Ne cherchons pas très loin. Le quart de finale Maroc-Cameroun (2-0) correspond, en termes de contenu, à la plus grosse performance des Lions de l’Atlas depuis le Mondial du Qatar. Ce n’est pas une question de système de jeu, ni de composition de départ, même si le choix des hommes reste toujours primordial.
Le fin mot est l’intensité. Les Marocains ont mis une intensité folle, extraordinaire, qu’aucune autre sélection n’a pu mettre lors de cette CAN. C’est cette intensité qui a fait dire à Ounahi que le Maroc a disputé, ce soir-là, un match de Coupe du monde. Une intensité que les Lions n’ont jamais atteint lors de la CAN de Côte d’Ivoire, et qui est indispensable pour gagner une compétition aussi dure que la CAN.
Dans le passé, le contexte du match à élimination directe a toujours plombé les Marocains. On en a d’ailleurs eu un aperçu en début de match face à la Tanzanie, dans les huitièmes (1-0). Pour obtenir une intensité maximale, et surtout immédiate, il faut d’abord une grande force mentale. Une motivation supérieure. Sur ce point, le rôle du coach, avec son discours, ses mots, sont l’équivalent d’une passe décisive. Ça peut faire gagner un match.
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L’autre facteur déterminant s’appelle le foncier, c’est-à-dire le physique. Lequel physique ne se limite pas à l’agressivité sur le porteur de ballon et à l’impact direct, nécessaires pour gagner les duels. Le physique, c’est aussi le volume de courses, la «démultiplication» qui permet à la fois de créer des espaces pour amener le danger, mais aussi à colmater les brèches pour annihiler les offensives adverses.
Sur ce plan, l’implication des Marocains a été tout simplement magnifique. C’est ce point qui a fait fléchir le Cameroun et l’a empêché de cadrer la moindre frappe. Les Marocains donnaient en effet toujours l’impression d’attaquer en surnombre, et de défendre aussi en surnombre.
Il faut revisionner les courses défensives d’un Diaz, la suractivité d’un El Khannouss, l’effervescence d’un El Aynaoui, véritable réacteur et poumon de cette équipe à laquelle l’absence d’Ounahi (blessure) et d’Amrabat (méforme) a finalement fait plus de bien que de mal. L’extrême mobilité des Marocains a non seulement étouffé leurs adversaires, mais elle a même fait oublier qu’un Hakimi est loin encore de sa forme optimale. C’est dire.
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Face au Nigeria, il faudra reconduire les mêmes ingrédients, les mêmes principes. Regragui pourrait être tenté d’installer une défense à trois, avec Mazraoui (qui fait une CAN énorme, soit dit en passant) en renfort axial. C’est une piste. Mais il ne s’agit pas seulement de contrer les flèches nigérianes (les Osimhen, Lookman, Adams), il faudra couper leurs sources d’alimentation, c’est-à-dire un milieu de terrain très actif avec Iwobi comme courroie de transmission.
Et il faudra venir bousculer l’arrière-garde nigériane, pour faire douter cette redoutable machine de guerre. Faisons donc confiance à Regragui et à ses hommes. Mercredi, c’est bien le Nigéria qui aura peur, d’autant que les Marocains ont eu 24 heures de récupération supplémentaires. Allez les Lions!


















