Luis Enrique et la victoire du jeu

Luis Enrique, entraîneur du PSG.

ChroniqueOn peut comprendre quand un petit poucet refuse le jeu face à un gros bras. Mais quand les forces sont équilibrées, il est aberrant que l’une des deux équipes gare le bus.

Le 01/06/2026 à 09h14

On sait que le football donne toujours raison à ceux qui gagnent. Ils ajoutent une ligne à leur palmarès et cette ligne est indélébile parce que c’est elle qui écrit l’histoire.

Il arrive pourtant que la mémoire du football se rappelle de quelques magnifiques perdants. Comme le Brésil de 1982 ou, pour la génération de nos grands-pères, la Hongrie de 1954.

Même l’équipe d’Arsenal qui a perdu la finale de la Ligue des champions en 2006 (Barça vainqueur 2-1) garde une place dans le livre des souvenirs. Parce qu’elle a ouvert le score et s’est rapidement retrouvée à 10, ce qui a rendu sa défaite cruelle et quelque part injuste.

Personne ne se souviendra, en revanche, des «Gunners» version 2026 qui viennent de s’incliner face au PSG. Vaincus seulement aux tirs aux buts après n’avoir enregistré aucune défaite européenne (sur 15 matchs, il faut le faire!), ils sont passés tout près du parfait hold-up. Ils ont marqué d’entrée de jeu et garé le bus, misant tout sur la défense de leur bien.

La chance ne leur a pas souri et c’est tant mieux pour l’esprit du jeu. Cette équipe qui regorge pourtant de talents offensifs a décidé de ne pas jouer. Certes, elle a remarquablement bien défendu. Mais elle n’a pas proposé grand-chose en matière de jeu, de ballon.

Sans être exceptionnels, les coéquipiers de Hakimi, capitaine au coup de sifflet final (un autre exploit historique pour un joueur marocain et africain), n’ont pas volé leur sacre, leur deuxième à la suite. Ils ont continuellement tenté, poussé, proposé, ce qui a donné à leur victoire un parfum de juste récompense.

Il faut remercier les dieux du foot parce que cette victoire sert le football, c’est-à-dire le jeu. Elle donne raison à Luis Enrique, grand théoricien du jeu de possession, et renvoie dans les cordes un Mikel Aeteta adepte de la méthode minimaliste et fort ennuyeuse d’un Diego Simeone. Cette issue peut influencer les coachs de demain. Même Arteta saura que pour gagner, un jour, il lui faudra se découvrir et lâcher les grands chevaux.

Les calculs d’épicier, cela peut marcher sur un malentendu (comme avec l’Inter de Mourinho), mais pas tout le temps. Et fort heureusement. Les puristes du jeu ne s’en plaindront pas, bien au contraire.

Ce n’est pas la meilleure défense qui a gagné, mais la meilleure attaque. Le football a bien sûr besoin des deux, mais dans son ADN il y a quelque chose qui s’appelle le spectacle, le plaisir, les artistes, les bons manieurs de ballon, les joueurs libérés et épanouis.

On peut comprendre quand un petit poucet refuse le jeu face à un gros bras. Mais quand les forces sont équilibrées, il est aberrant que l’une des deux équipes gare le bus. C’est cela la leçon de cette finale européenne.

Maintenant que la saison du foot est terminée (il reste encore la Botola, mais là c’est une autre histoire), place au Mondial. En espérant, bien sûr, que la méthode d’Enrique l’emporte sur celle d’Arteta. Croisons les doigts!

Par Footix marocain
Le 01/06/2026 à 09h14