Quand on pointe au 7ème rang FIFA, on se doit d’atteindre les quarts de finale, qui correspond au cercle très fermé des huit meilleures sélections du monde. Tel était l’objectif théorique assigné à Mohamed Ouahbi et à ses joueurs. De ce point de vue, ils n’ont pas failli. Par moments, ils ont même frôlé l’excellence. Les trente premières minutes face au Brésil ont marqué les esprits. La manière dont cette équipe a étouffé les Pays-Bas, les privant de ballon et d’idées, aussi. En plus de la capacité de réaction dans des matchs mal engagés, face à Haïti et au Canada.
Mais la vérité d’une équipe ne se juge pas sur un seul match. Elle se lit sur l’ensemble d’un tournoi. Face à Haïti, et malgré un score flatteur (4-2), les Marocains n’ont pas dégagé une grande sérénité. Face au Canada, ils ont paru fébriles, et tout le monde s’accorde à dire que le score final (3-0) ne reflète en rien la physionomie du match.
Que dire alors de ce terrible quart disputé face au grand favori, et peut-être futur champion du monde, à savoir l’équipe de France conduite par Didier Deschamps? Au-delà de la défaite, qui n’a rien d’infamant, c’est le contenu qui a étonné et déçu. Ouahbi a surpris son monde en choisissant de défendre bas, très bas. Il est vrai que les absences de Saïbari et de Riad n’ont pas aidé. Mais elles n’expliquent pas tout. Les Marocains ont livré une sorte de non-match, donnant l’impression de n’être plus tout à fait eux-mêmes: fraîcheur physique en berne, intensité minimale, comme si le corps avait rendu les armes avant l’esprit.
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La marche était-elle simplement trop haute? Possible. L’équipe adverse était-elle trop forte? Possible aussi. Il n’empêche que Ouahbi nous doit certainement une explication. Quelle était exactement son plan de jeu? Que s’est-il passé pour que son équipe «oublie» tout, au point de paraitre perdue et complètement désarmée?
Reste à savoir ce qu’il faut retenir de cette campagne. Dans l’absolu, cette équipe est dans le vrai. Un quart de finale mondial, aussi frustrant soit-il dans son dénouement et surtout dans son contenu, ne doit pas effacer ce qui a précédé: une équipe capable de dominer des cadors, de faire douter des favoris, de redonner à tout un pays le droit de rêver grand et sans complexe. Le Maroc n’a pas seulement participé à ce Mondial, il l’a marqué de son empreinte, par séquences entières, avant de s’écrouler au moment où l’histoire s’écrivait en lettres capitales.
Ouahbi devra tirer les leçons de cette fin de parcours: gestion de l’effectif, rotation, fraîcheur physique, coaching, gestion de la pression, etc. Le sélectionneur a réussi des paris. Mais il en a raté d’autres… Ce Mondial confirme malgré tout que le Maroc appartient désormais au cercle restreint des nations qui comptent. Et qui confirment. Le ratage face à la France ne doit pas tout effacer. Mais il importe de décortiquer ce qui n’a pas marché avant de reprendre la marche en avant.
Ismaël Saibari déclenche sa frappe pour ouvrir le score face au Brésil, devant Gabriel Magalhães, lors du match de Coupe du monde 2026 dans le grand New York (AFP). AFP



































































