Qualifié de premier choc du Mondial 2026, ce Maroc-Brésil (1-1) a plutôt tenu ses promesses. Sans jouer le match de leur vie, le septième et le sixième du classement FIFA ont fait honneur à leur rang. Il faut analyser ce match avec calme et lucidité. On a lu ici et là qu’un «très bon Maroc a tenu tête à un faible Brésil». Pardon?
On peut très bien retourner la crêpe et dire qu’un Brésil en rodage a tenu tête à un Maroc prometteur. Question de point de vue. Mais le fond reste le même. A savoir que le Maroc a montré qu’il était prêt, et qu’il ne faut surtout pas enterrer cette équipe du Brésil. Les deux sélections vont gagner des matchs et on espère les revoir sur toute la durée du Mondial.
Parce qu’il y avait de la qualité sur le terrain. Collectivement et individuellement.
Fidèle à ses principes, Ouahbi, que l’on commence à connaître, a présenté un dispositif mobile, avec du pressing, des courses, des permutations et un entrejeu très dense et élastique, un véritable accordéon. Avec des vrais-faux attaquants (Saibari, Diaz, El Khannouss) qui redescendaient et des pistons (Hakimi, Mazraoui) qui montaient, le milieu marocain a fait très fort autour de la paire déjà très au point: El Aynaoui-Bouaddi.
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Les 20 ou 30 premières minutes marocaines ont été franchement impressionnantes. Les transitions ont fait mal au Brésil qui présentait pourtant un milieu de qualité (les Guimaraes, Paqueta ou Casemiro ne sont pas des enfants de choeur et sortent tous d’une grande saison). La justesse technique a fait la différence, comme sur l’action du but de Saibari, un petit chef d’oeuvre de bout en bout.
Mais la suite, c’est à dire les deux tiers de la partie, a parfois été laborieuse, avec certains passages à vide. Notamment à la reprise où les organismes ont clairement accusé le coup. Le changement tactique d’Ancelotti, avec l’entrée en jeu de Fabinho au milieu, a également contribué à couper l’élan marocain et à rééquilibrer les débats.
Quoi qu’on dise, il ne faut pas oublier que les Marocains ont affronté une sélection qui possède deux «fusées» sur les côtés: Vinicius, qui a claqué un but magnifique, et Raphinha qui a eu beaucoup de mal face à Mazraoui et El Khannouss. Et que dire de Bouaddi, formidable accélérateur de jeu et «dépanneur en chef», toujours prêt à apporter une solution au porteur du ballon ou à bloquer les relances adverses. Un pur joyau, que ce gamin de 18 ans.
Maintenant, un Mondial, ça se gère, surtout pour une sélection qui souhaite aller loin dans la compétition. L’une des clés s’appelle le physique, la fraîcheur, sans oublier le coaching et la profondeur du banc. Ces questions se travaillent et les réponses arriveront au fil des matchs. A commencer par la suite, ce Maroc-Ecosse qui se profile déjà à l’horizon et qu’il faudra aborder avec sérieux et détermination. Oublions donc le Brésil et tournons-nous vers l’Ecosse!
