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Lekjaa, la jurisprudence Moutko et le “NoBody” algérien

Fouzi Lekjaa, président de la FRMF. © Copyright : DR
Fouzi Lekjaa est devenu la cible de la presse algérienne, et tout particulièrement de celle connue pour ses accointances avec la junte militaire.
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On a coutume de répéter que le football est un sport universel, qu’il unit les peuples et permet à des cultures diverses de se découvrir. Le propos peut paraître au mieux naïf, au pire lénifiant, mais il n’en est pas moins vrai. Prenons l’exemple de la dernière date FIFA et plus précisément des éliminatoires de la Coupe du Monde Qatar 2022-Zone Afrique. Des dizaines de nations africaines ont choisi d’accueillir leurs matchs dans un pays d’Afrique du nord, qui dispose de plusieurs stades aux normes internationales. 

Malheureusement, cette richesse en matière d’infrastructure sportive incommode dirigeants, journalistes et analystes d’un autre pays de la même région qui, lui, n’arrive même pas à fournir une pelouse digne de ce nom à sa propre équipe nationale. 

Pour éteindre la colère de leur sélectionneur, de leurs joueurs vedettes et du public, les personnes citées un peu plus haut sortent le mot magique: complot. 

Ainsi, selon eux, ledit pays serait derrière tous les maux dont souffre leur nation (pénurie d’eau courante, inflation, chômage, feux de forêt, perte de pouvoir d'achat, harragas qui quittent par centaines chaque jour le pays…), mais surtout, il est le principal responsable de l’état catastrophique de la pelouse de leur stade. 

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Ces manœuvres, qui viseraient à déstabiliser leur équipe nationale, seraient commandées par un seul homme: le président de la Fédération du pays voisin, qui est également membre du Conseil de la FIFA et du Comité exécutif de la CAF. 

Fouzi Lekjaa, parce que c’est bien de lui qu’il s’agit, est devenu la cible de la presse algérienne, et tout particulièrement de celle connue pour ses accointances avec la junte militaire. 

Ces journaleux pro-régime militaire ne manquent aucune occasion pour discréditer le patron de la FRMF. Cet acharnement s’est accentué depuis que le Berkani a rejoint le gouvernement Akhannouch en tant que ministre délégué auprès du ministre de l'Économie et des Finances, chargé du Budget. Ils demandent désormais à ce que Lekjaa soit exclu du Conseil de la FIFA. Rien que ça!

Mais offrons-leur le bénéfice du doute et écoutons leurs arguments; ils ont peut-être des raisons valables, autres que leur haine envers le Maroc. 

Dans sa plaidoirie, un certain M.T. s’est référé aux statuts de l’instance dirigeante du football mondial et plus précisément à l’alinéa 4.2 qui explique que la “FIFA demeure neutre en matière de politique et de religion. Des exceptions peuvent être faites pour des questions touchant aux objectifs statutaires de la FIFA”.  

Cependant, Lekjaa ne touche en aucun cas à la neutralité de cette instance puisqu’il n’a aucune appartenance politique. Son seul crime: porter la nationalité dudit pays d’Afrique du nord tant détesté par le régime qui gouverne notre ami M.T. 

Une attitude raciste qui est d’ailleurs condamnée par cette même FIFA conformément à l’alinéa 4.1, se trouvant juste au-dessus de celui présenté par notre journaleux: “Toute discrimination d’un pays, d’un individu ou d’un groupe de personnes pour des raisons de couleur de peau, d’origine ethnique, géographique ou sociale, de sexe, de handicap, de langue, de religion, de conceptions politiques ou autres, de fortune, de naissance ou autre statut, d’orientation sexuelle ou pour toute autre raison est expressément interdite, sous peine de suspension ou d’exclusion”.

Passons à N.B., un autre avocat du diable, qui a peut-être d’autres ratiocinations. Dans son torchon, il évoque la jurisprudence Vitali Moutko. “Ex-ministre des Sports entre 2008 et 2016, Vitali Moutko devient vice-président du gouvernement de la Russie de 2016 à 2020 et préside le Comité d’organisation de la Coupe du Monde 2018, en Russie, tout en siégeant au Conseil de la FIFA, depuis 2009. En 2017, il brigue un nouveau mandat à l’exécutif de l’instance zurichoise, mais sa candidature est rejetée par le Comité de gouvernance de la FIFA”, écrit N.B. 

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“NoBody”, parce que c’est ton nouveau surnom désormais, tu viens, comme un grand, de démolir ta propre défense. Moutko était ministre des sports de 2008 à 2016 et ça ne l’a pas empêché de siéger au Conseil de la FIFA, depuis 2009. Il a été déclaré “non éligible” en raison d'un risque de conflit d'intérêt, puisqu’il était président du Comité d'organisation du Mondial 2018 en Russie, mais surtout en raison de sa fonction de vice-Premier ministre. 

Moutko faisait également partie des responsables russes cités dans le rapport McLaren consacré au vaste scandale de dopage d'État en Russie de 2011 à 2015, notamment lors des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi en 2014. Un détail que tu as visiblement oublié de préciser. 

Ce n’est point une surprise que les médias algériens s’acharnent contre tout ce qui se rapporte au Maroc, mais que des journalistes étrangers adoptent la même turpitude, se contentant de traduire les torchons de M.T. et de N.B., là ça devient douteux. 

Serait-ce une manière de discréditer le président de la FIFA, Gianni Infantino, et un membre de son conseil à quelques semaines du vote pour le changement de la périodicité de la Coupe du monde? 

Cher “NoBody” ne cherche pas à comprendre au risque de te ridiculiser encore plus.

Par Adil Azeroual
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