El Jabali, Ziyech, Benjdida, Serrhat… et si le Prix Puskás parlait marocain cette saison?

Prix Puskas made in Botola Pro

Récompensant le plus beau but inscrit dans le monde, le prix Puskás de la FIFA distingue chaque année un geste d’exception, au-delà du contexte ou de la notoriété du joueur. Et si, cette saison, ce trophée devait tout simplement revenir à un joueur de la Botola Pro Inwi?

Le 29/04/2026 à 11h30

Il y a des saisons qui marquent par leur suspense, d’autres par leur intensité. Celle-ci, au Maroc, pourrait bien rester dans les mémoires pour une autre raison: la beauté de ses buts. Car malgré une programmation chahutée et un calendrier en décalage avec les grands championnats, la Botola Pro Inwi a offert, pour cette première partie de saison, des gestes techniques d’une rare qualité. Des inspirations pures, des frappes improbables, des enchaînements collectifs dignes des plus grandes scènes européennes.

Le prix Puskás, créé par la FIFA, n’est pas un trophée comme les autres. Il ne récompense ni un palmarès, ni une saison complète, mais un instant. Un éclair de génie. Un but qui sort de l’ordinaire, par sa beauté, sa difficulté ou son audace.

Et à ce jeu-là, la Botola Pro Inwi version 2025-26 n’a rien à envier aux grands championnats. Mieux encore: elle s’impose comme une candidate crédible, voire évidente.

Il y a d’abord ce chef-d’œuvre de Hakim Ziyech face à l’AS FAR (1-2). Une frappe lointaine du pied gauche, pure, limpide, qui vient mourir dans la lucarne. Un geste à la fois instinctif et maîtrisé, qui rappelle l’apogée du Magicien avec l’Ajax Amsterdam.

Dans un tout autre registre, Anas Serrhat a lui aussi fait parler son talent lors de la large victoire du FUS face au Raja (4-1). À l’entrée de la surface, le milieu défensif déclenche une frappe subtile de l’extérieur du pied, envoyant le ballon au fond des filets avec une élégance rare.

Mais le symbole de cette saison restera sans doute le but de la victoire du défenseur Driss El Jabali contre le Wydad de Casablanca (1-0). Un coup du foulard depuis l’extérieur de la surface, exécuté avec une audace folle à un moment décisif (80e). Le genre de geste qui fait lever un stade… et enflamme les réseaux: la preuve, la vidéo a fait le tour de la toile et, sur la page du MAS, a fait plus de 30 millions de vues à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Ensuite, comment ne pas évoquer la star de la saison, Soufiane Benjdida, qui enchaîne les réalisations spectaculaires depuis son arrivée au MAS lors du dernier mercato estival. Face au FUS (4-2), Benjdida signe un triplé de grande classe, mais deux réalisations sortent du lot. Une demi-volée pour ouvrir le score, puis une reprise instinctive pour redonner l’avantage. Deux gestes différents, mais une même signature: l’efficacité alliée à l’esthétique.

Larbi Naji, lui, rappelle que la simplicité peut aussi être belle, avec un coup franc puissant et précis face à l’Ittihad de Tanger (1-0), dans le cadre de la 15e journée du championnat marocain. Une frappe puissante et précise, qui ne laisse aucune chance au gardien. Simple, direct, mais terriblement efficace, pour le placer parmi les plus beaux buts du championnat, et même du monde.

Enfin, comment ne pas évoquer ce but collectif du Raja de Casablanca, inscrit après plus de 50 jours sans compétition officielle. Une action construite sur pas moins de 21 passes, conclue par une finition du Jordanien Mohammad Abu Zrayq, alias, Sharara, dans un style rappelant les plus grands. Un but d’école des Aigles Verts, symbole d’un football collectif parfaitement maîtrisé.

Alors, que manque-t-il à la Botola? La visibilité? Peut-être. La reconnaissance? Sans doute. Mais certainement pas le talent.

Le prix Puskás récompense le plus beau but, peu importe son origine. Et si l’on s’en tient à ce critère, une évidence s’impose: cette saison, la Botola mérite d’être au sommet.

Par Anas Zabari
Le 29/04/2026 à 11h30