Mohamed Ouahbi et ses 26 Lions de l’Atlas s’attaqueront d’entrée à un véritable morceau lors de la Coupe du monde 2026. Le Brésil, nation historique du football, reste à ce jour la seule sélection à n’avoir jamais manqué une phase finale de Coupe du monde et détient toujours le record de titres remportés, avec cinq sacres (1958, 1962, 1970, 1994 et 2002).
Mais la Seleção reste aussi sur une longue attente. Vingt-quatre ans après son dernier titre mondial, elle enchaîne les désillusions, avec plusieurs éliminations avant le dernier carré, dont le traumatisme du 7-1 subi à domicile contre l’Allemagne en demi-finale du Mondial 2014. Dans ce contexte, les hommes de Carlo Ancelotti abordent l’édition organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique avec une mission claire, celle de remettre le Brésil sur le toit du monde.
En face, un Maroc transformé depuis son épopée historique au Mondial 2022. Première nation africaine à atteindre le dernier carré d’une Coupe du monde, les Lions de l’Atlas ont confirmé par la suite leur changement de dimension: une série historique de 19 matches sans défaite sous l’ère Walid Regragui, ponctuée par une CAN 2025 remportée à domicile, puis une 8e place mondiale au classement FIFA, elle aussi inédite dans l’histoire du football africain. De quoi afficher aujourd’hui un tout autre statut qu’au Qatar et installer le Maroc parmi les sélections qui comptent désormais sur la scène internationale.
Morocco's goalkeeper #01 Yassine Bounou reacts during the Africa Cup of Nations (CAN) group A football match between Morocco and Comoros at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on December 21, 2025. (Photo by SEBASTIEN BOZON / AFP). AFP
Mais côté brésilien, cette montée en puissance du football marocain est davantage perçue avec respect qu’avec inquiétude. Le360 Sport a interrogé deux journalistes brésiliens, Pedro Cunha (Cazé TV) et Duda Ribeiro (TNT Sports/Max), qui suivent au quotidien l’actualité de la Seleção au sein de deux des médias sportifs les plus influents du pays.
Un demi-finaliste oui, mais…
Si le Mondial au Qatar a changé le regard porté sur le Maroc, cela ne signifie pas pour autant que les Lions soient vus comme une puissance installée. Duda Ribeiro l’assume: «Oui, la dernière Coupe du monde et les résultats qui ont suivi ont fait passer le Maroc dans une autre dimension dans notre perception ici au Brésil. Mais je ne crois pas qu’il soit encore considéré comme une véritable puissance mondiale du football». Pour autant, elle ne minimise pas le choc du 13 juin prochain, le Maroc étant pour la journaliste, «l’adversaire le plus difficile du groupe. C’est une sélection que nous respectons et qu’il faudra préparer sérieusement. C’est une équipe qui inspire du respect et de la prudence, mais pas de la peur».
Lire aussi : Exclu360. Endrick: «Le match Brésil-Maroc pourrait être une demi-finale de Coupe du monde»
Même tonalité chez Pedro Cunha, habitué à suivre la Seleção dans les grandes compétitions: «Il y a un grand respect ici au Brésil pour les Lions de l’Atlas. C’est une très bonne équipe et beaucoup considèrent ce match comme l’une des grandes affiches de la phase de groupes. Mais cela reste un gros obstacle à franchir. Mais ça n’est pas la France, l’Espagne ou encore l’Argentine, qui restent, eux, les références à battre pour aller au bout».
Ni la France, ni l’Argentine, mais le Maroc représente tout de même un défi de taille que la Seleção et Endrick devront relever dès leur entrée en lice, comme il l’avait récemment confié à Le360 Sport: «C’est une équipe très forte. Elle a montré lors de la dernière Coupe du monde qu’elle n’était pas là simplement pour participer». Pour celui qui disputera son premier Mondial, ce Brésil–Maroc a même des allures de «demi-finale de Coupe du monde».
Un Brésil en mission
Si le Maroc inspire avant tout de la prudence, c’est aussi parce que le Brésil estime disposer aujourd’hui d’un effectif capable de renouer avec son histoire.
Pedro Cunha avance ses arguments: «Maroc-Brésil se jouera beaucoup sur la solidité défensive. Et pour moi, aujourd’hui, nous avons une meilleure défense avec par exemple, Gabriel (Arsenal NDLR) ou encore le capitaine du PSG, Marquinhos. Devant aussi, avec Neymar, Vinicius… les individualités nous semblent supérieures. Si on ajoute le travail d’Ancelotti et sa vision, cela donne une équipe très forte».
Lire aussi : Mondial 2026: Mohamed Ouahbi dévoile sa liste des 26 Lions de l’Atlas
Même lecture chez Duda Ribeiro, qui rappelle que le contexte émotionnel pèse aussi sur cette génération brésilienne: «Les dernières éliminations ont été très douloureuses pour le Brésil. C’est une blessure encore ouverte. Cette équipe arrive avec beaucoup de pression, mais aussi avec une envie immense de tourner la page».
Le 13 juin au MetLife Stadium, ce ne sera donc pas seulement l’entrée en lice du Maroc. Ce sera aussi un premier test grandeur nature pour une sélection marocaine attendue au tournant après son changement de statut, avec un effectif récemment dévoilé par le sélectionneur Mohamed Ouahbi, entre ossature déjà installée et nouveaux visages, à l’image d’Ayyoub Bouaddi.
Parce qu’au-delà du score, l’enjeu sera surtout de montrer que l’épopée qatarienne n’était pas un sommet isolé, mais le point de départ d’un Maroc désormais installé parmi les nations qui comptent.
























