"Avec ce nouveau deal" conclu avec le Portugais, au club depuis 2009, "le Real sécurise la rareté", estime Lionel Maltese, professeur à Kedge Business School et spécialiste du marketing sportif. "Il s'achète des années de visibilité internationale." A l'inverse, "perdre Ronaldo décrédibiliserait le club", poursuit-il.
Quelle que soit la revalorisation salariale proposée, le maintien de CR7 dans l'effectif merengue sera une excellente affaire pour le Real, le plus riche club du monde avec 577 millions d'euros de revenus en 2015, selon le cabinet Deloitte.
"Avec les ventes de maillots, le transfert de Ronaldo avait été rentabilisé en deux, trois ans", rappelle l'économiste Bastien Drut. La prolongation de son contrat le sera de la même façon.
Certes, il n'est pas le meilleur vendeur de textile de la planète foot (c'est le grand rival Lionel Messi qui domine le marché avec près de 2 millions de maillots du Barça à son nom écoulés chaque année, selon le cabinet Euromericas), mais Ronaldo en fait vendre au Real et à Adidas entre un million et un million et demi chaque année, soit près de 100 millions d'euros de recettes.
Un comble pour celui qui est à titre individuel sous contrat avec Nike, et une rente exceptionnelle pour une équipe pionnière dans l'exploitation des produits dérivés.
Avec ses abdos en acier, son sourire carnassier et sa présence planétaire sur les réseaux sociaux (117 millions de fans sur Facebook, 48 millions de followers sur Twitter et 81 millions sur Instagram), le triple ballon d'or est, à 31 ans, l'un des rares "marquee-player", un joueur-marque, capable d'amener une "valeur ajoutée économique" à son club, selon Lionel Maltese. Comme Paul Pogba qui, ce n'est pas un hasard, a battu un nouveau record lors de son transfert de la Juventus à Manchester United (105 ME) en dépit d'un Euro mitigé. Supérieur sur le terrain à un David Beckham, autre N°7 du Real et prototype du genre, le champion d'Europe portugais a l'avantage de n'avoir pas dilué son image. "Beckham a vendu son image partout", reprend Maltese. "Dans l'esprit collectif, Ronaldo est associé au Real, comme Zidane. Il lui est indispensable." Et pas seulement parce qu'il y marque, depuis sept ans, plus d'un but par match en moyenne.
Au-delà de tous ces éléments, la conjoncture locale rend la sécurisation de la présence ronaldienne à Madrid encore plus nécessaire: d'abord pour la renégociation des droits TV (2019-2022) dont la répartition prend en compte les audiences et les résultats, mais surtout pour habiter le nouveau stade Santiago Bernabeu dont les travaux s'étaleront de 2017 à 2020. Cette nouvelle enceinte, dont les travaux avoisineront les 400 millions d'euros, "va révolutionner le business du foot", croit Lionel Maltese. "Ne pas avoir Cristiano Ronaldo, l'icône des dix dernières années du Real, dans ce nouveau stade, ce serait un grosse erreur."
