La Coupe du Monde 2026 restera comme l’une des plus abouties de l’histoire de la sélection marocaine. Les Lions de l’Atlas ont confirmé leur statut de grande équipe en atteignant les quarts de finale. Pourtant, au-delà des performances sportives, deux rencontres continuent d’interpeller: le huitième de finale contre le Canada et le quart de finale face à la France. Non pas parce que le Maroc aurait perdu à cause de l’arbitrage, mais parce que plusieurs décisions importantes ont laissé un sentiment d’incohérence dans l’application des lois du jeu et du protocole VAR.
Une pluie de cartons contre le Canada
Le Maroc s’est largement imposé (3-0) contre le Canada. Le résultat ne souffre d’aucune contestation. En revanche, la gestion disciplinaire de la rencontre interroge. L’arbitre a distribué un nombre particulièrement élevé de cartons jaunes aux joueurs marocains, dont une part importante dès la première période. Cette sévérité a contraint plusieurs Lions de l’Atlas à adapter leur engagement dans les duels, de peur d’une seconde sanction synonyme d’expulsion.
Le problème n’est pas tant le nombre de cartons que leur cohérence. Des fautes comparables n’ont pas toujours été sanctionnées de manière identique selon leur auteur, alimentant le sentiment d’une ligne arbitrale difficile à comprendre. Même si cette gestion n’a pas infléchi le résultat final, elle a pesé sur le comportement des joueurs marocains lors de cette rencontre, mais aussi lors de la suivante. L’arbitre ne préparait-il pas, involontairement ou non, l’équipe au match suivant? Simple question.
France–Maroc: la polémique de la main de Rabiot
Le véritable débat intervient quelques jours plus tard, lors du quart de finale contre la France. L’action du premier but français débute par un ballon que les images montrent non pas toucher accidentellement le bras d’Adrien Rabiot, mais bien être orienté volontairement de la main par celui-ci. Ce point est essentiel. On sait ce que provoque le fait d’encaisser un but perçu comme injuste, d’autant plus après avoir résisté plus d’une heure. Contrairement à certaines analyses qui présentent cette main comme éloignée de l’action décisive, elle intervient en réalité au tout début de la phase offensive qui conduit directement au but. Les joueurs marocains les plus proches s’étaient même arrêtés, convaincus que l’arbitre devait logiquement siffler une main. C’est précisément là que réside la controverse.
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Selon le protocole VAR, lorsqu’une infraction est commise par l’équipe attaquante pendant la phase de possession ayant conduit au but, les arbitres vidéo peuvent intervenir. Ils ont le devoir d’intervenir notamment dans un cas similaire. Le monde entier a vu la main, excepté ceux qui disposent de dizaines de prises de vues et d’une technologie sans faille. Toute la question consistait donc à déterminer si cette main constituait une infraction sanctionnable et si elle faisait partie de cette même phase de possession. Les arbitres en ont décidé autrement. Circulez, il n’y a rien à voir.
La VAR n’a finalement pas demandé à l’arbitre de revoir cette action, considérant manifestement qu’il n’y avait pas lieu d’intervenir. Cette décision a immédiatement suscité l’incompréhension du banc marocain et de nombreux observateurs. Le débat ne porte donc pas uniquement sur l’existence du contact avec la main —visible sur les ralentis— mais sur l’interprétation du protocole et sur le seuil retenu pour déclencher une intervention de la VAR. Est-il à géométrie variable? Dans ce cas-ci, il l’a bel et bien été.
Quant au second but, relevons l’agressivité avec laquelle deux défenseurs français ont arraché le ballon au joueur marocain. Là aussi, des éléments mériteraient d’être revus. Issa Diop a pris un carton dans ce match pour bien moins que cela.
Une question de cohérence plus que de favoritisme
Aucune preuve objective ne permet aujourd’hui d’affirmer que le Maroc a été victime d’un favoritisme organisé en faveur de ses adversaires. Une telle accusation nécessiterait une analyse statistique exhaustive de l’ensemble des décisions arbitrales de la compétition et d’autres éléments probants.
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En revanche, les deux rencontres soulèvent une question bien plus solide: celle de la cohérence. Il est tout à fait légitime de demander des explications sur le fait que tous les arbitres désignés pour le match France–Maroc étaient de la même nationalité. Bizarre, non? Il n’y a eu qu’un seul cas du genre, et ce fut lors de ce match.
Pourquoi certaines actions ont-elles fait l’objet de longues revues alors que d’autres, tout aussi déterminantes, n’ont donné lieu à aucune révision visible? Certaines consultations des images ont même permis d’annuler des buts ou de confirmer/infirmer des corners.
Si l’arbitre a vu et revu l’action du penalty sifflé en faveur de la France, c’est peut-être parce qu’il a cherché à se convaincre lui-même de la faute, alors qu’il y avait bel et bien simulation du joueur français, connu pour ce genre de comportement. Pourquoi des contacts similaires semblent-ils parfois recevoir des traitements différents d’un match à l’autre?
Ces interrogations ne concernent d’ailleurs pas uniquement le Maroc. Tout au long du Mondial 2026, plusieurs sélections ont exprimé leur incompréhension face à des décisions VAR jugées inégales.
Pour une transparence accrue
La technologie VAR avait été introduite pour réduire les erreurs manifestes et renforcer la confiance dans l’arbitrage. Lorsqu’elle laisse subsister des décisions difficiles à comprendre, elle produit l’effet inverse: elle nourrit la suspicion. Michel Platini est allé très loin sur ce sujet en affirmant que les images pouvaient être truquées dans le but de justifier les décisions arbitrales.
La FIFA pourrait répondre à ces interrogations en publiant, comme cela existe dans d’autres sports, les échanges entre les arbitres de terrain et les arbitres vidéo, ainsi qu’un rapport détaillant les raisons ayant conduit à intervenir ou à ne pas intervenir sur les actions litigieuses.
Une telle transparence contribuerait à apaiser les débats. Car si l’erreur arbitrale fait partie du football, c’est son manque d’explication qui alimente durablement la polémique. En ce sens, les matches Maroc–Canada et France–Maroc resteront des cas d’école sur la nécessité d’une application plus lisible et plus uniforme du protocole VAR.
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On ne dit pas ici que le Maroc a été injustement éliminé, mais il est légitime tout de même de poser quelques questions fondamentales concernant la justice et la probité: le système de répartition dans les groupes et la manière dont sont faits les tirages n’épargnent-ils pas certaines équipes de grosses confrontations en début de compétition, au détriment d’autres?
