Marathon de Rabat: oranges pourries, chaos et amateurisme… la FRMA et Ahizoune sous le feu des critiques

Marathon international de Rabat: des participants dénoncent de graves dysfonctionnements organisationnels et la distribution d’oranges avariées après la course.

Le Marathon international de Rabat, organisé par la fédération d’Abdeslam Ahizoune, se retrouve au cœur d’une vive polémique après plusieurs dysfonctionnements ayant marqué cette édition. Entre chaos organisationnel, départ confus et distribution d’oranges pourries aux coureurs, la colère des participants ne cesse de grandir et relance les critiques autour de la gestion de l’athlétisme marocain.

Le 11/05/2026 à 07h01

Ce qui devait être une vitrine du Maroc sportif s’est transformé en véritable fiasco organisationnel. La dernière édition du Marathon international de Rabat, organisée dimanche 10 mai sous l’égide de la Fédération royale marocaine d’athlétisme (FRMA), présidée par Abdeslam Ahizoune, laisse derrière elle un profond malaise et une avalanche de critiques de la part des participants, des observateurs et même de simples citoyens choqués par les images ayant circulé sur les réseaux sociaux.

Au centre de la polémique: des oranges pourries distribuées aux coureurs. Une scène surréaliste pour une compétition censée porter le label «international» et représenter le savoir-faire marocain en matière d’organisation d’événements sportifs. Dans une vidéo devenue virale, un participant montre des fruits avariés remis aux athlètes dans le cadre du ravitaillement d’après-course. Une séquence humiliante qui a rapidement provoqué indignation et colère.

Car au-delà de l’image choquante, c’est la santé même des coureurs qui est en jeu. Comment peut-on accepter qu’après 10, 21 ou 42 kilomètres d’effort intense, des sportifs reçoivent des produits impropres à la consommation? Comment un comité d’organisation peut-il laisser passer une telle négligence dans un événement bénéficiant de moyens importants et d’une large couverture médiatique?

Mais cette affaire des oranges avariées n’est finalement que la partie visible d’un problème plus profond. De nombreux participants dénoncent également une organisation approximative, un départ confus, des consignes floues et une gestion logistique jugée indigne d’un marathon international. Certains coureurs parlent d’un véritable désordre ayant perturbé leur concentration et impacté leurs performances chronométriques.

Pour beaucoup, cette édition du Marathon de Rabat symbolise surtout le décalage grandissant entre les discours officiels et la réalité du terrain. Depuis plusieurs années, la FRMA communique abondamment sur le rayonnement de l’athlétisme marocain et sur l’ambition du Royaume d’accueillir les plus grands événements sportifs. Pourtant, sur le terrain, les dysfonctionnements continuent de s’accumuler sans qu’aucune remise en question sérieuse ne semble engagée.

La responsabilité de la Fédération et de son président Abdeslam Ahizoune est aujourd’hui clairement pointée du doigt. Dans n’importe quel grand rendez-vous sportif international, un tel scandale aurait immédiatement entraîné des explications publiques, voire des sanctions. Or, jusqu’ici, le silence et l’absence de communication forte ne font qu’alimenter davantage la colère des participants.

Ce qui choque également, c’est l’atteinte portée à l’image du Maroc. À l’heure où le pays multiplie les candidatures et les ambitions sportives continentales et mondiales, voir des images d’aliments pourris distribués à des athlètes faire le tour des réseaux sociaux constitue une publicité désastreuse. Le Marathon de Rabat devait être une fête populaire et sportive. Il est devenu le symbole d’un amateurisme difficilement compréhensible.

Au fond, la question dépasse largement un simple problème d’oranges avariées. Elle pose celle du respect accordé aux sportifs, aux citoyens et à l’image du pays. Organiser un marathon international ne se résume pas à fermer quelques routes et distribuer des dossards. Cela exige de la rigueur, du professionnalisme et surtout du respect pour les participants. À Rabat, cette année, beaucoup ont eu le sentiment inverse.

Par Adil Azeroual
Le 11/05/2026 à 07h01