CAN 2025: un avocat en droit du sport confirme la solidité du sacre du Maroc face au Sénégal

Cérémonie d'ouverture de la CAN 2025

L’avocat français spécialisé en droit du sport, Patrick Rode, défend la solidité de la décision de la CAF, estimant que le sacre du Maroc à la CAN 2025 résulte d’une application stricte et automatique du règlement, consécutive au retrait des joueurs sénégalais.

Le 17/04/2026 à 19h26

Invité dans l’émission «The National Pulse», diffusée sur la radio sud-africaine Omny FM, Patrick Rode, avocat français spécialisé en droit du sport, est intervenu pour clarifier les contours juridiques de la décision de la CAF désignant le Maroc champion d’Afrique 2025.

Pour l’avocat, le droit du sport repose sur un principe fondamental: «Dans le sport, il n’existe pas de droit à l’auto-justice». Revenant sur les faits de la finale, il estime que le tournant du match s’est joué au moment où le Sénégal a quitté la pelouse sans autorisation de l’arbitre. «À partir du moment où le Sénégal a quitté le terrain sans la permission de l’arbitre, le processus réglementaire a été enclenché», explique-t-il.

Selon le juriste français, cette situation est directement encadrée par l’article 82 du règlement de la Coupe d’Afrique des Nations, qui considère ce type de comportement comme un abandon de match, tandis que l’article 84 en fixe les sanctions, notamment la défaite sur tapis vert par forfait.

Pour Rode, il ne s’agit pas d’une interprétation, mais bien d’une obligation juridique. «C’est une règle impérative. Si l’instance disciplinaire constate que l’équipe a quitté le terrain, la conséquence est automatique», insiste-t-il. Une lecture qui, selon lui, justifie pleinement la décision finale rendue par la CAF, malgré les critiques portant sur les délais.

L’un des points les plus débattus reste la décision de l’arbitre de reprendre le match après la sortie des joueurs sénégalais. Sur ce point, Patrick Rode reconnaît une certaine ambiguïté. «L’arbitre avait le pouvoir de mettre fin au match ce soir-là, mais il a choisi de ne pas le faire», admet-il. Selon lui, la CAF a privilégié l’application stricte du règlement sur la gestion immédiate de la rencontre.

Malgré la polémique et les nombreuses réactions, l’avocat estime que la CAF a rendu une décision solide sur le plan juridique. «D’un point de vue strictement légal, c’est une décision cohérente», affirme-t-il.

Pour Patrick Rode, le recours du Sénégal devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) constitue une démarche légitime, mais les chances de voir la décision renversée restent limitées. «Si l’on observe les statistiques des décisions annulées par le TAS, elles se situent entre 30% et 35%. Ce n’est pas très élevé», précise-t-il.

Interrogé sur les célébrations du Sénégal et sur le fait que le trophée ait été conservé malgré la décision de la CAF, l’avocat rappelle que cette dernière doit être respectée dans l’attente du verdict du TAS. «Ils peuvent exercer des recours, mais, en attendant, ils doivent se conformer à la décision et respecter le processus légal», explique-t-il.

Ce passage médiatique, fondé sur un éclairage juridique structuré, réaffirme que le sacre du Maroc repose avant tout sur une application stricte des règlements en vigueur.

Pour rappel, la Commission d’appel de la Confédération africaine de football a statué le 17 mars, à la suite d’un recours introduit par la Fédération royale marocaine de football, portant sur l’application des articles 82 et 84 du règlement de la Coupe d’Afrique des Nations.

Le 18 janvier, jour de la finale, les joueurs sénégalais avaient quitté la pelouse pendant 16 minutes, sur instruction de leur sélectionneur Pape Thiaw, pour protester contre une décision arbitrale accordant un penalty au Maroc dans le temps additionnel de la seconde période.

Le Sénégal avait initialement remporté la CAN 2025 grâce à un but de Pape Gueye inscrit à la 94e minute, avant que la décision finale ne renverse l’issue du match.

Par Omar Nabile
Le 17/04/2026 à 19h26