CAN 2025: comment l’IFAB et la FIFA ont répondu là où la CAF a tardé

Réunion extraordinaire de l'IFAB, le 28 avril 2026 à Vancouver.

Lors d’une réunion tenue à Vancouver, la FIFA et l’International Football Association Board ont durci certaines règles des Lois du jeu, notamment sur l’abandon de match en cas de contestation arbitrale. Une évolution qui fait écho, presque frontalement, aux événements de la finale de la CAN 2025 et à leur gestion initiale par la commission disciplinaire de la CAF.

Le 30/04/2026 à 10h20

Janvier dernier, la première décision rendue par la CAF et sa commission disciplinaire concernant les événements qui ont gâché la finale de la CAN 2025 avait débouché sur un verdict pour le moins frustrant pour le football: Des sanctions quasi équivalentes entre le Maroc et le Sénégal, à 300.000 dollars près, et surtout un contournement total du cœur même de cette finale houleuse: l’abandon du match par le Sénégal, durant seize longues minutes, sur consigne du sélectionneur Pape Thiaw.

Dans ce premier acte, les sanctions ont essentiellement ciblé des faits périphériques (comportement des joueurs, débordements de supporters sénégalais…), tandis que la demande de la FRMF, fondée sur les violations des articles 82 et 84 du règlement de la CAN, relatifs aux forfaits et abandons de match, a été rejetée sèchement par la confédération africaine. Une décision difficilement digérable, le football en sortait fragilisé dans son image, tout comme la CAF et sa commission disciplinaire, présidée par le Sénégalais Ousmane Kane.

Deux mois plus tard, le Jury d’appel de la CAF venait finalement sacrer le Maroc champion d’Afrique 2025, corrigeant le tir. Mais récemment, un autre signal fort est venu du sommet du football mondial. La récente décision de International Football Association Board (IFAB) et de la FIFA, prise lors d’une réunion à Vancouver, a introduit deux amendements majeurs aux Lois du jeu. Des changements qui dessinent les contours d’un Mondial 2026 aux règles durcies et qui, indirectement, viennent confronter la CAF à ses propres choix.

Parmi ces nouveautés: une sanction pouvant aller jusqu’au carton rouge pour les joueurs se couvrant la bouche lors d’altercations verbales, mais de sanctionner par un carton rouge tout joueur quittant le terrain en signe de protestation d’une décision arbitrale.

Mais surtout, le communiqué de la FIFA est sans équivoque: «Cette nouvelle règle s’appliquera également à tout officiel d’équipe qui incite des joueurs à quitter le terrain. Toute équipe qui provoque l’arrêt définitif d’un match sera, en principe, déclarée perdante par forfait», lit-on sur le site.

Et difficile de ne pas faire le lien. Les événements de la finale de la CAN 2025 semblent avoir servi de cas d’école dans la réflexion menée par les instances internationales, qui auraient même visionné des images de la finale au Complexe Moulay Abdellah pendant la réunion.

Une mesure logique pour le football et, à l’approche d’un Mondial à 48 équipes, l’International Football Association Board et la FIFA ont choisi la clarté et la fermeté. Alors même que le Maroc est champion d’Afrique 2025, le premier verdict rendu par la commission présidée par Ousmane Kane, en ignorant le règlement, contraste avec la réactivité et la lisibilité des deux instances mondiales, qui, elles, ont su imposer en quelques heures, un cadre limpide.

Par Magda Soltani
Le 30/04/2026 à 10h20