CAN 2025: Claude Le Roy rétropédale maladroitement après ses accusations contre le Maroc, la CAF et la FIFA

Claude Leroy

Après ses propos virulents à la suite du verdict du Jury d’appel de la CAF, Claude Le Roy a tenté de recadrer son discours. S’il dédouane le Maroc, l’entraîneur français maintient des accusations lourdes contre Patrice Motsepe et Gianni Infantino.

Le 21/03/2026 à 16h35

Claude Le Roy souffle le chaud et le froid. Pris dans la tourmente après ses déclarations fracassantes à la suite du verdict du Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF), l’entraîneur français a tenté de rectifier le tir dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Mais derrière ce rétropédalage partiel, le fond de son discours reste inchangé: une charge frontale contre la gouvernance du football africain et mondial.

Pour rappel, le Jury d’appel de la CAF a tranché en faveur du Maroc, déclarant le Sénégal forfait en application des articles 82 et 84 du règlement, et homologuant le résultat sur un score de 3-0 en faveur de la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

Le 18 janvier, jour de la finale au Complexe Moulay Abdellah de Rabat, la rencontre a basculé dans une séquence de grande confusion. Dans le temps additionnel de la seconde période, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse, sur instructions de leur sélectionneur Pape Thiaw, pour protester contre un penalty accordé au Maroc.

S’en est suivie une interruption d’environ 16 minutes. Les joueurs sont ensuite revenus sur le terrain, Brahim Diaz manquant le penalty. La rencontre s’est prolongée, et le Sénégal a fini par s’imposer grâce à un but de Pape Gueye.

Un scénario inédit, qui a conduit, plusieurs semaines plus tard, à la décision du Jury d’appel de la CAF.

Face à la polémique, Claude Le Roy a tenté de clarifier sa position: «la façon dont les gens ont perçu ce que j’avais dit sur la finale de la Coupe d’Afrique des Nations… Moi, j’en veux à deux personnages, que je considère comme sombres: le président de la CAF et le président de la FIFA. Mais surtout pas au Maroc, qui n’était absolument pour rien dans toute cette affaire».

Il insiste également sur l’interprétation de ses propos: «on a cru que, parce que je contestais cette décision intervenue deux mois après, je me retournais contre le Maroc. Pas du tout».

L’entraîneur français reconnaît même le mérite sportif des Lions de l’Atlas: «le Maroc a réalisé une Coupe d’Afrique des nations exceptionnelle, la plus belle de toute l’histoire. Il méritait, sur l’ensemble de son parcours, de remporter le titre». Avant d’ajouter une nuance sur la finale: «mais sur la finale, c’était plutôt le Sénégal».

Pour autant, Claude Le Roy n’a rien retiré de ses critiques de fond. Dans ses déclarations initiales, accordées à La chaîne L’Équipe, il s’est montré particulièrement dur envers les instances: «je ne pouvais pas penser une seule seconde que la CAF allait pouvoir aller aussi loin dans le grand-guignolesque».

Avant d’aller plus loin dans ses accusations: «quand on voit comment la CAF est dirigé par Monsieur Motsepe, le vassal de Gianni Infantino, qui voulait depuis le début, absolument donner cette Coupe au Maroc. Je pense que derrière tout ça, il y a pleins de magouilles, pleins de tambouilles, on est en plein période électorale, donc on peut voir un peu tout ce qui se passe, pour décider que le Maroc est champion».

En tentant de corriger le tir, Claude Le Roy cherche à recentrer le débat sur ses cibles initiales, Gianni Infantino et Patrice Motsepe, qu’il continue de viser sans détour. Mais en évitant soigneusement tout commentaire sur le comportement de l’équipe nationale du Sénégal, l’entraîneur français laisse apparaître une certaine partialité.

Par Adil Azeroual
Le 21/03/2026 à 16h35