Et maintenant, on fait quoi?

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Le goût amer laissé par la décevante finale Maroc–Sénégal doit désormais laisser place au goût du travail. Celui du dépassement de soi, du fond, et de la continuité.

Le 20/01/2026 à 16h04

Deux jours après la désillusion de cette 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations, pourtant remarquablement organisée au Maroc, les débats continuent. Sur les réseaux sociaux, dans les médias, à travers une succession de communiqués et de prises de parole. Car au final, les dysfonctionnements venus entacher ce qui doit rester une fête du football africain doivent être traités. Les décisions prises par la FRMF, les condamnations de la CAF, les sorties médiatiques de certains représentants, tout cela mérite d’être clarifié. Non pas pour réécrire l’histoire de la finale, mais pour rétablir un cadre.

Lorsqu’une compétition s’achève sur des comportements qui dépassent le rectangle vert, qui ignorent l’esprit et la lettre d’un règlement, le débat ne se limite plus au score final. Le retrait momentané de l’équipe sénégalaise du terrain, face à des Marocains prêts à reprendre le jeu, l’attitude figée du corps arbitral, et la plainte déposée par la FRMF évoquant «un impact significatif sur le déroulement normal de la rencontre et sur la performance des joueurs» s’inscrivent dans cette logique. D’autant plus que, depuis le début du tournoi, l’organisation marocaine avait été unanimement saluée.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir qui méritait de soulever le trophée. La question est de savoir comment protéger et défendre un Maroc ambitieux, travailleur, fier de porter une compétition continentale et de servir d’exemple pour l’avenir du football africain. Respecter l’Afrique commence par respecter ses compétitions.

Le travail de fond engagé par le Royaume, porté par une vision claire, une équipe prête à se battre pour son maillot et un peuple désireux de célébrer l’union de tout un continent sur ses terres, a été mis sous tension par des polémiques répétées. Et ce, dès le coup d’envoi le 21 décembre 2025, tant certaines critiques ont émergé, parfois jusqu’à l’excès, allant de considérations sportives à des reproches logistiques déjà largement anticipés et maîtrisés.

Pour autant, le travail du Maroc, pour le Maroc, continue. Il a débuté il y a plusieurs années, a connu des ajustements, parfois des turbulences, et a atteint un pic émotionnel lors de cette finale. Mais il ne s’arrête pas là. Les stades rénovés, les pelouses de haut niveau, une sélection en constante évolution et des joueurs qui mouillent le maillot témoignent d’une ambition durable et d’un attachement profond au football national.

Les objectifs déjà atteints, les U23, U17, le CHAN, U20, la Coupe arabe, ne sont ni des accidents ni des exceptions. Ils s’inscrivent dans une trajectoire. Et les objectifs futurs ne doivent en aucun cas être fragilisés par une seule rencontre, aussi marquante soit-elle, surtout s’il s’agit d’un scénario aussi fou et hors de contrôle.

Le goût amer laissé par la décevante finale Maroc–Sénégal doit désormais laisser place au goût du travail. Celui du dépassement de soi, du fond, et de la continuité.

Si certains persistent dans des débats stériles ou des attaques déplacées, le Maroc doit regarder vers l’avant. Sans éluder les problèmes, mais sans s’y enfermer. Laisser les instances compétentes traiter les aspects juridiques, et permettre au football de reprendre ses droits. Comme ce pseudo-influenceur algérien, incapable de respecter un lieu public et condamné pour des agissements aussi immoraux qu’humiliants pour lui-même, mais surtout pour l’image d’un football africain qu’il prétendait représenter.

Sportivement, la finale a été disputée. Les Lions de l’Atlas ont eu des occasions, sans parvenir à les concrétiser. Le Sénégal s’est montré dangereux. Le scénario aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre. Mais le football ne se réécrit pas à coups de «si».

Les Lions de l’Atlas, eux, ont répondu présents à leur CAN. Ils ont travaillé, parfois commis des erreurs, mais jamais manqué de respect sur leur propre terre. Ounahi, Saiss, Igamane, Amrabat se sont battus, parfois jusqu’à la blessure. Walid Regragui portait l’ambition sincère d’offrir ce titre à son peuple.

Et la joie et la fierté, les yeux en feu, de Brahim Díaz à cette CAN ne doivent pas non plus tomber aux oubliettes.

La décision de tirer ce penalty lui appartenait, pleinement et uniquement. Et le monde du football ne doit pas tomber dans le piège de tourner le dos à un joueur, animé par rendre son pays fier, dès lors où il a choisi de porter la tunique rouge. Ce serait reproduire exactement ce que cette 35e édition a parfois laissé transparaître, des réactions à chaud, des jugements expéditifs, et des soi-disant frères prompts à retourner leur veste pour s’acharner sur l’un des leurs.

Chacun tirera ses propres conclusions de ce tournoi et de cette finale. Mais une chose demeure pour nous, Marocains, et les valeurs et les objectifs de notre football ne doivent jamais être remis en cause par des polémiques passagères.

Le Maroc apprend, parfois dans la douleur, ce que certaines dérives peuvent produire. Mais il continue d’avancer, fidèle à sa trajectoire, déterminé à construire, à inspirer ceux qui veulent l’être, et à continuer de miser sur son ballon rond, tant il demeure un vecteur de fierté pour nous.

Donc, on passe à autre chose.

Par Magda Soltani
Le 20/01/2026 à 16h04