Au moment de la première candidature du milliardaire sud-africain en 2020, on espérait. On rêvait d’un souffle nouveau, d’une gestion de capitaine d’industrie, moderne et transparente. On imaginait une institution loin de la gestion dictatoriale d’Issa Hayatou ou des gaffes répétées d’Ahmad Ahmad. Quelle désillusion! Six ans plus tard, celui que l’on croyait bâtisseur s’est mué en VRP de son ambition présidentielle dans son pays, probablement pour l’échéance de 2027. Il est devenu un collectionneur de selfies, déclamant à chaque escale le même stéréotype usé jusqu’à la corde: «I come to visit my brother President X» (Je viens rendre visite à mon frère, le président X). Des déclarations mielleuses devant les caméras qui ne servent qu’à masquer une absence totale de réformes.
Quant au bilan de campagne de «My Brother», il ressemble au néant. Sa gestion? La politique de l’autruche. Son excuse? «Les commissions sont indépendantes». Pratique pour regarder le navire couler sans se mouiller les pieds. La CAF, naguère sous la tutelle directe de la FIFA, semble ne jamais s’en être émancipée. Veron Mosengo Omba, l’ami d’enfance de Gianni Infantino, est toujours en place. Il est désormais le «hors-la-loi de la CAF», comme le rappelle si justement mon excellent confrère nigérian Osasu Obayiuwana, squattant son poste malgré le fait qu’il a dépassé la limite d’âge, piétinant ainsi allègrement les statuts, l’éthique de l’institution et les principes élémentaires de bonne gouvernance.
Patrice Motsepe et Véron Mosengo-Omba.
Un bilan en ruines. Fini les matchs sous le cagnard? Mensonge. Les matchs de Coupes des clubs à 14h continuent de griller la santé des joueurs. L’arbitrage reste le cancer du continent. Comble du ridicule: la VAR fonctionne cahin-caha, uniquement à partir des quarts de finale. On navigue à vue: le CHAN 2025 déprogrammé à 15 jours du but, et la CAN 2028 qui se profile sans candidats déclarés et assumés. C’est le vaudeville permanent.
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Et pendant ce temps, Motsepe assiste passivement au «Sport Mondial» qu’est devenu le Morocco Bashing. Le Royaume, sous la vision éclairée de SM le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, tire le football africain vers le haut. En retour? Des vols qualifiés. La WAFCON en fut le premier acte. La finale contre le Sénégal le second, en haute définition.
Le dernier passage de celui qui se prétend journaliste indépendant le dénommé «Romain des Bois» de la presse d’investigation sur les canaux algériens a fini de doucher toute crédibilité. Le masque est tombé pour celui dont le papa est natif de Tlemcen, et qui se prétendait pourtant le défenseur du football dans sa pureté originelle. Il est épaulé par les plumitifs et les brouettes de l’Hexagone. Sans oublier l’inévitable Hafid Derradji. Un Derradji à la solde des caporaux d’Alger, qui écrit tout et surtout n’importe quoi. Le tout, sans aucun rappel à l’ordre de sa hiérarchie à Doha.
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Ce concert de désinformation ne perturbe pas le sommeil de plomb de la CAF. Il peut même l’arranger au nom du fameux principe des coquelicots. Un sommeil profond, alors même que le Maroc vient d’organiser la meilleure CAN de l’histoire, plaçant la barre à un niveau d’excellence jamais atteint. D’un côté, la vision royale mise en pratique par la FRMF: l’action, l’infrastructure, la formation et le bien commun. De l’autre, Motsepe: la parlote, le désordre et l’ingratitude.
Le prochain Comex de la CAF doit devenir l’épilogue d’une gestion immobiliste et sans vision. Ce rendez-vous ne peut plus se contenter de demi-mesures ou de sourires de façade. Il est l’heure des comptes. Il est l’heure du redressement de la CAF vers la crédibilité.
Il appartient désormais au Président de la CAF de saisir le sens de l’historie et de passer enfin à l’action. Monsieur Motsepe, changez de cap. Sinon, l’histoire ne retiendra de vous qu’un amateur de paillettes chantant du Dalida devant les micros: « Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots...»










