s’envolait à plus de 15 mètres au triple-saut (15,06 m) et que le Sri-Lankais Rumesh Pathirage lançait son javelot à plus de 91 mètres (91,09 m).
«C’est un début»
Les championnats Ultimate, qui ambitionnent de révolutionner l’athlétisme avec un format plus restreint pensé pour la télé, des duels de haute volée et des primes mirobolantes pour ce sport, se sont conclus par l’hymne des championnats, «Gold», chanté par... le perchiste suédois Armand Duplantis, qui l’a lui-même composé.
Lors de cette prestation, quand même moins impressionnante que ses exploits à la perche, il a pu compter sur le soutien de tous les champions Ultimate présents derrière lui, trophées en main.
Les athlètes, plus mis en avant que d’habitude avec ce nouveau format, semblent avoir apprécié les innovations même si la compétition, qui ressemblait à un entre-deux entre un meeting de Ligue de Diamant et un championnat, n’a pas non plus pris des airs de grande révolution.
«A chaud, je dirais que ça a plutôt bien marché», s’est satisfait dimanche matin le président de la Fédération internationale, Sebastian Coe. «Les retours des athlètes ont été très positifs».
«On est un sport conservateur à la base et je pense qu’on a réussi à bouger un peu les lignes, probablement pas de beaucoup, mais c’est un début», a-t-il ajouté.
