De l’hiver qatari à l’hiver marocain, il y a une même ligne droite: celle d’un Maroc qui ne se contente plus de «faire bonne figure», mais qui s’installe durablement parmi les puissances du football mondial. En janvier 2026, le classement FIFA consacre cette trajectoire: les Lions de l’Atlas grimpent à la 8e place mondiale, un rang jamais atteint depuis la création du classement en 1993. Mieux encore, le Maroc devient la première nation africaine à atteindre ce niveau, et signe au passage un retour dans le Top 10 pour la première fois depuis avril 1998.
Avant 2022, le Maroc figurait déjà parmi les meilleures sélections du continent, mais sans franchir le plafond symbolique des toutes premières places mondiales. Puis est venu le basculement: 22e avant la Coupe du monde 2022, le Maroc s’est mis à enchaîner les bonnes prestations. Au Qatar, les Lions de l’Atlas ont réalisé l’impensable: une demi-finale historique, une première pour une nation africaine. Ce n’était pas un «coup» isolé, mais le début d’un nouveau cycle.
Car la vraie différence se lit dans la continuité. Après l’épopée mondiale, l’équipe nationale a appris à vivre avec un nouveau regard posé sur elle: celui des grandes nations, qui préparent le Maroc comme un adversaire majeur, et non plus comme une sélection «piégeuse».
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La suite n’a pas qu’un long fleuve tranquille. La CAN 2023 en Côte d’Ivoire, conclue par une sortie en huitièmes, a rappelé une vérité simple: la grandeur ne se décrète pas, elle se consolide. Mais ce passage à vide n’a pas cassé l’élan. Il l’a, au contraire, rendu plus exigeant.
Record de victoires
En 2025, le Maroc renoue avec une dynamique impressionnante, au point d’inscrire son nom dans les livres des records: 19 victoires consécutives en matchs internationaux, une série présentée comme un record mondial.
La mise à jour de janvier 2026 vient poser un tampon officiel sur cette montée en puissance: 8e au monde (+3). Même si la finale continentale perdue à domicile laisse un goût amer, elle n’a pas effacé le principal: le Maroc a franchi un cap symbolique et statistique, celui des sélections qui vivent en permanence dans le haut du tableau.
Le plafond enfin brisé
Pendant ce temps, le Sénégal, sacré champion d’Afrique, signe lui aussi un bond notable en rejoignant la 12e place (+7), son meilleur classement. Un contexte qui confirme une tendance: le football africain avance, mais le Maroc, lui, s’installe dans une dimension encore rarement touchée sur le continent.
La qualification pour la Coupe du monde 2026 (États-Unis, Mexique, Canada) donne une perspective immédiate à ce classement: le Maroc ne voyagera plus en Amérique du Nord avec le costume de l’outsider sympathique. Être 8e mondial, c’est entrer dans la zone des équipes que l’on cite naturellement parmi les favoris, aux côtés des géants habituels.
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Bien sûr, un classement ne marque pas de buts. Mais il dit quelque chose de fondamental: la régularité, la densité des résultats, la capacité à gagner souvent, contre des adversaires variés, dans des contextes différents. Et surtout, il impose une nouvelle pression, presque une nouvelle culture: celle où une finale perdue ne devient pas un «exploit quand même», mais une déception. C’est peut-être le signe le plus clair que le Maroc a changé de dimension.
Pendant des décennies, les sélections africaines ont souvent flirté avec l’excellence sans parvenir à s’installer durablement dans les toutes premières places mondiales. Le Maroc, lui, vient de briser un plafond: 8e, ce n’est pas seulement un chiffre. C’est un message envoyé au monde du football: les Lions de l’Atlas ne sont plus un épisode marquant, ils deviennent une habitude au sommet.
Et si l’histoire du Maroc version 2022 avait été celle de la surprise, l’histoire du Maroc version 2026 est désormais celle de la confirmation.












