Espagne. Real Madrid: Zidane, la fin de l'euphorie

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Pendant un an, le ciel était au beau fixe pour Zinédine Zidane. Mais l'élimination, subie mercredi en Coupe du Roi sous la pluie galicienne, a fini de doucher l'euphorie du Real Madrid, qui aborde vent de face la seconde partie de saison.

Le 26/01/2017 à 17h54

Dire qu'il y a dix jours, tout allait pour le mieux au Real, invaincu pendant 40 matches d'affilée! Les médias espagnols s'émerveillaient de la "Felizidane" (mot-valise mêlant "bonheur" et "Zidane") et parlaient déjà d'un possible triplé Liga-Coupe-Ligue des champions cette saison, un exploit inédit dans l'histoire du club merengue. Et puis patatras: le Real, qui reste sur une seule victoire en cinq matches, a fait une croix mercredi sur ce triplé rêvé en chutant en quarts de Coupe du Roi à Vigo (1-2, 2-2).

Soit le premier titre dont la perte est directement imputable à Zidane: le Français a tout remporté sur son passage depuis sa nomination en janvier 2016 (Ligue des champions, Supercoupe d'Europe, Mondial des clubs), sauf la Liga 2015-2016, mais cet échec-là s'explique par le retard légué par son prédécesseur Rafael Benitez.

"Je suis le responsable de l'équipe", a assumé le technicien français mercredi. "Nous allons continuer avec le même discours, en travaillant bien à l'entraînement et en nous battant dans les autres compétitions. Dans celle-ci, cela n'a pas été possible." Les mauvais souvenirs assaillent le Real: en janvier 2015, l'équipe de Carlo Ancelotti avait elle aussi sombré quelques jours après son sacre au Mondial des clubs.

"Le rêve d'un triplé est reporté pour une autre saison, tandis que grandit le cauchemar d'un autre mois de janvier fatal", a résumé le quotidien sportif madrilène Marca jeudi. Et le journal redoute que l'effectif merengue soit "touché au moral".

Il n'y a pas qu'au moral que le Real est touché: les corps aussi sont meurtris. Gareth Bale, Marcelo, Luka Modric, Dani Carvajal, Pepe... Cela fait beaucoup d'absents et Zidane a dû bricoler une défense improvisée mercredi. "Ce qui me dérange, c'est que je vois qu'il y a de la casse", pestait l'entraîneur merengue ce week-end. A ces blessures s'ajoutent les méformes de plusieurs cadres. Le plus emblématique reste le quadruple Ballon d'Or Cristiano Ronaldo, pas très inspiré.

S'il a inscrit un somptueux coup franc de près de 30 mètres, le Portugais a inexplicablement raté mercredi une occasion toute faite, trouvant le poteau face à la cage vide. Signe, peut-être, que "CR7" peine à digérer la décompression après son inoubliable année 2016, de même que ses récents démêlés fiscaux. Tout n'est cependant pas sombre pour le Real, qui reste solidement installé en tête de la Liga avec un point d'avance sur Séville, deux sur Barcelone et un match en retard à disputer en février. De même, le huitième de finale de C1 contre Naples semble dans ses cordes.

Zidane, lui, se raccroche à la belle générosité de ses joueurs, passés près de l'exploit à Vigo: "nous avons fait un grand match jusqu'au bout et il nous a manqué peu de choses, a-t-il fait valoir. Nous ne baissons pas les bras." Le technicien français a aussi dit croire à un électrochoc: après tant de matches sans perdre, ses joueurs risquaient de tomber dans la facilité. Reste désormais à remobiliser tout le monde pour le choc de haut de tableau prévu dimanche en Liga contre la Real Sociedad (5e).

Et si, au fond, cette élimination en Coupe du Roi était un mal pour un bien? Affaibli par les blessures, le club merengue va s'éviter début février une demi-finale en matches aller-retour qui aurait engorgé son calendrier. Et le Real pourra préparer sereinement la réception de Naples le 15 février. En Ligue des champions, sa compétition fétiche, celle à même de ramener le soleil au-dessus de la "Maison blanche".

Par Le360 (avec AFP)
Le 26/01/2017 à 17h54