Avec ses enceintes ultra-modernes et ses ambiances conviviales, la Bundesliga est le championnat qui attire le plus de spectateurs par match. Car si la Premier League a accueilli 13,7 millions de spectateurs sur la saison 2014-2015, la dernière documentée, contre 13 millions chez son homologue allemande, elle le doit d'abord à son format. Avec 20 clubs, le championnat anglais dispute 380 matches par saison contre 306 pour le championnat allemand qui compte 18 clubs.
L'indicateur le plus pertinent pour mieux comparer les deux ligues reste par conséquent la moyenne de spectateurs par match. Et c'est l'Allemagne qui affole les compteurs avec une moyenne de 42.685, le deuxième meilleur résultat de toute son histoire, contre 36.163 pour la Premier League, pourtant désigné comme le championnat le plus captivant avec, sur ses pelouses, le joueur le plus cher du monde, Paul Pogba (105 M EUR).
En Liga -- qui profite des deux stars qui se partagent les Ballons d'Or depuis 2010 Cristiano Ronaldo au Real Madrid et Lionel Messi au Barça -- la fréquentation annuelle sur la même période a atteint près de 9,8 millions de spectateurs, soit une moyenne de 25.734 par match. Pour la première fois elle a même dépassé lors de la saison 2015-2016 la barre des dix millions de spectateurs (10.497.867) après 38 journées.
Les mauvais élèves sont la France et l'Italie. La Ligue 1 se classe en 4e position avec un peu moins de 8,5 millions de spectateurs, soit une moyenne de 22.362 par match.
Plusieurs facteurs conjoncturels -- l'état d'urgence après les attentats de 2015 et 2016, la situation sportive de Marseille, ex-locomotive du foot français en crise sportive et en phase de vente -- sont invoqués pour expliquer cette situation.
Le nouveau Vélodrome, stade de l'Olympique de Marseille, est devenu le symbole de la désaffection des supporters en France. Cette saison, sa fréquentation moyenne après huit journées plafonne à 30.290 spectateurs, contre 42.015 sur l'ensemble de la saison précédente, déjà très décevante sportivement, et 53.130 en 2014-15. Le club ne s'est jamais remis des départs de ses dernières stars, ni de celui de l'ex-coach iconique Marcelo Bielsa. Les fans marseillais espèrent que le futur propriétaire, le milliardaire américain Frank McCourt, redonnera son lustre au club.
Mais d'autres causes, comme l'absence de "culture supporter" en France, sont structurelles.
La France devance toutefois la Serie A italienne, dont l'affluence annuelle dépasse à peine les 8,2 millions pour une moyenne de 21.586 spectateurs par match.
Même si les prix des billets et l'offre télévisuelle très complète sont des éléments d'explication, l'argument le plus régulièrement avancé face à cette désaffection est celui de la qualité des stades italiens, souvent très anciens (44% inaugurés avant 1949) et dont plusieurs sont des héritages désormais obsolètes du Mondial-1990.
En Angleterre, c'est l'inverse: Arsenal, Bournemouth, Leicester, Hull, Manchester City, Southampton, Swansea, et West Ham évoluent dans des stades ayant moins de quinze ans.
Burnley, Crystal Palace, Stoke, Sunderland, Watford réfléchissent plus ou moins activement à des travaux de rénovation. Liverpool et West Brom' ont eux rénové leur stade récemment (2016 et 2008).
Enfin, à Londres, Tottenham construit actuellement son nouveau "Home sweet home" tandis que Chelsea n'attend plus que l'autorisation de la ville pour en faire de même.
En Italie, la situation est sinistrée. Le Stade Olympique de Rome et encore plus le San Paolo de Naples apparaissent ainsi comme des archétypes dépassés du stade à l'italienne: démesurés (plus de 70.000 places à Rome, plus de 60.000 à Naples), inconfortables et polyvalent.
Comme la Juventus, l'AC Milan aurait aimé avoir un stade en propriété. Le projet ne s'est pas fait et il n'est plus à l'ordre du jour après le rachat du club par des investisseurs chinois. AC Milan et Inter se partagent donc toujours San Siro, qui a bizarrement mieux vieilli que beaucoup d'autres et n'est pas défiguré par une piste d'athlétisme.
