Grâce à un nouveau but de Brahim Diaz, en véritable patron de cette Coupe d’Afrique des nations, le Maroc s’est qualifié pour les quarts de finale de sa CAN en venant à bout de les Taifa Stars (1-0). Une victoire méritée pour les hôtes, longtemps contrariés par un bloc tanzanien très discipliné et bien organisé.
Pour mieux comprendre cette prestation exigeante des Lions de l’Atlas, Abdellah Kharbouchi, ancien international marocain en 2005, ex-joueur professionnel, aujourd’hui entraîneur et analyste, a livré à Le360 Sport son décryptage tactique.
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La Tanzanie gare le bus pour faire douter
Face au Maroc, la Tanzanie est venue avec une idée claire, celle de fermer les espaces, ralentir le jeu et pousser les Lions dans le doute. Organisés dans un système en 5-2-1-2, parfois en 5-3-2, les Taifa Stars ont très souvent évolué en 5-4-1 en phase défensive, avec un gros regroupement devant leur surface.
Peu dangereuse offensivement, «la Tanzanie a mis en place un bloc bas très compact, en attendant les pertes de balle marocaines pour contre-attaquer», analyse Abdellah Kharbouchi. Une «stratégie qui a bien failli payer», notamment avec une grosse occasion sur contre à la 55e minute, la plus nette de leur match.

Si les Tanzaniens n’ont pas totalement refusé le jeu, leurs intentions offensives sont restées limitées: «Une seule situation notable en première période, sur un ballon en profondeur côté droit suivi d’un centre mal exploité», poursuit l’analyste, avant de noter que, même si les Taifa Stars ne se sont pas trop projetés vers l’avant, ils sont parvenus à «faire reculer le Maroc durant une dizaine de minutes».
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Un Maroc dominateur mais parfois trop pressé
L’axe étant totalement fermé par le dispositif tanzanien, les Lions ont progressivement compris que la solution viendrait d’ailleurs, comme c’est souvent le cas face à un bus garé: «Le Maroc a vite identifié que l’axe était bouché, et qu’il fallait absolument passer par les côtés pour déséquilibrer ce bloc», poursuit-il.
Et comme attendu, les Lions de l’Atlas ont confisqué le ballon, avec 70,5% de possession: «Il y a eu une domination claire dans la possession sur l’ensemble de la rencontre, mais face à un adversaire très regroupé», souligne Kharbouchi.

En première période, les hommes de Walid Regragui se sont créé plusieurs occasions, mais ont manqué de justesse: «Le Maroc a parfois confondu vitesse et précipitation, avec beaucoup de pertes de balle et de mauvaises décisions, surtout en première mi-temps», explique l’ancien international marocain.
L’axe étant totalement fermé par le dispositif tanzanien, les Lions ont alors progressivement compris que la solution viendrait d’ailleurs, «et qu’il fallait passer par les côtés» pour déséquilibrer ce bloc.
Les côtés, clé du déblocage
Face aux difficultés, les joueurs de couloir se sont avérés salvateurs. Kharbouchi mentionne: «(Brahim) Diaz, (Achraf) Hakimi, Ez Abde, (Noussair) Mazraoui», comme les éléments qui ont fait la différence: «Les orientations de jeu de (Bilal) El Khannouss ont aussi permis d’aérer le jeu et d’exploiter toute la largeur du terrain», rajoute Abdellah Kharbouchi.
Le changement dans l’animation offensive des Lions a payé, avec le seul et unique but inscrit par celui qui devient le meilleur buteur des Lions dans cette CAN marocaine, Brahim Diaz, avec «une combinaison Hakimi-Diaz» parfaite, qui a permis aux hôtes de poursuivre leur compétition.

Une défense qui ne manque pas à l’appel
Si l’attaque a longtemps cherché la solution, le Maroc a su rester solide derrière, bien que les occasions des Taifa Stars n’aient pas été nombreuses: «L’équipe a été agressive à la récupération pour l’empêcher de s’installer, avec un pressing haut et un bloc compact pour mettre la pression, et stopper les contres adverses par des récupérations rapides ou des fautes tactiques», observe Kharbouchi.
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Une tactique tanzanienne presque payante
Le plan tanzanien était limpide: faire douter le Maroc, casser le rythme et espérer un coup: «La stratégie était claire, ralentir le jeu, attendre une erreur ou aller jusqu’aux tirs au but. Ça a failli fonctionner, mais ça n’a pas suffi», conclut Abdellah Kharbouchi.
Au final, le Maroc a su faire preuve de patience et de maîtrise pour s’imposer sur la plus petite des marges. Un succès précieux, qui envoie les Lions de l’Atlas en quarts de finale, confirmant un collectif capable de s’adapter, même quand le chemin est semé d’embûches.
Les Lions de l’Atlas contre les Taifa Stars de la Tanzanie, pour les 8e de finale de la Can 2025, au Complexe Moulay Abdellah














