Le champion du monde 2010 (41 ans), l'un des plus beaux palmarès du football espagnol, va retrouver sa "maison", un destin qui semblait tout écrit pour ce disciple de Johan Cruyff et de Pep Guardiola, biberonné au "tiki-taka", le jeu de possession popularisé par le grand Barça au tournant des années 2010.
Ce retour à la maison ramène la "Maquina" (la machine, son surnom en espagnol) au début de son histoire d'amour avec Barcelone, interrompue en 2015 par son départ pour porter les couleurs d'Al-Sadd au Qatar, juste après avoir remporté une quatrième Ligue des champions, la dernière gagnée par le club catalan.
C'est sous l'ère Guardiola (2008-2012) que le monde s'est émerveillé devant les passes téléguidées de ce milieu de terrain d'une précision chirurgicale, maître d'oeuvre de l'édifice catalan qui dominera l'Europe pendant plusieurs années... tout en restant dans l'ombre de Lionel Messi et autres superstars.
Ayant raccroché les crampons en 2019 pour débuter comme entraîneur avec Al-Sadd, Xavi reste un technicien relativement inexpérimenté. Mais il a commencé à développer sa science du jeu et sa connaissance encyclopédique du football des années plus tôt.
Jamais Ballon d'Or
Petit, râblé (1,70 m et 67 kg), Xavi rejoint à onze ans la Masia, le centre de formation du FC Barcelone, à une trentaine de kilomètres au sud-est de sa ville de naissance, Terrassa. Il en gravit tous les échelons jusqu'à ses débuts en équipe première en 1998, à 18 ans.
Et malgré les doutes suscités au départ par son frêle gabarit, il deviendra bientôt titulaire puis capitaine, collectionnant les titres: quatre Ligues des champions (2006, 2009, 2011, 2015), huit championnats d'Espagne, ainsi qu'un Mondial (2010) et deux Euros (2008, 2012) avec l'Espagne (133 sélections).
Au total, Xavi Hernandez a cumulé 25 trophées en 767 matches avec le club catalan, seulement dépassé au nombre d'apparitions en blaugrana par Lionel Messi (778 matches au total).
Malgré cette carrière exceptionnelle, le Catalan n'a jamais obtenu le Ballon d'Or, souvent devancé par son équipier Messi, comme en 2010 malgré le titre mondial.
Peu importe: Xavi joueur, c'était le collectif avant tout. "Pour moi, le football, c'est imaginer des combinaisons et des passes", a-t-il expliqué un jour.
Et Xavi entraîneur de Barcelone, c'était écrit. "Mon objectif principal, quand cela pourra se faire, c'est le Barça. C'est ma maison, et ce serait un rêve", confiait-il à Marca en juillet 2020.
Brillant mais discret
Parmi ses modèles, Xavi cite son père, "en plus de Cruyff, qui a changé l'histoire du football, et de Joan Vila (ancien cadre de la Masia, NDLR), mon père footballistique, qui en sait plus sur le cruyffisme que Cruyff lui-même", énumérait-il l'an dernier dans un entretien à La Vanguardia.
"Et Guardiola aussi, une grande influence" que Xavi a côtoyé dans le vestiaire blaugrana avant de lui prendre sa place dans l'entrejeu... puis de devenir son porte-voix sur le terrain.
A-t-il dû faire des concessions sur son idée du football en passant de joueur à entraîneur? "Peu, en vérité", a balayé Xavi avant de remporter son premier titre sur un banc en devenant en avril 2021 champion du Qatar avec Al-Sadd.
"Je crois au fait de garder le ballon le plus possible, avec une pression haute, au fait de jouer dans la moitié de terrain de l'adversaire, en l'agressant avec des attaques. C'est le football que j'ai vécu au Barça et avec la +Roja+", fait-il valoir.
Joueur brillant mais homme discret, il laisse transparaître peu de choses de sa vie personnelle: à peine lui connaît-on une passion pour la cueillette de champignons, à laquelle il a initié Gerard Piqué et sa compagne Shakira.
Et une générosité remarquée. Avec la journaliste catalane Nuria Cunillera, son épouse depuis 2013, Xavi a fait don d'un million d'euros à des hôpitaux de Barcelone en pleine pandémie au printemps 2020, trois mois avant d'être lui-même atteint par le coronavirus.
De la générosité, du beau jeu, et une faim vorace de victoires: c'est le cocktail Xavi Hernandez, un remède que le Barça espère salutaire.
